Une petite pente savonneuse pour la route

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Le savon de Marseille, idéal pour une pente savonneuse.

C’était en octobre 1988, au début de la mise sur le marché en France de la pilule RU-486 dite « du lendemain ». Jérôme Lejeune, fermement opposé à la dépénalisation de l’interruption volontaire de grossesse, défend ici lors de l’émission Duel sur la Cinq l’interdiction de la commercialisation de cette pilule, avec moult sophismes : ici, une pente savonneuse. Pour en savoir plus sur ce sophisme, cliquez là.

CorteX_jerome_lejeune« Toutes les règles d’utilisation dont on parle aujourd’hui passeront comme totalement inappliquées. Et ce qu’il va se passer, et ce qui est le danger redoutable c’est que des femmes qui se portent bien, qui sont enceintes, aient dans leur table de nuit trois comprimés, et le jour où elles auront un peu de déprime, où elles auront vomi parce que c’est le début de la grossesse, où elles seront déprimées parce qu’il y aura des difficultés, qui sera là, personne. Elles ouvriront le tiroir, prendront les trois comprimés dans la table de nuit et l’enfant sera perdu. Je dis que de proposer de mettre l’aiguille à tricoter chimique dans la table de nuit, de mettre l’avorteur disponible à tout moment est un danger redoutable pour toutes nos civilisations. »

 Notons aussi l’effet paillasson avec le terme « enfant » : « Elles ouvriront le tiroir, prendront les trois comprimés dans la table de nuit et l’enfant sera perdu. » Il s’agit en réalité d’un embryon (jusqu’à huit semaines d’aménorrhée, c’est-à-dire d’absence de règles menstruelles) ou d’un fœtus (de 8 semaines d’aménorrhée à la naissance), selon le stade d’avancée de la grossesse. Le mot enfant est en effet utilisé pour désigner un être humain dans les premières années de sa vie extra-utérine. En utilisant celui-ci, Jérôme Lejeune aggravait artificiellement la situation, transformant avortement en quasi-infanticide.