Un guérisseur, rebouteux, magnétiseur et réflexologue

A décortiquer – "Guérisseurs, magnétiseurs, coupeurs de feu… que dit la médecine ?", France Inter, janvier 2015

Logo de l'émission La tête au carréLa Tête au carré est l’émission quotidienne de France Inter qualifiée de scientifique. Hélas, la rigueur scientifique est loin d’être toujours au rendez-vous, les thèmes et invités sont très inégaux. Mais ces émissions nous permettent de ne jamais être à court de ressources propices à l’application des outils critiques. 

Le résumé donne le ton : 

Rebouteux, magnétiseurs ou coupeurs de feu…. Les guérisseurs en tout genre suscitent de plus en plus d’intérêt. Grâce à leurs mains, ils soulagent les patients. Certains services d’urgence font appel à eux, notamment pour des grands brûlés, et des hôpitaux à la pointe de la technologie, comme en Suisse ou aux États-Unis, les intègrent dans les traitements afin d’optimiser les résultats. Pourtant leurs pratiques restent un mystère pour la science, qui ne parvient pas expliquer les mécanismes de ces médecines traditionnelles. Quels sont les recours des patients à ces thérapies alternatives ? Comment sont-elles perçues par le corps médical ? Comment favoriser le dialogue entre les guérisseurs et les médecins ?  

Avec Christophe Limayrac (guérisseur, rebouteux , magnétiseur et réflexologue), Isabelle Nègre (médecin anesthésiste réanimateur, spécialiste de la douleur), Isabelle Célestin-Lhopiteau (directrice de l’IFPPC, Institut français des pratiques psycho-corporelles, présidente de l’Association Thérapies d’Ici et d’Ailleurs, psychologue, psychothérapeute au Centre d’évaluation et de traitement de la douleur du Centre hospitalier universitaire Bicêtre).

Voici l’émission audio (durée avec coupure des musiques : 31 min) :

 Télécharger : Guérisseurs : que dit la science ?. Ou la page de l’émission.

Aidez-nous à repérer les biais de raisonnement, les erreurs épistémologiques et à les analyser !

ND

Un canard de bain, jaune

L'insubmersible canard de bain* : la fasciathérapie "méthode Danis Bois"

Suite à sa mise en ligne sur le CORTECS, le mémoire « La fasciathérapie « Méthode Danis Bois » : niveau de preuve d’une pratique de soin non conventionnelle » a été envoyé à une fasciathérapeute enseignante à l’Ecole Supérieure de Fasciathérapie. Cette dernière nous a cordialement répondu et a transmis le mémoire à Danis Bois. Nous proposons ici dans son intégralité l’analyse de Danis Bois qu’il nous a transmis le 22 juin 2012. Nous avons cependant reçu l’autorisation pour sa diffusion seulement en Septembre 2013. Nous publions également la réponse que nous lui avons communiquée en juin 2012, restée sans réponse à ce jour. Nous y avons apporté quelques modifications, signalées, prenant en compte certains travaux survenus entre-temps. En début d’article, nous ajoutons les résultats d’une recherche dans la littérature scientifique des travaux parus depuis.
* Le titre, l’insubmersible canard de bain, est emprunté entre autres au magicien James Randi, qui l’emploie pour désigner des assertions ou théories qui ont tendance à perdurer, à remonter à la surface, quels que soient les coups (ou réfutations) qui leurs sont portés.

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Lutte féminine et paysanne – Émilie Carles, institutrice libertaire du briançonnais

CorteX_Emilie-CarlesC’est un remarquable ouvrage-témoignage que le livre de la vieille Émilie Carles, Une soupe aux herbes sauvages.

Survol de la vie d’une femme du briançonnais engoncée dans de rudes montagnes, cette autobiographie sans complaisance narre l’histoire de cette institutrice, qui épousa un ouvrier anarchiste pacifiste, rallia ses luttes et ses idées, et affronta les affres de son temps : 14-18, l’affaire Sacco & Vanzetti, 39-45, pétainisme, guerre d’Algérie et même, sur la fin, des revendications écologistes sur sa vallée, la vallée de la Clarée.

