Sociologie, politique – Bourdieu, Sur l’Etat, Cours au Collège de France

CorteX_Pierre_BourdieuHormis le directeur adjoint du Figaro qui, le 7 janvier 2012, s’est fendu d’un article initulé « Au secours, Bourdieu revient ! », (1) la planète de la sociologie critique revibre en ce début d’année avec la publication, dix ans après sa mort, des cours au Collège de France du sociologue Pierre Bourdieu. Ce recueil des années 1989-1992 s’intitule Sur l’Etat, et a été publié aux éditions Raisons d’Agir, Seuil, sous les soins vigoureux entre autres de Franck Poupeau et de Patrick Champagne. 

 


 

 

Je n’ai lu que le premier cours (je viens à peine de sous-tirer son exemplaire à Julien Lévy).

CorteX_Bourdieu_Etat

J’ai par contre eu l’occasion d’écouter descriptions et recensions sur la radio. En voici deux.

La première est issue de l’émission La suite dans les idées, sur France Culture. Le linguiste Pierre Encrevé y commente élégamment l’ouvrage (2).

Écouter ici.

La seconde, tirée de la Fabrique de l’Histoire sur France Culture du 25 janvier 2012, donne entrevues, extraits de film et commentaires de P. Champagne et F. Poupeau.

Écouter ici.

J’indique par ailleurs que sur le site pierrebourdieuunhommage.blogspot.com se trouvent un grand nombre d’autres émissions permettant de s’initier aux concepts de champ ou d’habitus.

En attendant une analyse du CorteX, voici ci-dessous la description de l’éditeur :

Transversale à l’œuvre de Pierre Bourdieu, la question de l’État n’a pu faire l’objet du livre qui devait en unifier la théorie. Or celle-ci, à laquelle il consacra trois années de son enseignement au Collège de France, fournit à bien des égards la clé d’intégration de l’ensemble de ses recherches : cette « fiction collective » aux effets bien réels est à la fois le produit, l’enjeu et le fondement de toutes les luttes d’intérêts.

Ce texte, qui inaugure la publication des cours et séminaires du sociologue, donne aussi à lire un « autre Bourdieu », d’autant plus concret et pédagogue qu’il livre sa pensée en cours d’élaboration. Dévoilant les illusions de la « pensée d’État », vouée à entretenir la croyance en un principe de gouvernement orienté vers le bien commun, il se montre tout autant critique à l’égard de l’« humeur anti-institutionnelle », prompte à résumer la construction d’un appareil bureaucratique à une fonction de maintien de l’ordre social.

À l’heure où la crise financière permet de précipiter, au mépris de toute souveraineté populaire, le démantèlement des services publics, cet ouvrage apporte les instruments critiques nécessaires à une compréhension plus lucide des ressorts de la domination.

 

Bonne lecture, en ce 2012 à l’agenda étatique chargé.

Richard Monvoisin

 

(1) La plume de Henri Maler pique à ce propos dans Au palmarès des détestations du Figaro : Pierre Bourdieu, ACRIMED, 23 janvier 2012.

(2) On pardonnera probablement à P. Encrevé de mettre Michel Foucault sur le même plan que Bourdieu (ce dont personnellement je doute, voir par exemple le livre Longévité d’une imposture : Michel Foucault, suivi de Foucaultphiles et foucaulâtres, de Jean-Marc Mandosio), mais ça nous sera plus difficile avec Jacques Lacan.