De l'utilisation de Masters of sex en cours

Masters of Sex est une série télévisée américaine en 46 épisodes, parue fin 2013 d’après la biographie Masters of Sex: The Life and Times of William Masters and Virginia Johnson, the Couple Who Taught America How to Love de l’étasunien Thomas Maier, qui elle-même retrace l’histoire du duo William « Bill » Masters (1915-2001) et Virginia E. Johnson (1925-2013), qui ont documenté la sexualité humaine des années 1950 jusque dans les années 1990. Je me sers de la saison 1 dans certains cours de biologie, mais surtout dans un cours spécial intitulé « sexes, genres et autodéfense intellectuelle ». Comme les algorithmes d’une certaine plate-forme vidéo fonctionnent plein pot dans la défense du sacro-saint droit de propriété, je viens vous donner ici mon matériel patiemment prélevé avec le logiciel libre Avidemux. J’ai écrit aux propriétaires de cette série, par courtoisie et en argumentant de l’intérêt pédagogique de leur travail. J’espère qu’ils ne me demanderont pas de tout retirer. Bon usage enseignemental !

En prolégomènes, une petite excuse : les sous-titres ne sont pas de la meilleure qualité orthographique, mais je n’ai pas le temps de les refaire.

Pour commencer, je présume qu’il s’agit ici de l’épisode 2. Ici, Bill Masters se fait enguirlander par son supérieur pour les problématiques morales posées par ses études, qualifiées de pornographiques. C’est cocasse de rapporter ces considérations au fait que Masters était un républicain engagé, ainsi qu’un fervent protestant épiscopalien.

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Ici, Masters et Johnson reviennent à l’assaut, menaçant même de changer d’hôpital pour faire leur étude. Les plus averti.es repéreront un joli placement de produit pendant l’extrait !

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Dans l’épisode 3 de la saison 1, petit retour sur l’origine de la passion de Bill Masters, avec analyse d’un coït de lapin.

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On voit dans le même épisode une très intéressante séquence sur la contraception, et la gène de certaines patientes.

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Enfin, Masters et Johnson sont amené.es, pour échantillonner avec moins de tracas, de demander secours à des femmes dont le métier est prostituée, ce qui ne va pas sans soulever quelques particularités.

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Mais le mur de la norme va heurter de plein fouet le jeune gay qui s’est prêté à l’expérience.

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Nous voici dans l’épisode 4, où les scientifiques étudient la masturbation.

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Un détail doit être rendu explicite pour qui n’a pas regardé la série : l’un des protagonistes est un ex-petit ami de Virginia Johnson.

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Second passage de cet épisode : lorsque Johnson conclue que les femmes atteignent probablement mieux l’orgasme seule que par la pénétration vaginale d’un homme.

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L’épisode 8 est touchant car le directeur de Masters lui parle de son homosexualité, qu’il intègre lui-même comme déviante, et qu’il cherche à « corriger » par une thérapie de l’aversion – l’une des divers thérapies de conversion, prétendant avec un discours fortement teinté de fondamentalisme chrétien « ramener dans le droit chemin les homosexuel-les ». Ces théories, désormais unanimement dénoncées comme pseudoscientifiques, sont encore employées dans certains endroits du monde, notamment certains états US. En décembre 2016, une campagne intitulée 50 Bills 50 States Campaign a été portée par Samuel Brinton pour dénoncer ces pratiques d’un autre âge.

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Si d’aventure vous avez creusé les saisons suivantes, faites-le savoir !

Orgasmiquement vôtre, RM

Compilation de ressources critiques sur la psychogénéalogie

La psychogénéalogie et les secrets de familleVoici une petite compilation de ressources critiques concernant la psychogénéalogie à l’usage des curieux qui souhaitent creuser les fondements de cette discipline pseudo-scientifique. Cette page ouverte est évidement non-exhaustive et mérite d’être alimentée : vous avez lu/vu/entendu une référence critique, solide et pertinente sur ce sujet ? N’hésitez pas à la partager à l’adresse contact[at]cortecs[.]org.


La psychogénéalogie est une pratique développée dans les années 1970, qui affirme que les événements, traumatismes et conflits vécus par les ascendants d’un sujet conditionnent ses comportements, ses troubles psychologiques et ses maladies. Dévoiler cette « histoire cachée » d’un sujet en séance de thérapie permettrait de s’en libérer.

  • Conférence « La psychogénéalogie, un mythe » de Nicolas Gaillard

2012 (54min)

Dans le cadre du cycle de conférences de psychologie « 1 heure de psy par mois » proposé par Le Laboratoire Inter-universitaire de Psychologie, Personnalité, Cognition, Changement Social (PC2S) et programmé par la bibliothèque Kateb Yacine de Grenoble. Cette conférence rend compte de l’application de l’outillage d’esprit critique du CorteX à la psychogénéalogie, préparée conjointement avec Géraldine Fabre.

