Pour approfondir

Vous avez lu les ouvrages de la page « Pour démarrer » ; ou bien vous êtes déjà un-e habitué-e de la lecture critique. Voici une liste évolutive des ouvrages que le CorteX conseille pour approfondir certains thèmes. Les ouvrages transdisciplinaires ne seront pas notés deux fois, aussi nous vous enjoignons à flâner sur tous les sujets.

Thèmes :


Philosophie, épistémologie

  • Histoire des philosophies matérialistes, Pascal Charbonnat

CorteX_Charbonnat_materialistesRéédition ajoutée de cette somme magistrale, parue en 2007 chez Syllepse (avec une préface de G. Lecointre) et agrémentée chez Kimé en 2013, c’est une coupe sagittale de l’une des pensées les plus craintes par les pouvoirs de toute nature. Travail unique et salutaire.
Présentation des éditions Kimé :
Le matérialisme est sans doute le courant philosophique qui a suscité le plus de controverses, ce qui lui a valu d’être malmené et caricaturé à de nombreuses reprises. Cet ouvrage se propose de montrer le contenu réel de ses concepts, d’en fournir une définition nouvelle et de le relier à ses racines historiques et sociales. Dans chaque période, il est au cœur d’enjeux idéologiques de premier plan parce qu’il est à l’intersection des progrès de la connaissance et des préoccupations métaphysiques. Jusqu’à présent, il n’existait pas d’histoire complète et synthétique de ce courant de pensée, alors qu’il a joué un rôle fondamental dans la vie scientifique et culturelle du monde occidental. La seule entreprise de ce genre fut l’ouvrage de F.-A. Lange (1866), devenu largement incomplet. Le livre de Pascal Charbonnat se veut le panorama d’un champ conceptuel en constante agitation, uni par l’idée que les mythes et le sacré ne sont pas les seuls horizons pour penser la place de l’homme dans l’Univers.
D’Épicure aux matérialistes contemporains anticréationnistes en passant par Marx, une même exigence émancipatrice traverse l’œuvre de ces penseurs. Il s’agit d’en rendre compte tout en indiquant où passent les lignes de fracture. L’enseignement de l’histoire des idées en France néglige cet héritage intellectuel, en le confinant à un cercle restreint de spécialistes. Cet ouvrage voudrait indiquer que les interrogations soulevées par le matérialisme s’adressent à tous. Il est en effet indispensable que cette philosophie soit mieux représentée dans les programmes et les manuels, qui semblent oublier qu’une part importante de la population ne se réfère pas à la transcendance pour donner un sens au monde. L’histoire du matérialisme est également incontournable pour saisir les enjeux du travail des sciences de notre temps. En dévoilant comment les savoirs d’aujourd’hui sont les fruits de luttes contre des traditions conservatrices, elle invite à ne verser ni dans un positivisme naïf, ni dans une défiance figée à l’égard des résultats scientifiques. Être matérialiste consiste moins à désenchanter le monde qu’à en restituer le libre cours.
Pascal Charbonnat est enseignant et docteur en épistémologie et histoire des sciences. Il est l’auteur de Quand les sciences dialoguent avec la métaphysique (Vuibert, 2011). Il a participé à l’ouvrage Les mondes darwiniens (Matériologiques, 2011) et a édité avec François Pépin Le déterminisme entre sciences et philosophie (Matériologiques, 2012). Il est membre du comité de rédaction de la revue d’épistémologie Matière première. Ses travaux développent une approche phylogénique des concepts scientifiques et philosophiques, cherchant à articuler leur analyse logique et leur environnement social et politique.

  • Impostures intellectuelles, Alan Sokal et Jean Bricmont

Impostures_intellectuellesDans ce livre, les auteurs se livrent à une présentation et un décorticage des abus de certains intellectuels et philosophes usant et mésusant de termes précis et propres à un contexte scientifique très pointu, pour les travestir en métaphores soi-disant éclairantes pour le lecteur.
Avec cet ouvrage, Sokal et Bricmont ont ainsi un jeté un pavé dans la marre du relativisme cognitif et autre postmodernisme. À lire sans modération…

Et aussi

  • Les matérialismes (et leurs détracteurs), sous la direction de Jean materialismes_et_detracteursDUBESSY, Guillaume LECOINTRE et Marc SILBERSTEIN

Un ouvrage de référence pour disposer d’outils philosophiques et épistémologiques indispensables dans les questionnements liés à la défense de la démarche scientifique.