Ce court ouvrage, à offrir ou prêter, participe à montrer que le vent de la contestation libertaire et des principes de justice ne naît pas forcément de la haute instruction et des bancs de l’université, et émerge parfois des terreaux les plus arides. La dureté de son existence, mis en rapport avec la solidité de ses engagements m’ont fait monter plus d’une fois les larmes aux yeux. Vous me direz, dans tout rationaliste il y a un sensible qui se cache et ne fait pas le malin.

Grand merci à Gilbert Charles pour m’avoir fait découvrir ce petit trésor.

Pour découvrir d’autres luttes du même type, vous pouvez ouvrir notre page « Histoire et luttes des  femmes – Projet Histoire des luttes sociales« .

RM

Emilie Carles, Une soupe aux herbes sauvages (1977) Pocket.CorteX_Carles_Soupe

Pétition contre la censure dans les bibliothèques universitaires

Nous relayons ici une campagne qui nous parait faire sens. Précisons qu’aucun.e membre du CorteX n’a jamais lu l’ouvrage en question, mais en tant que dépôt d’ouvrages controversés, il nous semble logique, quitte à mettre une notice à l’intérieur du livre, qu’il est contraire à l’investigation rationnelle des faits de bloquer l’accès à des ouvrages, pour déplaisants qu’ils soient.

 

Pétition contre la censure maccarthyste dans les bibliothèques universitaires adressée au président de l’université de Paris 1, M. le Professeur Philippe Boutry

 Un lecteur de la bibliothèque Pierre Mendès France de l’Université de Paris 1 Sorbonne ayant récemment proposé l’achat de l’édition française de l’ouvrage de Geoffrey Roberts, professeur à l’université de Cork en Irlande, « Les guerres de Staline », paru en 2014 aux éditions Delga, ouvrage publié en 2006 par les Editions de l’université Yale, s’est attiré la réponse suivante :

« L’ouvrage proposé, bien qu’écrit par un universitaire, ne nous semble pas a priori présenter la neutralité historique et scientifique nécessaire à son éventuelle intégration dans nos rayons. Les autres titres publiés par l’éditeur non plus ».

La direction de cette bibliothèque, contactée, tant sur l’ouvrage incriminé que sur les conditions à remplir par un éditeur pour que ses ouvrages puissent être acquis, a accumulé les réponses évasives. Une consultation des rayons consacrés à l’histoire de la Russie soviétique (puis URSS) au XXème siècle a montré que, depuis plus de quinze ans, ont été systématiquement achetés les ouvrages de publicistes propagandistes, tels Bernard-Henri Lévy et André Glucksmann, même de négationnistes avérés, tel Ernst Nolte. Dans la même période, n’ont pas été acquis les ouvrages scientifiques publiés en français tels ceux d’Arno Mayer, Michael Carley, Alexander Werth (dont le célèbre ouvrage La Russie en guerre, réédité en 2011, demeure absent), etc.

Cette censure est révélée dans un contexte particulier. Par exemple, à l’occasion de la célébration du soixante-dixième anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz, le ministre des Affaires étrangères polonais Grzegorz Schetyna a soutenu, le 21 janvier 2015, pour justifier la non-invitation de la Russie, que c’était les Ukrainiens et non l’armée soviétique qui avaient libéré le camp d’extermination. Le premier ministre ukrainien, Arseni Iatseniouk, avait affirmé le 8 janvier, sans être davantage contredit, que l’Union Soviétique avait agressé l’Allemagne en juin 1941.

Ces contre-vérités grossières n’ont provoqué aucune réaction officielle. Cette passivité n’est possible qu’en raison du manque de connaissance historique de l’opinion publique, résultat, entre autres, de la censure qui s’est étendue jusque dans les institutions universitaires. Longtemps tacite ou sournoise, celle-ci atteint désormais un niveau tel qu’une bibliothèque de Paris 1 Sorbonne ne se dissimule plus pour justifier l’interdit frappant un universitaire reconnu et tout le catalogue d’un éditeur progressiste.

