Ouverture d’un Master 2 Histoire, philosophie, sociologie des sciences

Un master 2 Histoire, philosophie, sociologie des sciences se crée vraisemblablement pour la rentrée 2012-2013 sur le campus grenoblois ! C’est une belle gageure, une vraie nécessité. En toute théorie, ce master sera transdisciplinaire et recouvrira les différentes universités de Grenoble. Il n’est pas impossible qu’à terme on y retrouve quelques morceaux de corteX dedans… En attendant, voici l’affiche et le programme ci-dessous.

altLes U.E. suivantes peuvent être suivies indépendamment les unes des autres dans le cadre des accords entre l’UPMF et l’UJF sur les C.U.

Elles peuvent aussi être suivies toutes ensemble dans le cadre du parcours de master « Histoire, Philosophie, Sociologie des Sciences » du master 2 de philosophie. Pour s’inscrire à ce master, contacter Annick.Pardon@upmf-grenoble.fr et Sophie.Roux@upmf-grenoble.fr

 

PREMIER SEMESTRE

UE 13 SOCIOLOGIE DES SCIENCES – DÉBATS ET CONTROVERSES SCIENTIFIQUES

Dominique Raynaud

Jeudi, de 17.00 à 20.00, du 06 octobre au 1er décembre. En cas d’absence de l’enseignant, des séances supplémentaires pourront avoir lieu en décembre. En tout 24 heures.

Programme

Les controverses scientifiques sont un sujet privilégié de la nouvelle sociologie des sciences. Elles attestent d’une dimension conflictuelle de l’activité scientifique souvent méconnue, sinon délibérément occultée. Doit-on, sur cette base, souscrire à l’idée que la science est avant tout mue par des intérêts et que les théories considérées comme valides ne le sont que parce qu’elles bénéficient d’un consensus ? Le cours examinera cette question à partir d’études de cas, comme la controverse entre Pasteur et Pouchet sur les générations spontanées. On se propose d’interroger la part qui revient à la rationalité, aux conventions et aux croyances collectives dans la construction des connaissances scientifiques.

Connaissances acquises : Connaître la littérature de base et les principales approches des controverses scientifiques.

Compétences acquises : Savoir distinguer des faits apparentés (désaccords, controverses, polémiques, querelles de priorité ; controverses scientifiques ou controverses dans l’opinion publique à propos des sciences, etc.)

 

Bibliographie

Berthelot, J.-M. (2008). L’Emprise du vrai. Connaissance scientifique et modernité. Paris, PUF.

Bloor, D. (1983). Sociologie de la logique ou les limites de l’épistémologie. Paris: Pandore [1976]Bloor, D. (1983). Sociologie de la logique ou les limites de l’épistémologie. Paris:

Pandore [1976].

Bloor, D. (1983). Sociologie de la logique ou les limites de l’épistémologie. Paris, Pandore.

Boudon, R. et Clavelin, M. éds. (1994). Le relativisme est-il résistible? Paris, PUF.

Bunge, M. (1991-1992). A critical examination of the new sociology of science. Philosophy of the Social Sciences 21, 524-560 & 22, 46-76.

Callon, M. et Latour, B., éds. (1991). La science telle qu’elle se fait. Paris: Éditions La Découverte

Collins, H.M. (1981). Stages in the Empirical Programme of Relativism. Social Studies of Science 11(1), 3-11.

Engelhardt, H.T. et Caplan, A.L. eds. (1987). Scientific controversies. Cambridge, Cambridge University Press.

Latour, B. (1989). « Pasteur et Pouchet », M. Serres, Éléments d’histoire des sciences. Paris, Bordas, 423-445.

Merton, R.K. (1973). The sociology of science. Theoretical and empirical investigations. Edited with an introduction by Norman W. Storer. Chicago / London, The University of Chicago.

Raynaud, D. (2003). Sociologie des controverses scientifiques, Paris, PUF.

Roll-Hansen, N. (1979). Experimental method and spontaneous generation: The controversy between Pasteur and Pouchet. Journal of the History of Medicine and Allied Sciences, 34: 273-292.

Roll-Hansen, N. (1979). Experimental method and spontaneous generation: The controversy between Pasteur and Pouchet. Journal of the History of Medicine and Allied Sciences, 34: 273-292.

Roll-Hansen, N. (1979). Experimental method and spontaneous generation, Journal of the History of Medicine, 34, 273-292.

Schweber, L. (1997). « Controverses et styles de raisonnement », Enquête 5, 83-108.