  • Pseudosciences et postmodernisme, Alan Sokal

pseudosciences_et_postmodernismeLa pensée postmoderne (alias le courant intellectuel caractérisé par un relativisme cognitif et culturel qui traite les sciences comme des « narrations » ou des constructions sociales parmi d’autres) est présentée puis analysée de façon critique par Alan Sokal qui, après sa participation à l’écriture de Impostures intellectuelles, centre son propos sur les dérives de ce courant intellectuel qui sévit de façon insidieuse dans la construction de nos connaissances.

Et aussi

  • Prodiges et vertiges de l’analogie, Jacques Bouveresse

prodiges_vertiges_analogiePour continuer sur la critique du relativisme cognitif, cet essai nous entraîne dans la découverte d’une forme de « littérarisme » qui consiste à croire que ce que dit la science ne devient intéressant et profond qu’une fois retranscrit dans un langage littéraire et utilisé de façon « métaphorique ». L’exemple des détournements du fameux théorème de Gödel est bien entendu traité dans cet ouvrage.

et aussi

  • Une imposture française, Nicolas Beau et Olivier Toscer

CorteX_Imposture_francaiseDans une période où les imposteurs scientifiques commencent à être dénoncés, tout comme les économistes et les historiens de « garde », rares sont les ouvrages qui dégonflent des baudruches philosophiques. Ce livre survole tous les aspects de carton-pâte de ce philosophe public qui n’est enseigné nulle part mais dont le réseau médiatique est tellement ramifié qu’il lui permet de venir incarner sur les plateaux le penseur, le diplomate, l’exégète, l’enquêteur qu’il n’est pas. Bien sûr, les auteurs ne sont pas les premiers à avoir fait ces critiques : de Vidal-Naquet à Desproges, de Noël Godin l’entarteur au Monde Diplomatique, de Castoriadis à Bourdieu, ils sont nombreux à avoir dénoncé la cuistrerie du personnage, par divers moyens, même de tartes à la crème (sept au compteur). Sans résultat. Le plus extraordinaire chez Bernard-Henri Lévy est qu’on continue encore à l’encenser, le lire dans le Point, le regarder chez Ardisson. Rappelons-nous qu’une imposture se fait à deux : celui qui pérore, et celui qui écoute sans broncher.
On pourra écouter les auteurs dans l’émission de France Inter Là-bas si j’y suis du 31 mars 2006 (télécharger ici)


Sociologie, ethnologie, anthropologie

  • Propos sur les sciences, Yves Gingras

propos_sur_les_sciencesQuelques notions d’épistémologie à travers cet ouvrage présenté sous forme d’entretiens. La préface résume parfaitement son contenu : [...] Au-delà des clichés sur le génie et l’excentricité des scientifiques, que sait-on vraiment de la science ? Ou plutôt des sciences ? De la méthode scientifique et de ses transformations ? Du rôle des instruments en sciences ? Des nombreuses controverses qui ont marqué son histoire du XVIIe siècle à nos jours ? La science fait-elle partie de la culture ? Les scientifiques peuvent-ils croire en Dieu ? Que penser des mouvements créationnistes ? Quels sont les liens entre la science et l’économie ? Comment fonctionnent les communautés scientifiques ?

  • Et l’homme créa les dieux, Pascal Boyer

et_l_homme_crea_les_dieuxPourquoi les dieux, les sorciers, les démons, les esprits, etc. sont-ils présents partout où l’Homme se trouve ? En d’autres termes : pourquoi les religions existent-elles ? Est-ce la peur de la mort ? Le besoin de croire ? À travers une triple approche (ethnographie, sciences du cerveau, évolution), l’auteur bat en brèche certaines de nos idées reçues et apporte une réflexion neuve et passionnante sur ces questions.

Et aussi

  • L’empire des croyances, Gérald Bronner

empire_des_croyancesLes connaissances sur le monde ne cessent d’augmenter et pourtant, il ne semble pas que « l’empire des croyances » soit en train de disparaître. Comment expliquer que certaines allégations se diffusent plus rapidement que d’autres ? Quels sont les contextes qui favorisent leur émergence ? L’auteur propose plusieurs réponses  en s’appuyant sur de nombreux exemples avec pour objectif de décrire les logiques qui sous-tendent nos adhésions.