Nous exigeons que soit mis fin à cette violation caractérisée de la déontologie scientifique et que la bibliothèque Pierre Mendès France de l’Université de Paris 1 Sorbonne respecte le pluralisme des publications scientifiques mises à la disposition des étudiants et autres usagers. Ceci vaut pour cette bibliothèque comme pour toutes les autres bibliothèques universitaires.

Non à la censure maccarthyste dans les bibliothèques universitaires !

Paris, 3 février 2015

Godefroy Clair, ingénieur d’études à l’université Paris 8
Annie Lacroix-Riz, professeur émérite d’histoire contemporaine, université Paris 7
Aymeric Monville, directeur des éditions Delga

Le dossier complet sur cette censure et la correspondance y afférente est disponible sur http://www.historiographie.info/debats.html

Compilation de ressources critiques sur la graphologie

Voici une petite compilation de ressources critiques concernant la graphologie à l’usage des curieux qui souhaitent creuser les fondements de cette discipline pseudo-scientifique. Cette page ouverte est évidement non-exhaustive et mérite d’être alimentée : si vous avez lu/vu/entendu une référence critique, solide et pertinente sur ce sujet, n’hésitez-pas à nous contacter à l’adresse contact(at)cortecs.org.

 

  • La graphologie : un mythe ? – Conférence, Laurent Bègue

 

La graphologie est aujourd’hui amplement utilisée dans le recrutement professionnel en France. Peut-on véritablement connaître la personnalité d’un individu à partir de son écriture ? Cette conférence dresse un bilan critique des recherches scientifiques sur les relations entre l’écriture et la psychologie humaine.

Laurent Bègue est Professeur en psychologie sociale et Directeur du Laboratoire Inter-universitaire de Psychologie (LIP).
Cette conférence était programmée dans le cadre du cycle Une heure de psy par mois, filmé à la bibliothèque Kateb Yacine et organisé par le Laboratoire Inter-universitaire de Psychologie de l’Université Pierre Mendès-France de Grenoble (responsables : Rebecca Shankland et Laurent Bègue).
Informations sur le conférencier Laurent Bègue.

 

  • Pratiques pseudoscientifiques et recrutement : l’exemple de la graphologie – Mémoire de Master de psychologie, Baptiste Berry

Ce mémoire de Baptiste Berry, étudiant en Master 1 de psychologie à l’Université de Poitiers, a été réalisé en 2014 dans le cadre de l’Unité d’Enseignement (UE) Évaluations en contextes professionnels. Il est téléchargeable ici

 « En France, la pratique de la graphologie persiste dans le processus de sélection du personnel et cela malgré les nombreux paradoxes qu’elle soulève (scientifique, éthique et déontologique, légal). » Ce travail, soigné, propose de sonder les fondements de la graphologie dans le champ du recrutement professionnel, mais également d’envisager la question suivante : comment permettre aux professionnels de s’émanciper des croyances erronées afin que leur pratique soit basée sur les preuves ? En lien direct avec la démarche de transmission de l’esprit critique, et notamment en milieu professionnel, ce mémoire propose des recommandations aux futurs psychologues soucieux d’appliquer une analyse critique dans le champ de la psychologie.

Notons au passage la participation du Cortecs comme témoin dans ce travail, et la remarque pertinente de Baptiste BERRY sur l’intérêt (et la complexité) d’évaluer notre démarche. C’est une question sur laquelle nous nous penchons effectivement depuis quelque temps.

Plan
I/ La pratique graphologique et ses paradoxes
II/ La croyance graphologique
III/ Réfuter le mythe de la graphologie : de la théorie à la pratique
IV/ Un constat, quelles solutions ?

