Matériel audio – La science, « religion » du XIXème siècle ?

Guillaume Carnino enseigne l’histoire des sciences et des techniques à l’université de Compiègne. Dans la Fabrique de l’histoire sur France Culture, il a développé l’essence de son ouvrage « L’invention de la science, la nouvelle religion de l’âge industriel ». Petit voyage de Bouvard et Pécuchet jusqu’à des problématiques qui secouent encore aujourd’hui les débats épistémologiques.

CorteX_invention_science_carninoGuillaume Carnino a dirigé plusieurs ouvrages collectifs (La Tyrannie technologique. Critique de la société numérique, 2006 et Les Luddites en France. Résistances à l’industrialisation et à l’informatisation, 2010), parus aux éditions L’échappée. Cette fois, il propose  dans L’invention de la science, la nouvelle religion de l’âge industriel une enquête historique et généalogique permettant de comprendre pourquoi et comment, en France, à l’heure de la IIIe République, cette idée en est venue à être unanimement partagée.

Il dévoile les rouages de la carrière de savants comme Louis Pasteur, mais aussi l’histoire de simples artisans et pêcheurs dont les découvertes furent convoitées par les industriels. Il montre de quelle manière l’image d’un Galilée anticlérical a pu être fabriquée et renouvelle le regard que l’on porte sur la mise en place de l’école gratuite et obligatoire par Jules Ferry. Parallèlement à la décision démocratique, la pratique scientifique devient peu à peu un mode de gouvernement des êtres et des choses, qui marque l’avènement de la civilisation des experts. La science, désormais auréolée d’un prestige quasi religieux et présentée comme pure ? c’est-à-dire indifférente aux intérêts individuels ?, se révèle finalement un moyen d’administrer la société autant que de transformer la nature par l’industrie. (Présentation des éditions du Seuil)

Voici l’extrait de l’émission de la fabrique de l’histoire du 23 avril 2015.

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CorteX_Bouvard_PecuchetPour celles et ceux qui manquent de temps pour lire le livre de Flaubert, je recommande particulièrement l’adaptation de l’oeuvre par Jean-Daniel Verhaege, interprêtée par entre autres Jean-Pierre Marielle et Jean Carmet. L’histoire, tragicomique, est celle de deux esprits médiocres, qui se piquent de sciences sans méthode aucune, aux sciences et échouent dans toutes les tentatives qu’ils entreprennent, pétris d’idées reçues et bouffis de sophismes qu’ils sont.

RM