Et aussi

  • Vie et mort des croyances collectives, Gérald Bronner

CorteX_Bronner_vie_et_mort_des_croyances_collectivesMalgré de constants progrès techniques et scientifiques, nos sociétés restent des sociétés de croyances. Les rumeurs, les idéologies, les superstitions restent intimement ancrées dans notre vie quotidienne, alors même que la diffusion des connaissances scientifiques gagne chaque jour en importance. Comment résoudre ce paradoxe : nous accordons de plus en plus notre confiance à la science, tout en laissant aisément se développer des croyances parfois irrationnelles ?
Cet essai se propose d’examiner ce paradoxe, propre à nos sociétés modernes, en mobilisant des exemples aussi divers que le mythe du Père Noël, les légendes du 11 Septembre 2001, une psychose collective qui gagna la ville de Seattle dans les années 50, le processus d’adhésion à une secte… Quoique sensiblement hétéroclites, toutes ces illustrations peuvent être ramenées à la question de l’émergence et de la disparition des croyances collectives. Quels processus mènent à leur avènement ou à leur abandon ? Gérald Bronner nous fournit une première approche de ces questions épineuses sur la base d’expérimentations inédites en sciences sociales.

On trouvera une critique d’Agnès Lenoire publiée dans Sciences & Pseudosciences N°273, juillet/août 2006.

On retrouvera quelques ressources audio ici : Matériel audiophonique de Gérald Bronner et là : Conférence Principe de précaution ou décisions raisonnées ?

  • Sur l’état. Cours au Collège de France, Pierre Bourdieu

CorteX_Sur_l_etatHormis le directeur adjoint du Figaro qui, le 7 janvier 2012, s’est fendu d’un article initulé « Au secours, Bourdieu revient ! »,(1) la planète de la sociologie critique revibre en ce début d’année avec la publication, dix ans après sa mort, des cours au Collège de France du sociologue Pierre Bourdieu. Ce recueil des années 1989-1992 s’intitule Sur l’Etat, et a été publié aux éditions Raisons d’Agir, Seuil, sous les soins vigoureux entre autres de Franck Poupeau et de Patrick Champagne. Je (RM) n’ai lu que le premier cours (j’avais sous-tiré son exemplaire à Julien Lévy). J’ai par contre eu l’occasion d’écouter descriptions et recensions sur la radio. En voici deux.La première est issue de l’émission La suite dans les idées, sur France Culture. Le linguiste Pierre Encrevé y commente élégamment l’ouvrage.(2)

Ecouter :

La seconde, tirée de la Fabrique de l’Histoire sur France Culture du 25 janvier 2012, donne entrevues, extraits de film et commentaires de P. Champagne et F. Poupeau. Ecouter :

J’indique par ailleurs que sur le site pierrebourdieuunhommage.blogspot.com se trouvent un grand nombre d’autres émissions permettant de s’initier aux concepts de champ ou d’habitus. En attendant une analyse du CorteX, voici ci-dessous la description de l’éditeur :
Transversale à l’œuvre de Pierre Bourdieu, la question de l’État n’a pu faire l’objet du livre qui devait en unifier la théorie. Or celle-ci, à laquelle il consacra trois années de son enseignement au Collège de France, fournit à bien des égards la clé d’intégration de l’ensemble de ses recherches : cette « fiction collective » aux effets bien réels est à la fois le produit, l’enjeu et le fondement de toutes les luttes d’intérêts.
Ce texte, qui inaugure la publication des cours et séminaires du sociologue, donne aussi à lire un « autre Bourdieu », d’autant plus concret et pédagogue qu’il livre sa pensée en cours d’élaboration. Dévoilant les illusions de la « pensée d’État », vouée à entretenir la croyance en un principe de gouvernement orienté vers le bien commun, il se montre tout autant critique à l’égard de l’« humeur anti-institutionnelle », prompte à résumer la construction d’un appareil bureaucratique à une fonction de maintien de l’ordre social.
À l’heure où la crise financière permet de précipiter, au mépris de toute souveraineté populaire, le démantèlement des services publics, cet ouvrage apporte les instruments critiques nécessaires à une compréhension plus lucide des ressorts de la domination.
(1) La plume de Henri Maler pique à ce propos dans Au palmarès des détestations du Figaro : Pierre Bourdieu, ACRIMED, 23 janvier 2012.

(2) On pardonnera probablement à P. Encrevé de mettre Michel Foucault sur le même plan que Bourdieu (ce dont personnellement je doute, voir par exemple le livre Longévité d’une imposture : Michel Foucault, suivi de Foucaultphiles et foucaulâtres, de Jean-Marc Mandosio), mais ça nous sera plus difficile avec Jacques Lacan.