Schweber, L. (1997). Controverses et styles de raisonnement. Enquête, 5: 83-108.Schweber, L. (1997). Controverses et styles de raisonnement. Enquête, 5: 83-108.

Schweber, L. (1997). Controverses et styles de raisonnement. Enquête, 5: 83-108.

Evaluation : Dossier 50% et oral 50%. Les étudiants remettent en fin de semestre un dossier analysant une controverse scientifique et en font une présentation orale. Les travaux collectifs sont encouragés.

 

UE 14 : LA PHILOSOPHIE ET LES LANGAGES – HISTOIRE ET THÉORIE DE LA RÉVOLUTION SCIENTIFIQUE

Sophie Roux

Mercredi, de 17.00 à 20.00, du 05 octobre au 30 novembre. En cas d’absence de l’enseignant, des séances supplémentaires pourront avoir lieu en décembre. En tout 24 heures.

Programme

Depuis les travaux de Thomas Kuhn sur la Révolution scientifique du XVIIe siècle, les changements scientifiques et techniques sont souvent décrits en termes de « révolutions », de « bouleversements radicaux » ou de « changements de paradigme ». Après avoir présenté quelques-uns des faits historiques et des théories philosophiques qui ont déterminé les travaux de Kuhn, on examinera les caractéristiques de sa théorie du changement scientifique, ce qui permettra pour finir de comprendre les critiques qu’historiens, philosophes et sociologues ont faites à cette théorie. Ce cours permettra donc à la fois d’acquérir quelques connaissances sur la période cruciale de l’histoire des sciences Révolution scientifique du XVIIe siècle, de montrer l’apport de différentes disciplines (histoire, philosophie, sociologie) à une même question et d’acquérir une véritable distance critique par rapport aux discours actuels sur telle ou telle révolution que nous serions en train de vivre.

Connaissances acquises : textes canoniques d’une période cruciale de l’histoire des sciences ; conceptualisation de la nouveauté et de l’innovation dans l’histoire ; débats contemporains sur la nature du changement scientifique.

Compétences acquises : Resituer la question générale de la nouveauté et du progrès dans l’histoire des idées ; Analyser un débat historiographique ; Comprendre les enjeux d’une question épistémologique ; Apprendre à envisager une même question dans la perspective de différentes disciplines (histoire, philosophie, sociologie) ; Être capable d’analyser avec une distance critique les discours actuels sur les « changements de paradigme », les « révolutions scientifiques », « l’incommensurabilité » et les « bouleversements conceptuels ».

Indications bibliographiques

Pour s’initier à la période considérée, on consultera :

Koestler, A., Les somnambules, tr. fr. G. Fradier, Paris, Calmann-Lévy, 1960.

Mazauric, S., Histoire des sciences à l’époque moderne, Paris, Armand Colin, 2009.

Pour comprendre la philosophie des sciences que critique Kuhn, on lira :

Hempel, C., Éléments d’épistémologie (1966), tr. fr. B. de Saint-Sernin, Paris, Armand Colin, 1972.

Nagel, E., The Structure of Science, Hackett Publ. Compagny, Indianapolis, 1979.

Les principaux ouvrages de Kuhn sont traduits en français :

Kuhn, T., La Révolution copernicienne (1957), tr. fr. A. Hayli, Paris, Fayard, 1973, et Le Livre de Poche, 1992.

Kuhn, T., La structure des révolutions scientifiques (1962, 1970), tr. fr. L. Meyer, Paris, Champs Flammarion, 1983.

Kuhn, T., La tension essentielle (1970), tr. fr. M. Biezunki, Paris, Gallimard, 1990.

Enfin, pour des critiques de Kuhn, on partira de :

Shapere, D., « La structure des révolutions scientifiques » (1964), tr. fr. in P. Jacob éd., De Vienne à Cambridge, Paris, Gallimard, 1980, p. 321-335.

Westman, R. S., « Two Cultures or One ? A Second Look at Kuhn’s The Copernican Revolution », Isis, vol. 85, n°1, 1994, p. 79-115.

 

Évaluation : Elle consistera ou bien en l’analyse détaillé d’un article ou d’un chapitre d’ouvrage, éventuellement en anglais, proposé par l’enseignante en accord avec les intérêts de l’étudiant et avec le programme du cours, ou bien en un contrôle oral des connaissances en fin de semestre.

