Une rentrée 2012 sur les chapeaux de roue

 

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C’est une rentrée 2012 sur les chapeaux de roue pour le CorteX.
Un bureau / fond documentaire mis à la disposition du CorteX à la bibliothèque des sciences de l’Université Joseph Fourier (Grenoble 1), un poste de chargé de mission « Sciences, critique & sociétés » à l’Université pour Richard Monvoisin et une flopée de nouveaux cours à Montpellier, Marseille, Grenoble et ailleurs, bref… Cette année s’annonce riche en esprit critique.

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Nos enseignements pour l’année 2012-2013 (les dates sont inscrites à titre indicatif)

Grenoble

Marseille

Montpellier

Et ailleurs


Grenoble

Cours réguliers

Interventions ponctuelles

  • Formation Zététique et esprit critique pour les doctorants (service Doctoral pour la Formation, l’Initiation et l’insertion Professionnelle – DFI, ancien CIES)
  • deux sessions – à venir)
  • Formation Médias et pseudosciences pour les doctorants (DFI – à venir)
  • Formation Travail social & esprit critique pour les travailleurs sociaux (FNARS – 4,5 et 11 février 2013)
  • Cours Zététique & actualité en biologie, L3 biologie (4 octobre 2012)
  • Cours sciences et croyances, Master Communication & Médias (octobre 2012)

 

 


 

Marseille

 

 


 

Montpellier

 

 


 

Et ailleurs

  • Brest – Formation zététique (école d’ingénieurs – janvier)
  • La Rochelle – Formation Zététique & esprit critique pour les doctorants (du 18 au 23 mars)
  • Lausanne – Cours En quoi le concept de nature peut-il poser problème ? pour les étudiants de première année de psychologie (Université de Lausanne – 8 novembre)
  • Paris – Conférence Esprit critique & industrie agro-alimentaire (Hôpitaux de Paris – 9 octobre)
  • Rennes – Formation pour les Kinésithérapeutes (IFMK – 14 et 15 mars)

Football et chiffres en classe de seconde – Compte rendu du 2ème épisode par Ludovic Arnaud

CorteX_Atelier_chiffres_lycee_Doisneau_2_Ludovic_ArnaudLudovic Arnaud est enseignant au lycée Doisneau et a assisté à l’atelier Football et outillage critique que Guillemette Reviron a animé dans la classe de son collègue Julien Pinel. La semaine suivante, il le mettait en place dans sa propre classe de seconde. Il nous raconte.


Je viens de faire l’atelier Football et outillage critique avec mes élèves. Il y avait un premier groupe de 6 élèves (les autres étaient absents), et un deuxième groupe de 12. J’ai procédé de manière assez libre en improvisant mes réactions, mes synthèses au tableau, mes relances, en suivant globalement la démarche proposée.

Durée de l’atelier : 1h30

Description de la séance

– Ils s’installent à deux par ordinateur et visionnent une des vidéos en se partageant les oreillettes de leurs écouteurs (ils en ont tous). J’attribue les vidéos pour former trois groupes. A la fin de la vidéo ils discutent rapidement entre eux (ayant vu la même vidéo). Aucune autre information ou instruction.

 

– Ensuite, on se regroupe tous et je demande : « alors ? ». La discussion prend spontanément. On observe des premiers positionnements plus ou moins affirmés sur « des histoires chelou » ou « des histoires incroyables », on entend des « j’y crois pas », « c’est comme l’histoire de … » et puis rapidement des élèves prennent la parole pour raconter chaque vidéo. Je laisse un peu la discussion se poursuivre tant qu’il y a de choses qui s’expriment.

– Puis je recentre le débat : « la question que je vous propose de travailler ensemble n’est pas est-ce que j’ai envie d’y croire ou pas ?, mais qu’est-ce qui me permet de me faire rationnellement une opinion dans ce qui est avancé dans la vidéo ? Qu’est-ce qui me convainc ? Quels éléments de preuve m’apporte-t-on ?« .

En discutant avec les groupes, j’ai entendu plusieurs fois : « toi tu n’y crois pas, moi si, de toutes façons, chacun croit ce qu’il veut ». Il semble que le message vidéo laisse une impression particulière à l’élève qui va croire ou ne pas croire, ou hésiter entre les deux, uniquement sur la base de cette impression.

