Sophismes et rhétorique – TP Analyse de documentaire sur l’homéopathie

Les sophismes (raisonnements logiquement corrects seulement en apparence) ainsi que certaines figures rhétoriques comme l’effet paillasson sont autant de techniques d’argumentation qui sèment le doute dans le raisonnement et favorisent les affirmations fallacieuses. Le risque : une « embrouille » argumentative pour nous faire accepter des affirmations sur la forme plutôt que sur le fond. Il est salutaire de s’entraîner à les repérer.

Ce TP propose un entraînement à l’identification de sophismes dans l’argumentation de certains intervenants d’un documentaire sur l’homéopathie. Sans traiter le fond, c’est la forme des arguments qui sera ici mise en lumière.

Ce travail peut être réalisé en plusieurs étapes :

  1. Mise à disposition matériel critique sur le sophisme, l’argumentation fallacieuse, l’effet paillasson.
  2. Visionnage des vidéos.
  3. Discussion sur l’argumentation et identification des figures sophistiques et rhétoriques, avec un aiguillage si nécessaire.

Les passages sont extraits du documentaire « L’homéopathie : mystère et boules de sucre« , diffusé le mardi 11 janvier 2011 dans l’émission Enquête de santé du Magazine de la santé de Marina Carrère d’Encausse et Michel Cymes. Y apparaît Richard Monvoisin, dans le cadre de son cours « Zététique & autodéfense intellectuelle » à la Direction des Licences Sciences et Techniques de l’Université Joseph Fourier, Grenoble.

Nous vous proposons, sur le site, de visionner les vidéos, repérer les differentes figures rhétoriques et vérifier ensuite avec nos propositions…
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Extrait 1 – Vous avez trouvé ?…vérifiez ici                                                           Extrait 2 – Vous avez trouvé ?…vérifiez ici

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Extrait 3 – Vous avez trouvé ?…vérifiez ici                                                           Extrait 4 – Vous avez trouvé ?…vérifiez ici

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Extrait 5 – Vous avez trouvé ?…vérifiez ici                                                           Extrait 6 – Vous avez trouvé ?…vérifiez ici

Matériel vidéo à télécharger ici: Vidéo 1 Vidéo 2 Vidéo 3 Vidéo 4 Vidéo 5 Vidéo 6

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Extrait 1

Discussions avec un médecin homéopathe sur le Natrum muriaticum, préparation homéopathique à base de sel de cuisine. Le médecin fait la démonstration que ce n’est pas simplement  du sel de cuisine mais bien un médicament.

  •  Pétition de principe, petitio principii

Méthode : consiste à faire une démonstration qui contient déjà l’acceptation de la conclusion, ou qui n’a de sens que lorsque l’on accepte déjà cette conclusion.

La démonstration du médecin : « (…) le Natrum muriaticum c’est du sel de cuisine, mais c’est un médicament car la préparation homéopathique change le produit. Sinon les gens qui auraient besoin de ce médicament, n’aurait qu’à manger salé et il n’y aurait alors pas besoin de ce médicament. C’est donc autre chose que du sel de cuisine.« anti_girafe

Qu’on peut simplifier ainsi : le Natrum muriaticum est un médicament car si ça n’en était pas un, les gens n’en auraient pas besoin.

Cette pétition de principe est de la forme du répulsif anti-girafe : le répulsif anti-girafe fait fuire les girafes. Comment le sait-on ? Regardez autour : il n’y a aucune girafe !

  • Faux dilemme

Méthode : réduire abusivement le problème à deux choix pour conduire à une conclusion forcée.

Ici: « Soit les homéopathes sont des charlatans, soit ils ont raison ».

Le fait de ne pas être un charlatan ne valide pas pour autant les affirmations de l’homéopathie. Ce faux dilemme oriente soigneusement la réponse en interdisant toute autre solution. Cette stratégie est redoutable car elle oriente sournoisement le débat en le simplifiant en un unique antagonisme. Mais celui-ci n’est qu’apparent : le fait que deux propositions soient compétitives ne signifie pas forcément qu’elles soient contradictoires. Le faux dilemme crée l’illusion d’une « compétitivité contradictoire ».

Broch l’explique dans une facette Z : « compétitif ne veut pas dire contradictoire »

Pour approfondir : voir la vidéo « Quelques facettes zététiques expliquées par le professeur Henri Broch », ou lire l’article Le culbuto, l’effet bof et autres ni-ni.

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Extrait 2 

 «Selon les homéopathes, plus un produit est dilué, plus il est efficace. A défaut de preuve ils misent sur l’idée qu’il y aurait autre chose, une trace, une onde, que notre science ne saurait pas encore détecter. »

  • Appel à l’ignorance, argumentum ad ignorantiam
Méthode : prétendre que quelque chose est vrai seulement parce qu’il n’a pas été démontré que c’était faux, ou que c’est faux parce qu’il n’a pas été démontré que c’était vrai.