  • Entrevue Géraldine Fabre et Nicolas Gaillard « La psychogénéalogie : promesse tenue ? »

Émission Remue-méninges d’Élise Chardonnet sur RCF Isère, novembre 2011, Géraldine Fabre (membre fondatrice du CorteX) et Nicolas Gaillard à l’occasion de la présentation d’une conférence intitulée La psychogénéalogie : promesse tenue ?.

2012 (40 min)

  • Articles de Géraldine Fabre « Psychogénéalogie : les dossiers de l’OZ »

Deux articles fondateurs de notre démarche critique vis-à-vis de la psychogénéalogie qui proposent une étude rigoureuse des concepts-phares pour en éprouver les limites.

  1. Aïe, mes aïeux !
  2. Le syndrome du Gisant
  • Reportage « Psychogénéalogie : Nos Mémoires Secrètes », « Infrarouge », France 2, avril 2008.

Attention ! C’est un reportage nullement critique (bien au contraire) mais utile pour comprendre le concept de la psychogénéalogie tel qu’il est présenté par Anne Ancelin Schützenberger et d’autres après elle. C’est aussi l’occasion de découvrir de réelles séances de thérapie et d’en mesurer la teneur. « Psychogénéalogie : Nos Mémoires Secretes« 

  • Matériel CorteX – analyse d’un reportage sur la psychogénéalogie.

Voici un travail pratique qui propose une analyse critique d’un reportage sur la psychogénéalogie d’une émission de France Culture, Sur les docks : Psychologie – TP « Psychogénéalogie sur France Culture« , par Richard Monvoisin. Les psychologues, travailleurs sociaux ou simples curieux trouveront ici quelques éléments de discours-type, dont nous retranscrivons quelques extraits archétypaux, tous tirés de l’émission: Secrets de famille : une conversation qui n’a pas eu lieu.

  • Les Ateliers de l’information, conférence « La psychogénéalogie et ses dérives », par Nicolas Gaillard

Les Ateliers de l’information de la bibliothèque des sciences de l’université de Grenoble (appelée aussi SICD1, pour Service Inter-établissement de Coopération Documentaire) proposent d’agiter son auditorium avec plusieurs conférences thématiques critiques, d’un format très court (30 minutes + questions), disponibles sur la page Une bonne poignée de mini-conférences CORTECS et sur le site des Ateliers de l’information.

Avril 2013, 52 min Atelier n°30 – Zététique : la psychogénéalogie et ses dérives (vidéo)

  • Article « La médecine et ses « alternatives », Quelques outils d’autodéfense pour militant-es… » par Richard Monvoisin

La médecine et ses « alternatives », Quelques outils d’autodéfense pour militant-es… S’y trouve une réponse à la question suivante : quelles sont les raisons qui font que nous-mêmes, et nos proches, dont la santé est essentielle, nous détournons du système de soin classique pour recourir à des thérapies dites alternatives, quitte parfois à ce que l’efficacité du soin ne soit pas au rendez-vous ? On y trouve des références à la psychogénéalogie mais surtout une compréhension plus large des caractéristiques des thérapies pseudo-scientifique.

Par extension, et parce que la psychogénéalogie trouve son terreaux dans les concepts psychanalytique, on peut consulter l’article Impacts de la psycho-pop, par Brigitte Axelrad ainsi que l’ensemble des articles du CorteX portant sur la critique de la psychanalyse pour aller encore plus loin.

N’oubliez pas : si vous avez lu/vu/entendu une référence critique, solide et pertinente sur ce sujet, n’hésitez pas à la partager sur contact[at]cortecs[.]org.

GRENOBLE – Jacques van Rillaer et le freudisme

Photo de Jacques Van RillaerJacques Van Rillaer, co-auteur du Livre Noir de la psychanalyse, fait une tournée grenobloise du 23 au 25 septembre 2014.  Quatre événements de désintoxication du freudisme sont au programme (tous gratuits, bien entendu).

  • Mardi 23 de 17h à 19h, dans le cours « Zététique & autodéfense intellectuelle » de R. Monvoisin (Amphi Weil), Jacques parlera environ une heure sur Le dévoilement de quelques légendes freudiennes. Des historiens, la plupart admirateurs du génie de Freud en commençant leurs enquêtes, ont découvert progressivement que Freud n’était pas le savant intègre qu’ils avaient imaginé. Freud a menti sur les effets de sa méthode et sur des observations. Il a négligé de citer des sources d’idées prétendument originales. Il a considéré ses opposants comme des malades. C’est plus un conteur qu’un homme de science.

  • Mercredi 24, de 13h à 13h30, l’auteur introduira la conférence du soir dans les Ateliers de l’information de la bibliothèque des sciences. Titre : «Le freudisme : un conte scientifique ?», suivi de questions. Partant du commentaire fait par Krafft-Ebing d’une conférence de Freud : « cela ressemble à un conte scientifique », on montrera que Freud, qui croyait que sa place était à côté de Copernic et Darwin, est à placer à côté de Charles Perrault et les frères Grimm, les auteurs de contes.