Il me semble qu’un objectif important dans cette séance est de les faire basculer vers une posture où ils sont capables d’avoir une activité intellectuelle pour chercher à questionner le message et dépasser ces premières impressions. Quelques élèves avaient cette attitude spontanément dès le début : « mais ils ne disent pas combien de scientifiques ont travaillé sur Ötzi ».

– Je les renvoie alors à un nouveau visionnage avec un questionnaire et un tableau à remplir.
– Ensuite on se regroupe devant le tableau et je parle de la force des chiffres pour convaincre quelqu’un : impression d’objectivité, de « scientificité », de rationalité, etc. Je leur explique qu’on va se concentrer sur cet aspect : « quels chiffres sont mis en avant pour appuyer chacune de ces thèses ? » et les élèves remplissent la première colonne avec des chiffres bruts.
– Puis j’évoque « Gomis » (voir l‘étape 4 de l’atelier). Cela passe très bien. J’introduis mes notions de chiffre « nu » et de chiffre « habillé » par un questionnement, et j’insiste sur le fait qu’il est nécessaire de rapporter les chiffres « nus » à d’autres données (ici, le nombre de buts par match) puis d’établir des comparaisons (ici, le goal average d’autres buteurs du tournoi) .
– Je leur demande de faire le même travail pour chaque sujet. Voici les tableaux-bilans réalisés par chacun des groupes :

CorteX_Atelier_chiffres_lycee_Doisneau_Ludovic_Arnaud_Tableau_groupe1
CorteX_Atelier_chiffres_lycee_Doisneau_Ludovic_Arnaud_Tableau_groupe2

 

– J’ai fait la mise en commun en étant plutôt directif mais il devrait être possible, en prenant plus de temps, de les rendre plus actifs dans cette phase. Une piste serait de reformer des groupes en mixant les précédents et de leur faire construire ensemble le tableau. Ensuite on pourrait comparer les tableaux des différents groupes avant que l’enseignant ne fasse sa synthèse. C’est surtout une question de temps. 

 

Voici quelques réactions d’élèves après le bilan : « ah ben oui alors, ça ne tient pas la route leur histoire », « présenté comme ça, on n’y croit plus du tout », « ah ben mince, c’est bien de se poser ces questions, ça évite de tomber dans le panneau ». J’ai conclu en disant que c’était une séance de « formation à l’esprit critique », en expliquant pourquoi il est important d’avoir de l’esprit critique et en précisant que cela demande un effort intellectuel.

 
 

Il y a eu d’autres réactions intéressantes qu’il faudrait saisir pour aller plus loin : « mais quand même pourquoi il y a des gens qui font ces vidéos si c’est faux, ces histoires ? »

Bilan des élèves après la consigne : « qu’est-ce que vous avez appris ? Donner votre avis sur cette séance. »
Tout le monde a bien aimé même si certains se sont demandé quel était le rapport avec la physique.

D’autres ont bien compris le message sur les chiffres, mais il s’agissait souvent de ceux qui avaient déjà un peu l’esprit critique affûté ; quelques élèves ont sans doute compris qu’il faut faire preuve d’esprit critique mais ils n’ont pas forcément assimilé les détails de la manipulation des chiffres ; d’autres encore n’ont manifestement pas perçu l’essentiel.

Plus précisément :

– 4 élèves ont cherché à décrire en quoi leur esprit critique avait progressé (« j’ai appris qu’il ne faut pas croire au peu de chiffres donnés mais qu’il faut chercher à connaître d’autres chiffres qui pourraient nous éclairer »).

– 6 élèves ont semblé découvrir l’importance de l’esprit critique (« désormais, je ne croirais plus à n’importe quoi sans me poser de questions »).

– 1 élève a répondu : « j’ai appris qu’il y a beaucoup de mystères sur les mers et dans le monde. Je pense que tôt ou tard, on découvrira les différents mystères étudiés »

 
 

Ce que je modifierais
J’ai repris les mêmes documents que ceux utilisés dans l’atelier de G. Reviron, mais je pense qu’on peut améliorer ce choix :
– les documents concernant Ötzi sont bons.
– pour le poste sur le triangle des Bermudes, la carte est intéressante mais pas facile à lire. Les valeurs sont en containers (?) et non en nombre de bateaux et j’ai dû les aider à faire un calcul d’ordre de grandeur du trafic maritime dans le triangle.
Note de Guillemette Reviron – J’ai donc ajouté le nombre de containers moyens par bateau dans le document 2. Ceci dit, je suis entièrement d’accord, il serait préférable d’avoir une carte plus facile à lire. Vous en avez trouvé une ? Ecrivez-nous.
– pour le travail sur Lourdes, il faudrait un autre document qui explique ce que sont les « guérisons remarquables » et comment elles sont décrétées.