Le propos est résumable ainsi : la dilution homéopathique fonctionne mais la science ne peut pas encore détecter le principe de fonctionnement.

  • Renversement de la charge de la preuve

Méthode : demander à l’interlocuteur de prouver que ce qu’on avance est faux.

Par extension, l’appel à l’ignorance aboutit au renversement de la charge de la preuve. Il est insinué que ce n’est pas aux homéopathes de prouver l’efficacité des dilutions homéopathiques, mais à la science (voir plus loin) de le faire.

La journalise note d’ailleurs pertinemment dans le commentaire « qu’à défaut de preuve, ils misent… ». On se situe effectivement bien loin de la démarche scientifique.

  • Faux dilemme

Méthode : réduire abusivement le problème à deux choix pour conduire à une conclusion forcée.

Il y a également un faux dilemme subtil dans l’utilisation du terme « notre science ». D’une part ce terme se révèle très ambigu : « science » est ici un mot creux qui risque de laisser l’interprétation libre à chacun. De quelle science parle-t-on ? Le corpus de savoirs communément acceptés, la communauté scientifique, l’application technologique, ou la démarche intellectuelle ?

Ensuite le « notre science » induit subtilement un antagonisme, « notre » s’opposant à quelque chose qu’on va chercher à situer. En laissant libre cette opposition dans le propos, c’est le sens qui est laissé à la subjectivité de chacun. On risque alors d’accepter des connotations fallacieuses : que doit-on comprendre ici ? Une science occidentale versus une science orientale, une science moderne versus science ancienne, une science rigide versus science plus ouverte… Le débat est alors orienté.

  • Hypothèse ad hoc

« A défaut de preuve ils [les homéopathes] misent sur l’idée qu’il y aurait autre chose, une trace, une onde, que notre science ne saurait pas encore détecter. »

C’est une hypothèse formée Ad hoc, « dans un but précis » en latin. On admet au départ ce que l’on entend prouver par la démonstration que l’on va faire, c’est l’effet cerceau de la zététique.

Une hypothèse ad hoc est suggérée pour expliquer ce qu’on ne peut expliquer. Prétendre par exemple que si aucune preuve de vie martienne n’est obtenue, c’est parce que la NASA s’obstine à effacer les traces qu’elle trouve (thèse de R. Hoagland, par exemple). L’hypothèse ad hoc de théories complotistes : Il existe un complot et le manque de preuve montre bien que ce complot est efficace !

On dit ici qu’il n’y a pas de preuve que « plus un produit est dilué, plus il est efficace » alors c’est qu’il y aurait autre chose: une trace, une onde. Avant d’invoquer d’autres mécanismes explicatifs (des traces, des ondes), il faut s’assurer simplement que l’affirmation de départ est valide. Ce qui n’est pas le cas. Il est toujours plus raisonnable d’appliquer le rasoir d’Occam plutôt que de proposer des hypothèses ad hoc spéculatives pour sauvegarder une allégation douteuse.

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Extrait 3 

Entretien à propos de la mémoire de l’eau avec le professeur Luc Montagnier, co-découvreur du virus du sida et prix Nobel de médecine.

  • L’homme de paille, technique de l’épouvantail, ou strawman

Méthode : travestir la position de l’interlocuteur en une autre, plus facile à réfuter ou à ridiculiser.

« La grande erreur, la bêtise, serait de dire ce phénomène nous ne le comprenons pas, donc il n’existe pas, …c’est anti-scientifique… »

Le professeur tourne en ridicule d’éventuels opposants à ses propos, en évoquant une position fictive et grossière, qualifiée d’anti-scientifique. Il y a détournement flagrant du débat dans la mesure où aucun phénomène n’a pu être observé, il n’est donc pas possible de le comprendre : il est refusé non parce qu’il n’est pas compris, mais parce qu’il n’est pas observé.

  • Technique du chiffon rouge, red herring, hareng fumé

Méthode : déplacer le débat vers une position intenable par l’interlocuteur.

« Soyons modeste, pensons que nous avons encore beaucoup de choses à apprendre de la nature, que nous avons d’autres théories qui sont plus près de la réalité mais qui ne sont pas encore tout à fait la réalité… »

Double sophisme: autour d’un appel à l’ignorance (tout n’a pas été démontré) le professeur impose une position intenable car ridicule. C’est la technique du chiffon rouge : refuser son propos serait refuser d’être modeste et prétendre tout savoir de la nature

Effet paillasson : qu’est-ce qu’on entend pas nature ici ? (pour approfondir, on pourra lire les travaux de G.Reviron).

