Répulsif anti-girafe

Cortecs GirafeLe répulsif anti-girafe
« – Que fais-tu avec cet aérosol ?
– Eh ben, c’est un antigirafe.
– Mais il n’y pas de girafe par ici.
– C’est bien la preuve que ça marche ! »

Aussi ridicule soit cet exemple, il n’en reste pas moins très proche de la réalité. Broch cite dans son livre Au coeur de l’extra-ordinaire (2001) une lettre tout à fait illustrative :

« Savez-vous que mon garde-chasse repère avec le pendule la présence de sangliers dans une forêt ? J’ai même découvert un fait nouveau et extrêmement intéressant, c’est que les sangliers sont sensibles au fluide radiesthésique. Et la meilleure preuve c’est que, quand je vais à l’endroit indiqué par le garde-chasse, les sangliers se sont méfiés et sont toujours partis. » (Canac 1956, in Broch, ouv.cité, p. 246)

(Extrait de R. Monvoisin, Pour une didactique de l’esprit critique (2007) p. 93 disponible ici).

Le traitement préventif peut être source d’un raisonnement de ce genre, souvent réductible à la pétition de principe. Les cas concernant l’homéopathie sont pléthore (‘j’ai pris de l’oscillococcinum et je n’ai pas eu la grippe ») ; sur la même veine rhétorique, dans l’analyse critique de la cure Breuss, sensée guérir le cancer par un jeûne drastique à base de jus de légumes (voir La méthode Breuss s’invite aux victoires de la musique, Observatoire zététique, 2007), un courrier m’est parvenu par la suite : « j’ai fait la cure Breuss à titre préventif et me sens tout à fait bien« .