Je suis passé vite sur la phase de bilan faute de temps alors qu’elle me semble essentielle. Je pense que si l’on veut et peut prendre une demi-heure supplémentaire, il faudrait retravailler la fin pour permettre à plus d’élèves d’aller plus loin et de bien saisir la force des derniers questionnements : quel est le trafic maritime mondial et le taux de disparition de navires sur toute la planète ? Quel est le taux de guérisons inexpliquées médicalement dans toute la population ? Quel est la mortalité moyenne dans la population sur dix ans et le nombre de personnes qui se sont occupées d’Ötzi ?
Le fait de trouver d’autres chiffres pour construire une valeur relative permet aux élèves de « relativiser un peu » leur première impression avec le chiffre brut. C’est déjà pour beaucoup une découverte, mais peu d’élèves vont spontanément plus loin et arrivent à voir à quoi il faut comparer ces chiffres relatifs pour pouvoir vraiment se faire une opinion en connaissance de cause. Cela demande un travail intellectuel qui n’est pas évident.
Une phase de confrontation entre eux sur ce qu’ils ont appris est indispensable si l’on veut consolider la rupture engagée. Et sans doute qu’avec un moment comme cela, celui qui « aime les mystères » sera bien obligé de se confronter à l’esprit critique nouvellement aiguisé de ses camarades.
A suivre donc.

Ludovic Arnaud

Région PACA 2012-2013 – Cycle de conférences critiques dans les lycées

CorteX au chaudEn décembre 2012, les membres du CorteX ont entamé une tournée annuelle de conférences dans douze lycées de la région PACA, en partenariat avec l’Association Science Technologie Société (ASTS) et la Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur. Chaque lycée a choisi deux conférences parmi les cinq que nous leur avons proposées. Voici le menu.


  

 

 

Esprit critique et sectes

Manipulation et influence : du quotidien aux dérives sectaires

L’objectif est de montrer que les techniques d’embrigadement sectaires et les aliénations en temps de guerre n’ont rien de très différent des techniques de manipulation classiques dans la vie de tous les jours, que ce soit dans la publicité, les relations au travail ou dans nos interactions quotidiennes personnelles. On évoquera également la gamme de concepts de psychologie humaine que l’on retrouve exposés dans les ouvrages ou les médias dits « grand public » et qui s’avèrent souvent plus proches de la pseudo-science que de la véritable vulgarisation scientifique. En entrant dans le langage quotidien, cette psychologie « populaire » semble offrir les clés d’interprétation de notre environnement : éducation, vie de couple, relations familiales, réussite personnelle et professionnelle, etc. Mais comment se prémunir face à des concepts nébuleux propices aux interprétations les plus fantaisistes et aux conséquences parfois dramatiques ? Nous aborderons quelques outils d’autodéfense intellectuelle utiles pour maintenir notre vigilance critique dans ce domaine.

 


Sciences et philosophie

Sciences, esprit critique et autodéfense intellectuelle

Les connaissances scientifiques garantissent-elles un esprit critique affûté ? En l’absence d’enseignements spécifiques, pas si sûr… L’outillage critique est nécessaire aussi bien pour distinguer les contenus scientifiques des contenus pseudoscientifiques, critiquer les médias, qu’évaluer les thérapies efficaces, déceler les mensonges à but commercial ou politique, ou prévenir l’intrusion des idéologies en science, comme dans le cas du créationnisme. Il ne nécessite pas de bagage scientifique important, et confère pourtant les moyens de se défendre intellectuellement face aux idées reçues, aux préjugés, aux arguments fallacieux avec des outils simples. Cet apprentissage prend son sens non seulement en classe, mais également dans la vie de tout citoyen qui, soumis à des flots incessants d’informations, devrait être en mesure de faire ses choix en connaissance de cause…

 


Physique et pseudo-sciences

Ou le bestiaire des thérapies quantiques, ondes régénératrices…

Si, en sciences physiques il est possible de donner sous certaines conditions un sens scientifique précis aux mots énergie, ondes, dualité, attraction… l’utilisation et même la « réalité » de ces concepts n’ont de sens que sous les conditions et les limites strictes dans lesquelles elles ont été définies (protocole expérimental, échelles de grandeur, système à n corps….)
Pourtant, il semble que ces termes puissent être réutilisés et réinterprétés (ce qui n’est pas un mal en soi) dans de nombreuses disciplines ou thérapies : non pour enrichir les savoirs, la connaissance et l’interdisciplinarité (processus normal de l’activité intellectuelle) mais bien plus pour donner un vernis scientifique là ou la démarche scientifique n’est plus, et tromper l’esprit au son du mésusage de la langue, du dévoiement des concepts et faire obtenir l’adhésion à tout une kyrielle de pratiques pseudo-scientifiques.