 

UE 15 : PHILOSOPHIE DES SCIENCES -CONCEPTS FONDAMENTAUX DE LA PHILOSOPHIE DES SCIENCES

Michel Dufour

Vendredi, de 14.00 à 17.00, du 07 octobre au 2 décembre. En cas d’absence de l’enseignant, des séances supplémentaires pourront avoir lieu en décembre. En tout 24 heures.

Programme

L’objectif de ce cours est d’aborder un ensemble de concepts qui ne sont manifestement pas tous spécifiques à la philosophie des sciences mais y tiennent un rôle de premier plan. Certains, par exemple le thème causal ou les questions du réalisme, posent des problèmes qui ne sont pas permanents mais reviennent épisodiquement sous des formes diverses dans les disciplines scientifiques spécialisées. Notre point de départ sera la notion même de science et la question de sa définition. C’est à partir d’elle que nous aborderons ensuite celles de cause, justification, loi, réalité, progrès. Notre trajectoire aura un fond historique qui est surtout un prétexte pour (re)faire connaissance avec quelques auteurs classiques et aborder la question de la durée de vie d’un concept. Le style d’ensemble du cours est donc plutôt philosophique et le parcours aboutira aux dernières séances dont les thèmes pourront répondre à une éventuelle demande des participants.

Connaissances acquises : analyses philosophiques contemporaines des notions de cause, de loi, de progrès, de réalité, de justification, d’expérience.

Compétences acquises : pour les étudiants venant des filières scientifiques, faire un retour critique sur les connaissances acquises lors de leur formation ; pour les étudiants venant d’autres filières, apprendre à connaître non seulement des notions philosophiques, mais des résultats scientifiques et les démarches qui ont permis de les atteindre.

Indications bibliographiques

(Les textes ou ouvrages classiques, souvent réédités et/ou retraduits sont indiqués ici sans référence précise à une édition. On peut considérer que n’importe quelle édition fait l’affaire, quitte à les comparer.)

Platon, Théétète

Aristote, Physique

Descartes, Les Principes de la Philosophie. 1644.

Hume, Enquête sur l’entendement humain, 1748.

Peirce Ch, « Les Lois de la Nature » trad. de « Laws of Nature » (1901) que l’on retrouve dans The Essential Peirce (Vol 2), Bloomington and Indianapolis, Indiana University Press, 1998

Popper K, « Trois conceptions de la connaissance », Conjectures et réfutations, Paris, Payot, 1985, trad. de Conjectures and Refutations, Londres, Routledge, 1963

Laudan L, “Progress and Cumulativity”, in Science and Relativism, Chicago, The University of Chicago Press, 1990

Kitcher P, Science Vérité et Démocratie, Paris, P.U.F, 2010, trad. de Science Truth and Democracy, Oxford, Oxford University Press, 2001.

Évaluation : Assiduité et participation (éventuellement à l’occasion d’un exposé oral, typique 30mn) : 40 % ;

Travail écrit sur un thème convenu avec l’enseignant (2800 mots ± 10% si pas d’exposé oral, 4500 mots ± 10% si exposé oral)) : 60%.

UE 16 : HISTOIRE DES SCIENCES -UNE HISTOIRE DES SYSTÈMES DU MONDE

Hugues Chabot

Mardi, de 14.00 à 17.00, du 04 octobre au 29 novembre. En cas d’absence de l’enseignant, des séances supplémentaires pourront avoir lieu en décembre. En tout 24 heures.

Programme

Il s’agira d’analyser des grandes étapes de l’histoire de l’astronomie et de la cosmologie. On examinera comment, avec la mise en mouvement de la Terre, Copernic, Galilée, Descartes, Newton et leurs successeurs ont été conduits à réviser l’ensemble des principes et des méthodes aux fondements des sciences. Les débuts de l’astrophysique et la révolution cosmologique du début du 20e siècle seront aussi abordés.

Connaissances acquises : Fournir aux étudiants une culture commune en histoire et philosophie des sciences. Les sciences ont une histoire, marquée par des changements de théories mais aussi de pratiques. Les sciences telles qu’elles sont enseignées et pratiquées aujourd’hui ne sont jamais qu’un moment de cette histoire. Cet enseignement est destiné aux étudiants qui souhaitent placer dans une perspective historique nos représentations de l’univers. On insistera sur la relation de complémentarité entre l’histoire des sciences et la philosophie des sciences.

Compétences acquises : Donner un recul critique par rapport aux connaissances scientifiques actuelles ; Développer la compréhension de l’argumentation scientifique et de ses conditions d’exercice.

