Vidéo – Disputatio n°1 – L’art du débat rationnel

Disputatio n°1 politique tarifaire parkings grenobleVous qui aimez la réflexion critique, et en avez marre des débats stériles boursouflés d’arguments fallacieux, découvrez la DISPUTATIO. L’art de la dispute mêlant humour, rationalité et enjeux de société ! Pensée par Richard Monvoisin et Raul Magni Berton, cette dispute scolastique a pris corps avec la contribution de Nicolas Vivant, François Blaire, Clara Egger et Ismaël Benslimane.

Le prototype de la disputatio a été pensé il y a un an maintenant, entre Richard, Clara et Ismaël : comment traiter rationnellement, sans sophisme un raisonnement contradictoire bipartite, tout en permettant au public de se former un peu aux entourloupes rhétoriques ? Le format dit « à l’américaine » de 20 minutes d’exposé chacun, puis 10 minutes de réponses pour chaque partie, nous paraissait adéquat, ayant pu voir des Dawkins, des Shermer ou d’autres ferrailler dans ce format avec des théologiens.

Nous avions dans l’idée de traiter des sujets relativement intemporels, comme pénalisation ou libéralisation de la prostitution, afin de fouiller où ça fait mal, mais sans urgence sociale. C’était sans compter sur notre collègue Raul, expert des questions de référendums d’initiative populaire, et sur le contexte grenoblois assez particulier – la Mairie actuelle mêlant un rassemblement citoyen Front de Gauche / Verts unique en France pour une ville dépassant les 100 000 habitants, et ayant justement promis dans sa campagne des processus référendaires. Or le calendrier présentait justement une votation populaire, en ce début d’octobre 2016 : le CLUQ (comité de liaison des unions de quartier) contestait et demandait l’abrogation de la loi régissant le stationnement à Grenoble, laquelle avait été récemment votée, mais sans, dixit le CLUQ, la concertation avec les citoyens pourtant promise.

Alors voici ce que nous avons fait.

Nous avons « dégigogné » les questions imbriquées, afin d’éviter des plurium, ce qui nous a donné un canevas de trois niveaux de discussion auxquels devaient se référer les confériencier.es. Nous avons remis à jour notre légendaire liste d’arguments moisis (voir ici), et nous l’avons photocopiée pour le public, puis avons réservé l’amphithéâtre Weil du campus de l’Université Grenoble-Alpes, gracieusement prêté par la présidence. Nous avons invité le CLUQ, qui a dépêché deux personnes, et la Ville, qui fit de même. Nous avons calé cet événement à la suite du cours zététique & autodéfense intellectuelle, afin de permettre aux étudiants d’y assister facilement malgré l’heure, et la municipalité de Grenoble nous a aimablement dépêché un petit buffet pour que les étudiants ne meurent pas de faim en enchaînant les deux temps.

Le plan du soir fut celui-ci :

  • présentation du dispositif d’initiative populaire
  • introduction sur les sophismes et argumentaires fallacieux classiques
  • puis 20/20/10/10 : tirage au sort de la partie qui commence, puis 20 mn de présentation pour chaque partie, puis 10mn de réponses aux arguments de la partie adverse
  • système d’arbitrage : deux juges de touche ont la possibilité d’arrêter le débat si une entourloupe argumentative est déployée.
  • vérification par les faits (fact checking) : en cas d’utilisation d’une donnée chiffrée, possibilité de vérifier en direct la valeur de la donnée
  • puis le public pourra transmettre ses propres questions.

Voici le résultat.

Vidéo en haute qualité disponible en téléchargement ici.

Le prototype a eu quelques défauts sur lesquels nous reviendrons, mais un certain nombre de qualités, dont l’une non des moindres de permettre le débat le plus assaini sur le sujet depuis la campagne de protestation du CLUQ. C’est déjà ça. Jugez sur pièces.