 

 


 

Esprit critique et « mathématiques »

Utilisation et distorsion des chiffres : méfiance !

Chiffres de la délinquance, du chômage, de la fraude aux allocations, de l’immigration, des dépenses publiques, de la croissance, du moral des ménages, du CAC 40, de la consommation : pas un seul journal télévisé, pas un seul quotidien qui n’étale multitude de chiffres et de graphiques. Pas un seul politicien, quelles que soient ses idées, qui n’ait pas recours à une avalanche de pourcentages.
Alors comment se prémunir de ce matraquage de données chiffrées ? Comment lutter contre la « mathophobie » qui nous rend si vulnérables ?
A partir d’articles d’exemples concrets, nous proposons des outils simples pour les personnes qui se décrètent – ou qu’on a décrété – « nulles en maths ».
Au programme : se familiariser avec les grands chiffres, identifier les impressions laissées par un graphique ou l’impact d’un pourcentage sur notre appréhension d’une situation, repérer les données manquantes, apprendre à questionner les chiffres.

 

 


Les médecines, la santé et la science

Science et médecines alternatives : faire ses choix en connaissance de cause

Les médecines non conventionnelles rencontrent aujourd’hui un succès grandissant auprès du public. Rejet de la médecine « officielle » et « scientifique » ? Peur d’anciens et nouveaux scandales sanitaires ? Attirance pour des thérapies « naturelles », « alternatives » ou « douces » ? Les raisons sont multiples. Mais ce succès est-il pour autant le signe d’une efficacité spécifique réelle ? Les enjeux sont grands et nous concernent tous et toutes car à la santé se greffent bien souvent des questions financières et de choix technopolitiques (pharmaceutiques et/ou thérapeutiques). Les dérives régulièrement recensées, comme les diverses aliénations mentales, nous poussent à nous interroger sur ces pratiques de plus en plus à la mode. La démarche scientifique peut-elle nous aider à répondre à ces questions ? Quels outils critiques peut-on utiliser pour faire des choix en connaissance de cause ?

 


 

Paris – Colloque Formation, esprit critique et place du politique, 16 et 17 mars 2012

CorteX_ADNCL’affaire du Mediator® a ébranlé profondément le système de santé français,  les rapports officiels ont souligné les carences majeures de la formation initiale et continue des médecins en termes d’indépendance et de capacité critique à décrypter les stratégies d’influence d’ordre économique, et ont constaté la « faillite totale » des agences de régulation des pouvoirs publics (1). 

Pour son second colloque, l’Association de Diététique et Nutrition Critiques souhaite questionner l’alimentation. En effet, la formation des diététiciens est susceptible de passer de deux à trois ans et l’occasion serait belle de refondre le contenu. Les sciences humaines auront-elles vraiment leur place dans le prochain référentiel de compétences ? La profession réclame des changements depuis longtemps et souhaite notamment intégrer plus de psychologie à son cursus, mais de quelle psychologie, avec quelle(s) finalité(s) ? Et qu’en est-il d’une place réservée à l’apprentissage d’outils fondamentaux de la sociologie critique qui pourrait permettre aux futurs diététiciens de mieux repérer et déjouer les influences d’ordre économique interférant avec les intérêts de santé publique, et de mieux identifier les différents rapports de force d’ordre politique qui conditionnent étroitement leur champ d’exercice, encore bien souvent à leur insu ? L’affaire du Mediator® a soulevé la nécessité de débattre de la place des pédagogies encourageant l’esprit critique dans les formations des professionnels de santé, et la transformation en cours des études de diététique présente une opportunité d’intégrer des éléments possibles dans ce sens dans le futur cursus dont ce colloque entend discuter.

Ce deuxième colloque de l’ADNC aura lieu les 16 et 17 mars 2012 à Université Paris 8, Amphi X (Terminus ligne 13 Arrêt Université).

Le CorteX sera représenté par Richard Monvoisin.

