Les Séminaires Douteux

Vous trouverez sur cette page toutes les informations concernant les Séminaires Douteux organisés par le Cortecs : les thèmes et intervenant·es des dates passées et à venir, les liens pour assister aux présentations et pour poser des questions aux intervenant·es, et bien sûr les rediffusions.

Prochain séminaire

· Combattre les fake news : mais encore ? Avec Ysé Vauchez et Hugo Lagouge (Juin 2026)

Interventions

Ysé Vauchez

Ysé Vauchez a récemment soutenu sa thèse de sociologie dans laquelle elle traite de la nébuleuse de la lutte contre les fake news (dont voici un petit retour critique de Thibault Comes) ;

Ysé Vauchez est docteure en science politique, et ses travaux de recherche portent sur les fake news et le complotisme, du point de vue des sciences sociales.

Hugo Lagouge – Vulgariser « l’esprit critique », un remède a quoi ?

Hugo Lagouge a écrit un mémoire de sciences de l’information et de la communication dans lequel il traite des différents usages de la notion d’esprit critique, à partir du cas des Rencontres de l’Esprit Critique (REC).

Hugo est un médiateur scientifique, diplômé d’un master en sciences sociales et d’un autre en science de la communication. En ce moment il candidate en thèse et il vulgarise autour des sujets de pensée critique et des enjeux sociaux autour de la désinformation

Posez vos questions

Nous mettons à disposition un document collaboratif que nous transmettrons aux intervenant-es pour qu’ils et elles puissent s’en inspirer pour préparer leurs interventions. Posez vos questions ici.


Séminaires précédents

· Sommes-nous (si) idiots ? Avec Maxime Derex et Hugo Mercier (Février 2026)

Interventions

Maxime Derex – Sur les épaules de personnes de taille moyenne
Les problèmes complexes sont souvent résolus par un raisonnement collectif, au cours duquel des solutions sont progressivement améliorées au fil du temps. Dans certaines conditions, ce processus peut même produire des solutions qui dépassent la compréhension des individus qui composent le groupe. Dans cette présentation, je montrerai comment certaines caractéristiques des groupes influencent notre capacité à résoudre collectivement des problèmes qui nous dépassent. J’illustrerai aussi une tension centrale de ce processus: comment préserver et transmettre ce qui a été construit avant nous, alors même que ces solutions dépassent notre compréhension individuelle.

Maxime Derex est chercheur au Département de sciences sociales et comportementales de la Toulouse School of Economics. Il étudie l’évolution culturelle, et en particulier la culture cumulative, le processus par lequel les innovations s’accumulent à travers les générations.

Hugo Mercier – Pas nés de la dernière pluie : Pourquoi les humains sont moins crédules qu’on ne le pense
On pense souvent que les humains sont crédules, facilement manipulés par démagogues, publicitaires, et politiciens. Je défendrai ici l’argument contraire : les humains sont équipés d’un ensemble de mécanismes psychologiques leur permettant de bien évaluer les informations communiquées, et de rejeter celles qui sont fausses ou nuisibles. Je m’appuierai sur des données de psychologie expérimentale, ainsi que des études montrant les échecs de la persuasion de masse, de la propagande Nazi aux campagnes présidentielles américaines. Finalement, je suggérerai des explications au succès de certaines idées fausses—des théories du complot à la résistance aux vaccins—qui ne reposent pas sur la crédulité.

Hugo Mercier est un spécialiste de sciences cognitives, travaillant à l’Institut Jean Nicod à Paris. Il étudie le raisonnement humain et la communication, ainsi que l’évolution culturelle. Il est le co-auteur, avec Dan Sperber, de The Enigma of Reason, et l’auteur de Not Born Yesterday: The Science of Who we Trust and What we Believe.


· Peut-on enseigner l’esprit critique ? Avec Charlotte Barbier et Denis Caroti (Novembre 2025)

Interventions

Charlotte Barbier : Ce que les profs pensent de l’esprit critique, et ce que ça révèle de cette notion.
Former l’esprit critique des élèves fait partie des missions de tous les enseignant·es. Sur le papier, l’objectif semble clair mais dans la pratique, il l’est beaucoup moins.Quel sens les enseignant·es donnent-ils et elles à la notion « d’esprit critique » ? Que font-ils concrètement pour développer l’esprit critique en classe ? Lors de cette intervention, je m’appuierai sur l’enquête que j’ai menée pendant ma thèse pour apporter quelques éléments de réponse. Et on verra que plusieurs visions des choses coexistent et que cela vient interroger la définition même qu’on peut donner à l’esprit critique.

Denis Caroti : Éducation à l’esprit critique et formation du citoyen : quels enjeux ? quels contenus ?
Pourquoi former (à) l’esprit critique ? Quels sont les enjeux éducatifs d’une telle ambition ? Nous discuterons des contenus de formation mis en place à destination des enseignants, des différentes approches proposées et des registres abordés.

Les Séminaires Douteux : kezako ?

L’idée de proposer ces Séminaires Douteux vient de l’envie que nous avons depuis longtemps de mettre en valeur une autre manière de faire et de parler d’esprit critique. Le lancement de l’Université populaire de la rationalité et de l’esprit critique proposée par Gérald Bronner à la Sorbonne est venu parachever cette envie de proposer autre chose.
On ne s’en cache pas, notre conception de l’esprit critique n’est pas la même1… . Nous voulons nous éloigner du centrage sur les biais cognitifs, du deficit model (« les gens pensent mal tant qu’ils n’ont pas reçu les bons enseignements »), de la croyance selon laquelle l’éducation peut sauver le monde, de l’individualisme épistémique (« penser par soi-même »). Si on admet l’hypothèse que l’esprit critique est un levier possible de changement de société, il doit nécessairement se problématiser en prenant en compte des enjeux sociaux prégnants et s’articuler avec des champs de connaissance tels que les sciences de l’information, de l’argumentation, de l’éducation, de la politique… champs constitués par des approches diverses, ce que nous tâcherons de refléter dans le choix de nos intervenant·es : sans mettre en scène un débat d’opposition, nous souhaitons montrer la richesse d’apports non consensuels.

Voilà la formule des Séminaires Douteux : nous annonçons la date, le thème et les deux intervenant·es du Séminaire, nous laissons un document en accès libre pour y poser toutes les questions que vous voulez, les intervenant·es prennent connaissances de ces questions pour guider la présentation. Les séminaires sont ensuite enregistrés (et diffusés en direct très prochainement) puis publiés en ligne.

  1. Vous pouvez lire à ce sujet l’article de Nicolas Martin « Tout l’esprit critique du monde ne suffira pas »