Science politique, science historique, liberté d’expression, par Jean Bricmont

CorteX_BricmontInterview de Jean Bricmont du 3 décembre 2010 – Science politique, science historique, liberté d’expression. Pour consulter les autres questions-réponses, voir ici.

  • Quel lien fais-tu entre ton travail scientifique et tes engagements politiques ?

 

  • Quels sont tes partenaires dans cette démarche, outre Chomsky ?

 

  • Science politique, science historique : loi Gayssot et lois mémorielles

Il s’agit de poser ici avec Jean Bricmont le problème scientifique des lois mémorielles, qui limitent le droit à la contestation et à la critique de l’Histoire – comme la loi Taubira (sur la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité, 2001), la loi du 29 janvier 2001 sur la reconnaissance du génocide arménien, sur la loi de 2005 dite « sur le rôle positif de la colonisation » (loi n° 2005-158 du 23 février 2005 portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés) et bien sûr la loi Gayssot, (voir ci-dessous) contre laquelle il s’est largement prononcé, entraînant une avalanche de représailles.

Petit rappel : la loi Gayssot est la désignation courante de la loi française no 90-615 du 13 juillet 1990, « tendant à réprimer tout propos raciste, antisémite ou xénophobe », mais aussi de la partie de cette loi qui introduit un article 24 bis dans la loi sur la liberté de la presse, notamment son article 9 qui qualifie de délit la contestation de l’existence des crimes contre l’Humanité. Cet article 9 introduit en effet dans la loi de 1881 sur la liberté de la presse un article 24 bis, dont le premier alinéa est :

« Seront punis des peines prévues par le sixième alinéa de l’article 24 ceux qui auront contesté, par un des moyens énoncés à l’article 23, l’existence d’un ou plusieurs crimes contre l’humanité tels qu’ils sont définis par l’article 6 du statut du tribunal militaire international annexé à l’accord de Londres du 8 août 1945 et qui ont été commis soit par les membres d’une organisation déclarée criminelle en application de l’article 9 dudit statut, soit par une personne reconnue coupable de tels crimes par une juridiction française ou internationale. »