(1) Pr Philippe Even, Pr Bernard Debré, Les leçons du Mediator – Intégralité du rapport sur les médicaments, Le Cherche-Midi, Paris, 2011

La première journée, le 16 mars, sera essentiellement consacrée au domaine de la diététique et de la nutrition, la journée du 17 mars sera quant-à-elle plus transversale, afin de savoir comment d’autres branches de métier, les médecins, les étudiants et les enseignants en médecine notamment se confrontent à ces problématiques (les cas des infirmiers et des journalistes seront abordés le 16) et connaître ainsi certaines initiatives qui ont pu être prises dans leur domaine respectif susceptibles de pouvoir inspirer les professionnels de l’alimentation. Vous trouverez le programme détaillé du colloque sur le site www.adnc.asso.fr à la rubrique correspondante.
Programme du colloque
Vendredi 16 mars

9h Accueil
9h30-10h30 Paul Scheffer (Doctorant contractuel Enseignant à Paris 8, et président de l’ADNC), Sylvain Duval (Administrateur de l’ADNC) : « Quels enjeux autour de la place de l’esprit critique dans la formation des diététiciens? »
10h30-11h30 Isabelle Darnis (Diététicienne enseignante en licence professionnelle, fondatrice d’ABCdiététique) : « Quelle formation possible après le diplôme de diététicien(ne) pour favoriser les pratiques pédagogiques adaptées aux terrains ?
Bilan après 6 années du module « questionner plutôt que prescrire » de la licence professionnelle à l’université Lyon I »
11h30-12h30 Florian Saffer (Diététicien libéral et enseignant) : « Réflexions et critiques constructives sur le mémoire du BTS diététique »

12h30-14h Pause repas
14h-15h Charles-Antoine Winter (Diététicien libéral et enseignant) :  » Un enseignement en diététique réunissant souci de réussite aux examens et encouragement à l’esprit critique est-il possible? »
15h-16h François Ruffin (Auteur des Petits soldats du journalisme, Les Arènes, 2003, collaborateur au Monde Diplomatique et à l’émission Là-bas si j’y suis, fondateur du journal Fakir) : Carte blanche à François Ruffin qui nous parlera du journalisme et du champ des médias

16h-16h45 Echange en petits groupes pour favoriser la mise en lien
16h45-17h45 Anne Perraut-Solivères (Auteure de Infirmières : le savoir de la nuit, PUF, 2001, Présidente de la revue médicale Pratiques – Les cahiers de la médecine utopique) : « S’appuyer sur le sens pour résister aux dérives des institutions : une « subversion » réjouissante… »

17h45-18h Clôture de la journée


Samedi 17 mars

9h Accueil
9h30-10h30 Michelle Le Barzic (psychologue clinicienne, auteure de La meilleure façon de manger, Odile Jacob, 1998) : « De la médicalisation abusive aux abus de pouvoir : Quelle formation psychologique avant d’agir sur le comportement alimentaire? »
10h30-11h30 Pierre Meneton (Chercheur à L’inserm) « Formation et esprit critique dans la communauté scientifique et médicale »
11h30-12h30 Louis-Adrien Delarue (Docteur en médecine générale et administrateur du Formindep) « Une thèse de médecine à l’épreuve d’une formation médicale sous influence »

12h30-14h Pause repas
14h-15h Zoéline Froissart (Administratrice de l’Association d’étudiants en médecine Medsi) « Est-il possible de concilier formation médicale et éducation populaire ? Bilan réflexif de l’expérience de l’association Medsi »
15h-16h Nicolas Lechopier (Maître de conférences en épistémologie et histoire des sciences à Lyon1 (Faculté de médecine), administrateur de Fondation Sciences Citoyennes) « Sciences et éthique dans la formation des métiers de santé »

16h-16h45 Echange en petits groupes pour favoriser la mise en lien
16h45-17h45 Richard Monvoisin (didacticien des sciences, cofondateur du COllectif d’enseignement et de Recherche Transdisciplianire en Esprit Critique dans les Sciences – www.cortecs.org) : « Le voeu de Chomsky : enseigner l’autodéfense intellectuelle »

17h45-18h Clôture du colloque par Paul Scheffer (Président de l’ADNC)

Descriptif en pdf 
Programme en pdf 

Montpellier mars 2013 – Formations à l'attention des enseignants

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En mars 2013, à Montpellier, le CorteX et la Délégation Académique à la Formation des Personnels de l’Education Nationale (DAFPEN) ouvrent deux formations à l’intention des enseignants, quelle que soit leur discipline.

