MaastriX 2026 : les membres du Cortecs se retrouvent !


Chaque année, le Cortecs se réunit durant un weekend en hiver, intitulé – avec la modestie qui nous caractérise – le MaastriX (ou MaaX pour les intimes). Petit retour sur ce moment de vie associative, qui va au-delà du récit anecdotique.

Osons le parallèle avec le traité de Maastricht : notre MaastriX à nous vise trois grands piliers qui sont la convivialité, le partage de connaissances et de réflexions en épistémologie et esprit critique, et l’organisation de l’association.

Ces piliers sont interdépendants, en tout cas c’est ce qu’on aime à croire. Nos bonnes relations ne dépendent pas seulement d’atomes crochus, mais aussi d’une organisation : se voir régulièrement pour passer de bons moments et pour travailler, pour assurer un partage de nos savoirs et de nos savoirs-faire pédagogiques. De tout ça découlent les conditions pour favoriser les dispositions critiques : motivation, curiosité, confiance, ouverture d’esprit, humilité épistémique… Et bingo, on a coché pas mal de fondamentaux de l’esprit critique !
Ajoutons que c’est aussi un bon entraînement collectif à mettre en œuvre ce qu’on prône.

Le MaastriX, c’est aussi l’occasion de se rendre compte, tout en y travaillant, de toutes les activités que nous menons, et de faire des liens entre différents sujets qu’on traiterait autrement séparément.

Ainsi nous avons :

– Assisté à la conférence de Morgane Burgues sur les liens entre usage de l’IA générative et l’esprit critique : quel usage favorise ou amoindrit ce dernier ? Merci à l’Eurékafé pour l’accueil et au Rasoir d’Oc pour l’organisation !

– Échangé sur nos prochaines interventions, solo ou conjointes. Le saviez-vous ? le Cortecs intervient toute l’année un peu partout : formations doctorales, instituts de travail social, réseaux de bibliothèques, associations culturelles et scientifiques, formations d’enseignants, etc. Si vous voulez le détail, notre rapport d’activité est ICI.

– Continué d’organiser la prochaine École Douteuse : une semaine de cours de sciences en relation avec l’esprit critique, dans un gîte à la montagne. Voyez plutôt les retours sur la première édition ICI.

– Continué d’organiser les Séminaires douteux, nos conférences en ligne démarrées en 2025. Tout est .

– Bien mangé

– Testé et critiqué une approche pédagogique pour introduire l’épistémologie des sciences à des élèves de terminale : comment tenter de, et échouer à, définir « la science », pour ensuite étudier quelques critères flous mais utiles (il y aura certainement un article avec la trame pédagogique cet été).

– Écouté une présentation de Jérémy Attard à propos de l’interaction entre science et valeurs, issue du livre Values in science (Kevin C. Eliott, Cambridge elements, 2022). Juste pour donner envie : de nombreuses valeurs, épistémiques (cohérence interne, succès prédictif, parcimonie, etc.) ou non (politiques publiques, gloire, affects, etc.), entrent en jeu dans la production scientifique. Comment les incorporer, ou au contraire les tenir éloignées ? Doit-on viser un idéal dégagé de toute valeur ?

– Discuté de la notion de nature, de sa critique par Philippe Descola, et de la critique de la critique par Patrick Dupouey (Pour ne pas en finir avec la nature, Agone, 2024) : là où pour Descola, il n’y aurait pas de hiérarchie entre les différentes cosmologies qu’il a pu identifier à travers ses enquêtes anthropologiques, Dupouey défend que la nôtre (le naturalisme) est supérieure au moins sur le plan épistémique : notre science est capable de produire des technologies bien plus efficaces que toutes les autres cosmologies. Si vous n’êtes pas familiers de ces notions de cosmologies, vous pouvez mater cette conférence de Nicolas Martin.

– Participé à un quizz sur « Esprit critique et cinéma » concocté par Vivien Soldé.

– Regardé le film « L’étrange incident » (William Wellman, 1943) tout droit sorti de la Scepticothèque. En deux grandes séquences et 1h15, le film interroge les conséquences de l’appartenance de groupe sur nos actions et sur notre capacité à les évaluer moralement.

Derrière ce bouillonnement, nous essayons de mettre en œuvre un esprit critique qui ne soit pas seulement un exercice intellectuel, mais un levier émancipateur, un outil politique puissant.

Écrivez-nous si ça vous inspire !

et ça c’est Karl Popper qui fait une bombe à la piscine
(fait avec IA mais dans un souci bien entendu d’enrichir nos réflexions et de porter un regard critique sur cette technologie)