  • Mercredi 24, 19h30, (Amphi Weil) après une introduction par le CORTECS, conférence plénière Le freudisme : un conte scientifique ? co-organisée avec Interpsy.

(Pour plus de détails, voir l’agenda en page d’accueil).
 
 
 

Couverture du livre Le crépuscule d'une idole de M. Onfray

Psychologie, philosophie – L'illusion freudienne, par Michel Onfray

Cycle d’émissions « L’illusion freudienne », par Michel Onfray.
Derrière le mot psy se cache un certain nombre de réalités très différentes, et on comprend d’autant mieux l’historicité et la récence des disciplines scientifiques quand on prend conscience qu’un édifice comme la psychanalyse truste encore une place que sa scientificité n’explique pas (en philo de terminale, dans les premières années de licence psychologie ou dans les études d’éducation spécialisée ou d’infirmerie).

Que la psychanalyse et son attirail d’outils soient attrayants, certes. Qu’ils permettent une introspection personnelle, pourquoi pas. Que la cure psychanalytique par contre prétende à une efficacité thérapeutique largement surestimée est déjà un problème. Que les preuves de ce manque d’inefficacité soient enterrées sous le tapis par un ministre (Douste-Blazy et le rapport Inserm) pose des questions.
Mais surtout, surtout : que le corpus de preuves sur lequel se bâtit la psychanalyse freudienne soit si pauvre, les faits si bidonnés, les guérisons sinon inventées du moins « gonflées », que la théorie soit irréfutable au sens de Popper, que sa grille d’analyse soit fortement sexiste, homophobe, et dépolitisante – c’est-à-dire cette tendance à imputer le mal-être de quelqu’un à l’étiologie sexuelle des névroses et à des perturbations refoulées dans la petite enfance, alors qu’il s’agit souvent d’un contexte social violent -, autant de points qui font de la psychanalyse freudienne un excellent sujet d’étude de pseudoscience.
On connaît les attaques classiques envers les critiques de la psychanalyse (déni, antisémitisme, etc.) (1). Qu’une chose soit bien claire : si Freud était Breton, ou Moldave, la critique serait la même, et si la psychanalyse était réellement efficace à la hauteur de la place qu’elle usurpe, on le dirait. Les critiques sont nombreuses, la bibliographie critique commence à être dense, et la netographie outillée (voir par exemple leCorteX_Michel_Onfray site « Mythes Freudiens » de notre ami Jean-Louis Racca). Mais il est un exercice réalisé par Michel Onfray en 2009-2010, dans la ligne de son ouvrage « Le crépuscule d’une idôle » qui offre une bel outil pédagogique : le cycle de conférences « Illusion freudienne » dans le cadre de l’Université populaire de Caen, et diffusé sur France Culture, en 25 épisodes. C’est d’autant plus intéressant à écouter qu’un certain nombre de demandes d’annulation de ce cycle arrivèrent sur France Culture, ce qui valut à la radio de se fendre d’un courrier. Téléchargeables pour les écouter en ballade, en voiture, ou en faisant du sport (certaines anecdotes sont tellement énervantes que c’est propice à la performance). Merci à M. Onfray pour ce travail d’orfèvrerie intellectuelle.

Il est possible d’acheter ces émissions dans les volumes 15 et 16 de la Contre-Histoire de la philosophie, consacré à Freud.

1. Une exégèse du corps freudien (26 juillet 2010)

 
2. Déni soit qui mal y pense (27 juillet 2010)

3. Le conquistador et les philosophes (28 juillet 2010)

 

4. Autobiographie philosophique (29 juillet 2010)

 

5. Questions-réponses (1) (30 juillet 2010)

 

7. Une vie sous le signe d’Oedipe (3 août 2010)

 

8. Un mythe scientifique (4 août 2010)

 

9. Un labyrinthe thérapeutique (5 août 2010)

 

10. Questions-réponses (2) (6 août 2010)

12. Inconscient et déni du corps (10 août 2010)

 

13. Un monde de causalités magiques (11 août 2010)

 

14. Les ressorts du divan (12 août 2010)

 

15. Questions-réponses (3) (13 août 2010)

 

16. L’affabulation freudienne (1) (16 août 2010)

 

17. L’affabulation freudienne (2) (17 août 2010)

 

18. Un verrouillage sophistique (18 août 2010)

 

19. Un pessimisme ontologique radical (19 août 2010)

 

20. Questions-réponses (4) (20 août 2010)

 

21. Masturbation, femmes, petites filles (23 août 2010)

 

22. Dolfuss, Mussolini, politique (24 août 2010)

 

23. Les raisons d’un succès (1) (25 août 2010)

 

24. Les raisons d’un succès (2) (26 août 2010)

 

25. Pour une psychanalyse non freudienne (27 août 2010)

 

Richard Monvoisin

[1] Pour approfondir les trames argumentatives développées envers les critiques de la psychanalyse, l’article de Jacques Van Rillaer : Analyse d’affirmations d’Élisabeth Roudinesco dans Mais pourquoi tant de haine ?.