                            Vendredi 15 Mars – Enseigner le genre : un débat scientifique ? (date à confirmer)
                            Vendredi 22 Mars – Investigation et esprit critique en science (date à confirmer)

Date limite des inscriptions le 22 septembre 2012.

 


 

CorteX_Difference_payEnseigner le genre : un débat scientifique ? (identifiant n°12A0110688)

En septembre 2011, la notion de genre a fait son entrée dans certains programmes de Sciences de la Vie et de la Terre et a suscité de nombreuses réactions très médiatisées. Pendant plus d’un mois, des émissions de radio, des reportages télévisuels, des interviews etc. ont été diffusés sur ce thème particulièrement propice aux réactions affectives, véhiculant nombre d’idées reçues sur les différences entre les Hommes et les Femmes et sur la notion d’identité sexuelle.

Objectifs

  • Définir les notions de sexe biologique et de sexe social ou genre et faire le point sur les travaux récents en neurobiologie, en sociologie, en ethnologie, en biologie sur les questions liées au sexe biologique et au genre.

  • S’interroger sur ce qui, dans nos pratiques d’enseignant, contribue à consolider les différences entre les sexes.

Programme

Matin (9h-12h à confirmer) – Sexe biologique et genre : que disent les sciences sur la construction sexuée des individus ?

  • Le sexe biologique est-il bien défini ?
  • Qu’est-ce que le genre ? Est-ce une théorie scientifique ?
  • Le fonctionnement du cerveau est-il sexué ? 
  • Dans quelle mesure les hormones ont-elles une influence sur le comportement ?
  • Comment se construit le genre ?
  • Pourquoi étudier le genre ? Que défendent les arguments « naturalistes » ?
  • Analyse de réactions médiatiques lors de l’intégration de la notion de genre dans certains programmes de 1ère


Après-midi (13h-16h à confirmer) – La construction du genre dans nos pratiques d’enseignants

  • Filles littéraires et garçons scientifiques : qu’en est-il vraiment ?
  • Discussion autour de campagnes de recrutement de l’éducation nationale et de campagnes de féminisation des cursus scientifiques
  • Le genre dans les manuels scolaires
  • Comment nos interventions en classe peuvent-elles consolider les différences entre les sexes ? Quelques outils simples à mettre en place pour atténuer ces effets.


Informations pratiques

Lieu et date à confirmer
Date limite des inscriptions : le 22 septembre 2012. Toutes les informations pratiques ici
Intervenante : Guillemette Reviron
Amenez les manuels scolaires que vous utilisez en classe.

 

 


 

CorteX_couteau_suisse_critiqueInvestigation et esprit critique en science (identifiant n°12A0110697)

Cette journée de formation s’adresse aux enseignants toutes disciplines confondues et brosse tout l’intérêt pédagogique des sujets étranges, « paranormaux », pseudoscientifiques pour apprendre à démêler le (plutôt) vrai du (plutôt) faux.

 

Objectifs

  • Présenter des outils critiques simples permettant à l’élève de construire rationnellement ses choix en connaissance de cause.
  • Présenter des outils pour enseigner aux élèves à se méfier des intuitions, des témoignages et de leur expérience personnelle.
  • Utiliser la démarche scientifique pour tester et valider ou réfuter une hypothèse.

  • Présenter des séances directement réutilisables par les enseignants, menées dans le cadre d’un cours ou d’un atelier d’esprit critique.

Programme

Matin – Présentation de la démarche critique sur des exemples stimulants

  • Problématique, champs d’investigation
  • Cadre épistémologique (scepticisme raisonnable, matérialisme méthodologique, remport d’adhésion et croyance)
  • Nos sens peuvent nous tromper (illusions visuelles et auditives)
  • Tri des hypothèses : rasoir d’Occam, maxime de Hume…

 

Après-midi – Exemples de séances menées en collège ou lycée (selon la demande des participants)

  • Monter un protocole pour tester une pratique (par exemple, le pouvoir de trouver de l’eau)
  • Remonter à la source d’une information (ondes des téléphones portables et pop-corn)
  • Miracles de Lourdes, triangle des Bermudes, momie maudite, star du football : comment interroger les chiffres ?