 

Biologie, Sciences de la Vie et de la Terre

  •  Guide critique de l’évolution, sous la direction de Guillaume Lecointre

altUn manuel à destination de tout enseignant ou formateur désirant mieux comprendre la théorie de l’évolution. Il expose très concrètement les bases philosophiques et épistémologiques permettant de répondre aux dérives créationnistes et autres scénarios du dessin intelligent. Une véritable base de données complète sur ce thème.

Voir également le commentaire de Cyrille Barrette :

  • L’effet Darwin. Sélection naturelle et naissance de la civilisation, Patrick Tort

effet_darwinL’évolution par la sélection naturelle. On associe souvent sélection naturelle avec « loi du plus fort qui sévit dans la « Nature » ? On extrapole parfois en pensant que le futur appartient aux espèces qui laissent derrière elles les plus faibles de leurs congénères voire que ceux qui s’adaptent le moins ne survivent pas… Et d’en déduire logiquement que l’être humain, en aidant les plus en difficulté, agit « contre nature ».
Ce livre est indispensable pour battre en brèche ces idées erronées sur la réalité de la sélection naturelle et éclairer une théorie scientifique souvent mal comprise, parfois volontairement mal interprétée dans le seul but de soutenir de graves dérives racistes et discriminantes.

  • Enquête sur les créationnismes, Réseaux, stratégies et objectifs politiques, Cyrille BAUDOUIN & Olivier BROSSEAU, 2013

5795_couv_crea.inddNouveau livre, sur le même sujet que le magnifique opuscule « Les créationnismes » publié en 2008 que nous proposent Cyrille Baudouin et Olivier Brosseau. Trois ans de travail pour cette enquête fouillée, minutieuse, méthodique sur les ressorts épistémologiques et politiques des courants créationnistes, effectuée par deux opiniâtres chercheurs que nous avons le plaisir de connaître personnellement. Cliquez sur les liens suivants pour télécharger : la table des matières / l’introduction. Et pour suivre leur actualité, consultez le site www.tazius.fr/les-creationnismes/
Commentaire de Belin :
Au-delà de leur diversité, tous les créationnismes se caractérisent par leur volonté d’instrumentaliser la science pour justifier une vision du monde conforme à certains dogmes religieux. Leur démarche est donc politique. Fruit d’une enquête minutieuse et riche d’interviews de spécialistes reconnus (biologistes, cosmologistes, sociologues, philosophes, etc.), cet ouvrage est à la fois un recueil d’informations sur les créationnismes et un outil indispensable pour exercer son esprit critique dès lors que la science est convoquée pour justifier des positions politiques.
Après avoir rappelé les spécificités de la démarche scientifique, Cyrille Baudouin et Olivier Brosseau explorent la diversité des mouvements créationnistes et les ressorts de leur mondialisation, en livrant une analyse inédite de leurs réseaux, de leurs stratégies et des contextes politiques dans lesquels ils émergent, y compris en France. Ils montrent ainsi combien le créationnisme est à la croisée de questions sociétales majeures, comme le rôle politique des religions, la privatisation de l’enseignement et la place de la science dans une démocratie.
Olivier Brosseau et Cyrille Baudouin, respectivement docteur en biologie et ingénieur en physique, se sont spécialisés dans la diffusion de la culture scientifique. Ils enquêtent sur les créationnismes depuis plusieurs années et sont les auteurs de divers travaux sur le sujet.
Guillaume Lecointre (préfacier) est systématicien, professeur au Muséum national d’histoire naturelle, directeur du département Systématique et évolution.

  • Le gène égoïste, Richard Dawkins

Commentaire :

  • La malmesure de l’Homme, Stephen Jay Gould

Commentaire :
Livre édifiant par la documentation qu’il fournit, et le travail développé par Gould pour montrer comment les influences idéologiques de la fin du XIXe et du XXe en terme de racisme et d’ordre naturel ont amené d’éminents scientifiques à trier les données, à frauder, ou à lisser les résultats dans le sens de l’hypothèse de départ. On comprend les mécanismes plus ou moins conscients qui peuvent mouvoir un savant lorsqu’il nourrit une hypothèse a priori irréfutable en soi. Gould s’est astreint à vérifier un grand nombre des expériences des plus importants théoriciens du racialisme. C’est un ouvrage majeur, à ce bémol près : on nous indique que Gould lui-même aurait peut être légèrement infléchi son jugement dans ce livre.
Nous vous encourageons à vous faire une idée par vous-même en lisant Vices et vertus de S. J. Gould, de Serge Larivée, de l’université de Montréal, Revue québécoise de psychologie, vol. 23, n°3, 2002, pp 7 – 23).