 

Indications bibliographiques

Françoise Balibar, Galilée, Newton lus par Einstein, Paris, PUF, Collection « Philosophie », 1984.

Jacques Gapaillard, Et pourtant elle tourne ! Le mouvement de la Terre, Paris, Seuil, Collection « Science ouverte », 1993.

Alexandre Koyré, Du monde clos à l’univers infini, Paris, Gallimard, Collection « Idées », 1973.

Jacques Merleau-Ponty, Cosmologie du XXème siècle, Étude épistémologique et historique des théories de la cosmologie contemporaine, Paris, nrf Gallimard, Collection « Bibliothèque des idées », 1965.

Marie-Antoinette Tonnelat, Histoire du principe de relativité, Flammarion, 1973.

Jean-Pierre Verdet, Une histoire de l’astronomie, Paris, Seuil, Collection « Points sciences », 1990.

Jean-Pierre Verdet (dir.), Astronomie et astrophysique, Paris, Larousse, Collection « Textes essentiels », 1993.

 

SECOND SEMESTRE

UE 19 : PHILOSOPHIE DE LA TECHNIQUE -LES TECHNIQUES ET LEURS REPRÉSENTATIONS

Jean-Yves Goffi

Mardi, de 17.00 à 20.00, du 31 janvier au 27 mars. En cas d’absence de l’enseignant, des séances supplémentaires pourront avoir lieu en avril. En tout 24 heures.

Programme

On se propose de mettre en évidence les arguments et les thèses de ceux qui développent une critique radicale des technologies de l’hypermodernité, ainsi que de ceux qui, au contraire, se font les apologistes inconditionnels de celles-ci. Pour ce faire on partira d’une interrogation sur les rapports entre le naturel et l’artificiel : identité, prolongement ou rupture ? Cette question classique en philosophie a été reformulée, au XIXe et au XXe siècle, par l’adjonction d’autres d’éléments et a pris la forme suivante : le développement de la technique se comprend-il comme un progrès dont la marche peut être infléchie ? Ou bien prend-il la forme d’une évolution sur laquelle les êtres humains n’ont, au total, que peu de prise ? Dans ces conditions, les néo-luddistes qui critiquent les technologies le font, le plus souvent, au nom d’une contestation radicale de l’irrationalité des société industrielles et de l’illusion de maîtrise qu’elles entretiennent. Leurs adversaires transhumanistes, qui pensent qu’il est possible d’accéder à une condition dans laquelle l’humanité ira au-delà de ses limitations biologiques actuelles, par une prise en main volontariste de l’évolution sont les héritiers d’une conception du progrès dont les présupposés méritent, pour le moins, d’être examinés.

Connaissances acquises : systèmes des pensées classiques de la technique (Aristote, Bacon, Descartes, Bergson) — Connaissance des arguments et des thèses des apologistes et des contestataires contemporains des techniques.

Compétences acquises : Développement de l’esprit critique à l’endroit des idéologies technophiles et technophobes.

 

Bibliographie indicative

DUSEK V., Philosophy of Technology. An Introduction, Malden & Oxford, Blackwell, 2006.

ELLUL J., La Technique ou l’enjeu du siècle, Paris, Economica, 1990.

ELSTER J., Explaining Technical Change, Cambridge, C.U. P., 1983.

HEUDIN J.-C., Les Créatures artificielles. Des Automates aux mondes virtuels, Paris, Odile Jacob, 2008.

GOFFI J.-Y., La Philosophie de la technique, Paris, PUF, 1996.

LEBEAU A., L’Engrenage de la technique. Essai sur une menace planétaire, Paris, Gallimard, 2005.

NOBLE D., The Religion of Technology. The Divinity of Man and the Spirit of Invention, Londres, Penguin Books, 1997.

RAPP F. (ed), Technik und Philosophie, Düsseldorf, VDI-Verlag, 1990.

 

UE 21A : PHILOSOPHIE DE LA PHYSIQUE – LEÇONS SUR L’EXPÉRIENCE

Sophie Roux

Mercredi, de 17.00 à 19.00, du 31 janvier au 2 mai, en alternance avec l’UE 21B. En cas d’absence de l’enseignant, des séances supplémentaires pourront avoir lieu en avril. En tout 12 heures.