 

Informations pratiques
Lieu et date à confirmer
Date limite des inscriptions : le 22 septembre 2012. Toutes les informations pratiques ici
Intervenante : Guillemette Reviron

Montpellier – Cours "Sciences et auto-défense intellectuelle" à l'UM2

CorteX_logo_um2L’Unité d’Enseignement (UE) grenobloise Zététique et auto-défense intellectuelle a fait des émules : depuis la rentrée 2012, Guillemette Reviron donne un cours intitulé Sciences et auto-défense intellectuelle à l’attention des élèves de deuxième année de l’Université de Montpellier II. Ce cours, ouvert dans le cadre des UE de culture générale, présente les bases de l’épistémologie et de la démarche scientifique ainsi que les outils nécessaires à l’analyse des controverses autour des sciences présentées comme alternatives. On y aborde l’investigation scientifique des phénomènes réputés paranormaux, des pseudosciences, des pseudomédecines, des dérives psychologiques, des aliénations sectaires, etc. Les étudiants réinvestiront leurs connaissances en construisant une enquête scientifique et un protocole expérimental sur une hypothèse controversée de leur choix qu’ils présenteront en fin de semestre.

Présentation de l’UE

Influence de la lune sur les naissances, guérisons miraculeuses, rêves prémonitoires, barreurs de feu, combustions humaines « spontanées », voyance, etc : contrairement à ce que l’on pourrait croire, ces phénomènes ne sont pas exclus du champs d’investigation des sciences et les outils de la démarche scientifique sont nécessaires pour en vérifier les fondements. À partir de sujets stimulants, comme les phénomènes étranges, paranormaux ou mystérieux, ce cours propose dans un premier temps de présenter des outils simples pour appréhender ces domaines et de montrer comment nos croyances peuvent nous rendre vulnérables face aux manipulations – volontaires ou involontaires – ou aux dérives sectaires.
Nous verrons ensuite comment ces outils permettent d’aborder sur un ton doux des sujets aussi variés que l’analyse de discours, les médecines dites alternatives, les discriminations, le dévoiement des sciences au service d’une idéologie etc.Le but ultime de ce cours est de faire en sorte que chacun puisse faire ses choix en connaissance de cause, sache rechercher et trier des informations et puisse se prémunir des techniques d’influence et de manipulation.

Objectifs

  • Acquérir des outils critiques simples permettant de construire rationnellement ses choix en connaissance de cause.

  • Connaître les limites du témoignage et de son expérience personnelle pour la construction d’une connaissance
  • S’approprier la démarche scientifique pour tester et valider/réfuter une hypothèse
  • Savoir relever les biais de raisonnement principaux et les rhétoriques fallacieuses
  • Repérer les méthodes d’influence et de manipulation

Programme indicatif de l’année 2014-2015 (dont l’odre peut changer)

  • Séance 1 – Mardi 14 oct – Illusions sensorielles – Nos sensations et nos souvenirs peuvent nous tromper
  • Séance 2 – Jeudi 16 oct – Comment trier différentes hypothèses explicatives d’un phénomène ?
  • Séance 3 – Mardi 21 oct – Effets et facettes zététiques – Base de l’outillage de la démarche scientifique
  • Séance 4 – Jeudi 23 oct – Monter un protocole pour tester la pratique d’un sourcier
  • Séance 5 – Mardi 4 nov – Méthodologie d’enquête
  • Séance 6 – Jeudi 6 nov – Mésusages des chiffres et des statistiques – Enquête sur les chiffres de la délinquance
  • Séance 7 – Jeudi 13 nov – Analyse critique de l’homéopathie
  • Séance 8 – Mardi 18 nov – Convaincre à peu de frais : analyse des arguments naturalistes / analyse de la  propagande de guerre
  • Séance 9 – Mardi 25 nov – Analyse critique de la médiatisation des sciences
  • Séance 10 – Mardi 2 dec – Techniques d’influence et de manipulation
  • Soutenances – Jeudi 18 déc

Informations pratiques

Responsable de l’UE – Guillemette Reviron – Contact : reviron (ce qu’il faut) cortecs.org
Intitulé du cours – HLSEG303
Début des cours (à confirmer) : le mardi 14 octobre 2014
Horaires –  16h45 à 18h45.
Évaluation – réalisation d’une enquête en petit groupe et rédaction d’un mémoire (première moitié de la note) puis soutenance (deuxième moitié de la note).