  • Les harmonies de la nautre à l’épreuve de la biologie, Pierre-Henri Gouyon

CorteX_Gouyon_HarmonieLa croyance dans une Nature harmonieuse qui prédominait au XVIIIe siècle a progressivement été mise à mal par les avancées de la biologie. Au travers de plusieurs exemples, l’auteur bat en brèche avec concision la notion d’harmonie, en utilisant les acquis du programme néo-darwinien. Un livre court, dense, qui amènera un non-spécialiste à rester en suspend de longues minutes sur la même page tant certaines idées sont puissantes, mais qui réserve de belles surprises et de grandes stimulations intellectuelles sur des sujets à cheval entre science et idéologies.
INRA-Quae 2002. Commander ici

  • Le Fabrique de l’homme. Pourquoi le clonage humain est irréversible…, Laurent Ségalat

CorteX_la-fabrique-de-l-homme-laurent-segalatPlus de dix ans après la naissance de la brebis Dolly, le clonage reproductif reste un foyer sans fond de débats éruptifs, aussi bien pour des raisons cohérentes qu’à causes de scénarios fantasmagoriques. L. Ségalat reprend ici l’analyse de ce que d’aucuns perçoivent comme un « mal absolu ». La recherche sur le clonage, que le législateur conditionne à une peine de prison de trente ans, et sa promotion, elle aussi punie par la loi, mérite pourtant un décorticage approfondi, ne serait-ce que pour anticiper le pire. Ségalat, comme dans son ouvrage précédent  La science à bout de souffle ?, allie plume, clarté et honnêteté intellectuelle. A mettre entre ses oreilles pour faire fumer son cerveau.  Bourin éditeur, 2008.


Histoire

  • Les historiens de garde – De Lorànt Deutsch à Patrick Buisson, la résurgence du roman national, William Blanc, Aurore Chéry, Christophe Naudin, Inculte Essai, 2013.

Psychologie

  • Le génie de l’intuition, Gerd Gigerenzer

CorteX_Gigerenzer_intuitionAu CorteX, grâce à Denis Caroti, nous connaissions Penser le risque de Gerd Gigerenzer, excellent livre approchant la question des appréciations des risques et du mésusage des statistiques. Quand nous sommes tombés sur le titre de ce livre du même auteur, nous avons pris peur : Le génie de l’intuition : Intelligence et pouvoirs de l’inconscient. L’inconscient ? Ouyouyouïlle… serait-ce une éternelle resucée de l’inconscient freudien ? Nous avons tout de même osé l’acheter et c’est une très bonne surprise.
Il s’agit moins de flatter l’intuition, que de montrer comment il arrive que celles et ceux qui connaissent moins un sujet utilisent le « pif », l’intuition avec un succès supérieur aux plus fins connaisseurs. Quelques expériences sont montrées qui sont tout à fait stimulantes. J’y ai (RM) senti parfois une sorte d’éloge de l’ignorance et un encouragement récurrent à l’intuition qui gênera probablement ceux qui comme moi sont témoins des Charbyde et des Scylla vers lesquels l’intuition pousse parfois. Au vu du contenu pertinent, j’ai l’impression que le titre est plus volontiers un coup marketing.


Pédagogie

  • Francisco Ferrer, une éducation libertaire en héritage, de Sylvain Wagnon

CorteX_Wagnon-Francisco-Ferrer-une-education-libertaire-en-heritagePour des rationalistes pédagogues comme nous, quelle gifle que de redécouvrir l’histoire et les combats de Francisco Ferrer (1859-1909), l’anarchiste, le pédagogue, le franc-maçon et le rationaliste, qui lutta pour l’ouverture d’une école libre penseuse et rationaliste, et laissa la vie dans ce combat. Sylvain Wagnon, enseignant-chercheur à l’Université de Montpellier 2, nous emmène dans son livre au croisement de plusieurs histoires : celle de l’anarchisme, de l’éducation libertaire mais aussi de l’éducation nouvelle. En effet, cet anarchiste « éducationniste » s’engage dans l’élaboration d’un projet éducatif global, dans la lignée de celui de Paul Robin, mais avec ses propres convictions et sans limiter son action à la création d’une école rationaliste. On y trouve la traduction française en intégral de son ouvrage l’École moderne. En 1909, suite aux événements sociaux de « la semaine tragique » à Barcelone, Ferrer est accusé, notamment par le clergé catholique, d’en être l’un des instigateurs. Un tribunal militaire conduit, à l’issue d’une parodie de procès, à sa condamnation à mort. Il sera fusillé le 13 octobre.
Atelier Création libertaire 30 mars 2013. Commander ici.