Programme

Il s’agit d’examiner successivement trois questions classiques en philosophie de la physique qui ont partie liée avec l’expérience, prise dans ses relations avec les sciences qu’on dit, précisément, expérimentales : 1) Que veut-on dire exactement lorsqu’on dit qu’un résultat est « justifié » ou « fondé » par une expérience ? 2) Qu’est-ce qu’une expérience cruciale, les expériences cruciales existent-elles, et sont-elles même seulement possibles ? 3) Qu’entend-on par « expérience de pensée », d’où vient l’élaboration historique de cette notion et quelles sont les débats contemporains qu’elle a suscités ?

Connaissances acquises : Prendre connaissances, par le biais d’une série de questions liées à l’expérience, de certains débats encore vifs dans la philosophie de la physique du xxe siècle.

Compétences acquises : Analyser des articles de philosophie de la physique récents ;appréhender le style de la philosophie analytique ; Comprendre les enjeux d’une question épistémologique.

 

Indications bibliographiques (un ouvrage par question)

1) Barberousse, A., M. Kistler, et P. Ludwig, La philosophie des sciences au xxesiècle, Paris, Flammarion, 2002.

2) Duhem, P., La théorie physique (1914), rééd. Vrin, Paris, 1981.

3) Horowitz, T. et G. J. Massey éd., Thought Experiments in Science and Philosophy, Savage, MD, 1991.

 

Évaluation : Elle consistera ou bien en l’analyse détaillé d’un article ou d’un chapitre d’ouvrage, éventuellement en anglais, proposé par l’enseignante en accord avec les intérêts de l’étudiant et avec le programme du cours, ou bien en un contrôle oral des connaissances en fin de semestre.

 

UE 21B : EPISTÉMOLOGIE DES SCIENCES SOCIALES – LES SCIENCES SOCIALES SONT-ELLES DES SCIENCES COMME LES AUTRES ?

Dominique Raynaud

Mercredi, de 17.00 à 19.00, du 31 janvier au 2 mai, en alternance avec l’UE 21B. En cas d’absence de l’enseignant, des séances supplémentaires pourront avoir lieu en avril. En tout 12 heures.

Programme

Beaucoup d’épistémologies natives, plus ou moins inscrites dans le sillage du Conflit des méthodes, ont cherché à définir une épistémologie propre aux sciences sociales qui mettrait en avant l’un ou l’autre des critères suivants : réalisme des théories, multiplicité des paradigmes, concepts et programmes spécifiques, historicité des faits sociaux, absence de lois ou impossibilité du raisonnement expérimental. On se propose d’examiner ces thèses, tantôt dualistes, tantôt régionalistes, au moyen d’une épistémologie comparée des sciences sociales et des sciences naturelles.

Connaissances acquises : Connaître les principaux auteurs et les principaux courants de l’épistémologie des sciences sociales.

Compétences acquises : Être en mesure de porter un regard critique sur des poncifs appuyés par une littérature abondante et consensuelle.

Bibliographie

Adorno, T.W., Popper, K. R. et al. (1979). De Vienne à Francfort. La querelle allemande des sciences sociales. Bruxelles, Éditions Complexe.

Apel, K.O., La Controverse expliquer-comprendre. Paris, Cerf, 2000.

Berthelot, J.-M. (1990). L’Intelligence du social. Paris, PUF.

Berthelot, J.-M. (2003). « Plaidoyer pour un pluralisme sous contraintes », Revue européenne des Sciences sociales 126, 35-49.

Bunge, M. (1983). Épistémologie. Paris, Maloine.

Cuin, C.-H. (2000). Ce que (ne) font (pas) les sociologues. Genève/Paris, Droz.

Granger, G.-G. (1960). Pensée formelle et sciences de l’homme. Paris, Aubier-Montaigne.

Granger, G.-G. (1980). « Sur l’unité de la science », Fundamenta Scientiae 1, 199-214. Repris dans Philosophie, Langage, Science. Les Ulis, EDP Sciences, 2003, 207-227.

Martin, T. ed. (2011). Les Sciences humaines sont-elles des sciences? Paris, Vuibert.

McIntyre, L.C. (1996). Laws and Explanation in the Social Sciences. Boulder, Westview Press.

Passeron, J.-C. (1991). Le Raisonnement sociologique. Paris, Nathan.

Popper, K.R. (1988). Misère de l’historicisme. Paris, Plon/Pocket.

Raynaud, D. (2006). La Sociologie et sa vocation scientifique. Paris, Hermann.

Testart, A. (1991). Pour les sciences sociales. Essai d’épistémologie. Paris, Bourgois.

Evaluation : Dossier 100%. Les étudiants remettent en fin de semestre une analyse critique de cinq pages sur l’un des textes de référence distribué en cours.