Marseille 2014-2015 – Université du Temps Libre – Ouverture du séminaire Autodéfense intellectuelle et esprit critique

CorteX_UTLPar la voie (et la voix) de Denis Caroti, le CorteX ouvre un nouvel enseignement à Marseille : dès lundi 29 septembre et deux fois par mois l’Université du Temps Libre (UTL)  d’Aix-Marseille Université accueillera un séminaire sur le thème Autodéfense intellectuelle et esprit critique, accessible à tous ses étudiants inscrits (une vingtaine).

Dates des cours (à retrouver sur l’agenda)

Les lundis, de 13h30 à 15h : 29 septembre ; 13 octobre ; 10 et 24 novembre ; 8 décembre ; 5 et 19 janvier ; 2 et 16 février ; 9 et 23 mars ; 13 et 20 avril ; 18 mai ; 1er juin

Présentation

L’outillage critique est nécessaire aussi bien pour critiquer les médias, distinguer les contenus scientifiques des contenus pseudoscientifiques, qu’évaluer les thérapies efficaces, déceler les mensonges à but commercial ou politique, ou prévenir l’intrusion des idéologies en science, comme dans le cas du créationnisme. Il ne nécessite pas de bagage scientifique important, et confère pourtant les moyens de se défendre intellectuellement face aux idées reçues, aux préjugés, aux arguments fallacieux. Cet outillage est utile pour le citoyen souhaitant pouvoir, dans le flux des informations qui lui parvient, se faire des opinions en connaissance de cause.
Dans ce séminaire, nous présenterons les méthodes et outils concrets pour se prémunir contre les idées reçues, les biais de raisonnements, les confusions liées à nos attentes et notre expérience, les manipulations, arguments fallacieux et autre sophismes. Le but est donc de se forger un outillage critique personnel solide afin de se défendre intellectuellement face à tout type d’information.

Objectifs/Contenus

  • Élaborer des outils critiques simples permettant de décortiquer tout type d’information.
  • Découvrir les fondements de la démarche scientifique comme base de l’esprit critique.
  • Connaître les bases des mécanismes de la manipulation et d’aliénation mentale.
  • Savoir recouper / chercher l’information contradictoire sur les idées reçues, les affirmations pseudo-scientifiques et les distinguer d’autres contenus plus fiables.
  • Se familiariser avec les pièges argumentatifs, rhétoriques et logiques.
  • Apprendre à se méfier des chiffres, savoir relativiser les statistiques.

Thèmes des cours

Denis Caroti présentera une série de 15 cours qui auront lieu une fois toutes les deux semaines. Voici quelques-uns des thèmes abordés :
1. Faillibilité de nos perceptions : illusions, tri sélectif des données, mémoire.
2. Quels outils pour trier ? Un peu d’épistémologie pour s’y retrouver.
3. Coïncidences et superstitions : hasard et probabilités.
4. Utilisation et distorsion des chiffres dans les médias et la publicité.
5. Atelier : comment tester une prétention qui sort de l’ordinaire ? Présentation et mise en place d’une expérience.
6. Analyse critique d’une pratique thérapeutique : faire ses choix en connaissance de cause ?
7. L’effet cigogne, effet puits, effet impact, effet paillasson : quand notre cerveau nous joue des tours.
8. Les pièges du discours : sophismes, effets et biais de raisonnement.
9. Influence et de manipulation : comment lutter contre la soumission à l’autorité ?
10. Comment distinguer les mélanges entre science et idéologies ?
11. Les médias en science : fabrication de l’image, des mots, des scénarios
12. Comment le concept de Nature est-il devenu un pilier des argumentaires pseudoscientifiques : essentialisme, sexisme, racisme, homophobie, etc.
13. Science, éthique et politique : comment s’y retrouver ?

Thèmes et outils :

  • Épistémologie et philosophie des sciences : maxime de Hume, réfutabilité, principe de parcimonie, matérialisme méthodologique, charge de la preuve, théière de Russel, etc.
  • Paradoxes, pièges logiques, sophismes et arguments spécieux. Illusions, paréidolies, manipulation, influence et soumission à l’autorité
  • Taille de l’échantillon, tri des données, biais de confirmation, pièges statistiques, hasard.
  • Test en aveugle, double aveugle.
  • Créationnismes, essentialisme, racisme, sexisme : stéréotypes, idéologies et discriminations
  • Médecine scientifique & thérapies alternatives.
  • Effet placebo, effets contextuels
  • Corrélation n’est pas (toujours) causalité
  • Fabrique de l’Histoire
  • Philosophie expérimentale
  • Mécanismes sectaires & prévention
  • etc.