 

  • La graphologie est-elle une science ? – Dossier de Science et pseudo-sciences, Michel Huteau

SPS n 295 L’imposture de la graphologie, Science et pseudo-sciences (SPS) n° 295, avril 2011.

Le dossier est disponible en ligne et le n°295 de SPS est disponible à l’achat.

 

  • Écriture et personnalité – Approche critique de la graphologie – Michel Huteau

Couverture Écriture et personnalité – M. Huteau

– Présentation de l’ouvrage par Nicolas Gauvrit

« Le livre de Michel Huteau, Écriture et personnalité. Approche critique de la graphologie, étudie la graphologie sans concession, mais sans agressivité. L’histoire de la graphologie est passée en revue, montrant que si l’objet de la graphologie est a priori scientifique, les graphologues refusent majoritairement la méthode scientifique par principe.
 
Les fondements de la graphologie sont douteux, et les tests empiriques, présentés en détails par Huteau, qui ont permis de tester la graphologie, conduisent à remettre en cause presque toutes les hypothèses des graphologues. Seuls quelques cas particuliers sont vérifiés par les scientifiques, tel le fait que les paranoïaques, conformément à l’hypothèse graphologique, écrivent plus gros que la moyenne des gens.
 
L’écriture est individuelle, mais cela ne signifie pas qu’elle révèle tout de la personnalité, ni même quelque chose de la personnalité. Nous savons reconnaître une écriture de fille ou de garçon dans environ 70% des cas ; les graphologues font à peine mieux… et c’est pareil pour les rares caractéristiques que nous savons détecter par l’écriture. Tout cela montre l’inanité de la graphologie non en tant que projet, mais en tant que technique. Huteau termine son ouvrage en se demandant si la graphologie utilisée comme méthode de recrutement est bien légale, la loi réclamant des méthodes ayant prouvé leur efficacité. Un excellent livre à mettre entre toutes les mains. »

 

– On trouvera de nombreux éléments dans cet fiche de lecture de Serge Blanchard, « M. Huteau. Écriture et personnalité. Approche critique de la graphologie », L’orientation scolaire et professionnelle, 34/4 | 2005, 524-526.

 

 

 

D’autres références critiques ? N’hésitez-pas à nous contacter à l’adresse contact(at)cortecs.org.

Cycle : « Connaissances censurées ? Sciences et liberté d'expression »

Vidéos des conférences disponibles en fin d’articles

Connaissances censurées ?

Sciences et liberté d’expression

Les mercredis 25 février, 4 mars, 11 mars, 25 mars et 1 avril

Cycle de 5 projections/débats avec : l’équipe du Cortecs, l’ombre de Lazarus (Patric Jean), Sophie Robert, Denis Robert et Jean Bricmont. (Grenoble)

Connaissances censurées ?

Des mises à l’index par l’Église à l’abbé Bethléem condamnant les outrages aux bonnes mœurs, la censure a mis un certain nombre de coups de ciseaux dans la connaissance.

Au XXIe siècle, la censure n’existe-t-elle donc plus en France ? À voir ! Quelques personnes, journalistes, documentaristes ou penseurs en ont fait les frais ces derniers temps. Entre délit d’opinion et prémisse de « science officielle », analysons de près ces censures modernes et regardons ce qu’elles ont à nous apprendre sur nos institutions. 

Entrée libre et gratuite

Programme

Mercredi 25 février 2015

Mercredi 4 mars 2015

Mercredi 11 mars 2015

Mercredi 25 mars 2015

Mercredi 1er avril 2015

  • 13h-13h30 : Le délit d’opinion et la liberté d’expression en France, avec le physicien et essayiste Jean Bricmont. 
    Auditorium B.U. de Sciences

Lieux

  1. Auditorium de la Bibliothèque Universitaire de Sciences (B.U. de Sciences)
  2. Maison des Sciences de l’Homme-Alpes (MSH)
  3. Amphi Weil

Plan cycle connaissances censurées

Télécharger les affiches pour les coller chez vos voisins grincheux :

Vidéos des conférences