L’utilisation du mot « théorie » est trompeuse : la mémoire de l’eau n’est pas une théorie au sens scientifique, ce n’est encore qu’une prospective, qui n’est pas étayée. Le risque est de mettre en compétition des théories qui n’ont pas le même niveau d’étayage. Par exemple, mettre à égalité la théorie de l’évolution des espèces et celle du créationnisme. Pour creuser voir Les 7 erreurs principales sur l’évolution, selon Cyrille Barrette.

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Extrait 4 

  • Technique du chiffon rouge, red herring, hareng fumé

Méthode : déplacer le débat vers une position intenable par l’interlocuteur.

« Les études scientifiques sont très intéressantes pour valider, mais surtout pour des médicaments qui ont des risques considérables et qu’on va mettre sur le marché. »

Technique du chiffon rouge : le débat est détourné sur la nécessité de valider des médicaments aux risques considérables. C’est vrai, mais ne change rien à la question de la validation scientifique des produits homéopathiques. L’autre technique du chiffon rouge ici consiste à déplacer la question de l’effcacité vers celle de l‘utilité de ces poduits. C’est une diversion sur d’autres sujets, qui ne font partie du débat qu’en apparence mais sont utilisés comme des arguments de poids.

  • L’appel à la popularité, argumentum ad populum.

Méthode : Invoquer le grand nombre de personnes qui adhèrent à une idée.

« Nous ça fait 200 ans que nous sommes sur le marché, ça fait 200 ans que des patients dans plus de 80 pays dans le monde utilisent des médicaments homéopathiques. Vous pensez sincèrement que des patients et des professionnels de la santé vont utiliser des médicaments inefficaces ? »

« N’oubliez pas les milliers de personnes qui se soignent à l’homéopathie, […] ils voient bien que ça marche. »

L’appel à la popularité est redoutable car il est posé très simplement en quelques mots : « Des milliers de gens l’utilisent » et nécessite une démonstration évidemment un peu plus longue pour le réfuter. Mais que des milliers de gens se servent de l’homéopathie, ne prouve pas son efficacité : la véracité d’une proposition ne dépend pas du nombre de gens qui la soutient.

Là encore cela permet un écran de fumée qui dissimule le sujet initial, en subtilisant la question de la validité scientifique par celle de l’efficacité évaluée subjectivement, quand bien même par des milliers de gens. Rappelons qu’on peut tromper mille personnes une fois…

On pourra lire Richard Monvoisin, Pour une didactique de l’esprit critique, pp. 221-224 Principe de la preuve sociale, effet Panurge ou argumentum ad populum

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Extrait 5

  • Effet paillasson

L’effet paillasson consiste à désigner une chose ou un objet par un mot qui se rapporte à autre chose. 

« [L’effet placebo] la capacité d’un médecin à induire la fabrication de médicaments intérieurs par l’organisme »

« L’effet placebo c’est qu’un médecin (sic) arrive à déclencher par l’organisme cette fabrication de médicaments. »

On ne peut pas réduire l’effet placebo au médecin, c’est l’effet attribuable au traitement en général : le contexte de prescription mais également la substance. En mettant en avant la pratique du médecin dans une définition erronée, on peut alors conclure du bien fondé de cette pratique ensuite.

Le placebo est une substance neutre que l’on substitue à un médicament pour contrôler ou susciter les effets accompagnant la médication. L’effet placebo est l’effet positif attribuable à la conception qu’une prise en charge/médicament aura un effet. L’effet placebo est l’effet strictement psychologique ou psychophysiologique lié à la prescription d’un placebo. Les deux principaux  moteurs de l’effet antalgique d’un placebo, domaine où il a été le mieux étudié, sont les attentes positives du médecin et du patient sur la prise de la substance.

« Notre corps peut fabriquer des antibiotiques, des anti-fièvre des anti-cancers…on peut fabriquer du crack, du haschich, de l’alcool, de la nicotine, on peut tout faire en fait. »

Il y a ici une équivoque entre les produits, leurs effets et leur composition. L’utilisation des mots comme crack, haschich, alcool, fait plus référence aux effets sur l’organisme de ces produits que sur leur véritable production par l’organisme. Le crack, par exemple, est une transformation de la cocaïne par dissolution qui provoque une cristallisation du produit (en caillou). L’organisme ne peut évidement pas effectuer cette opération.

On pourrait alors plutôt comprendre que le médecin fait référence à la composition chimique des produits, qui serait reproductible par l’organisme. C’est une affirmation tendancieuse et  péremptoire, qui demanderait un développement beaucoup plus conséquent. En l’état on ne peut pas affirmer que notre corps peut produire, par exemple, de la « nicotine » en tant que telle, c’est un effet paillasson.

« [L’homéopathie] est une médecine très noble parce qu’ils [les homéopathes] obligent le corps à se guérir lui-même. »

On pourrait voir une forme d’animisme simpliste dans la manière de présenter le corps humain comme capable de «guérir» par lui-même. Bien sûr, certains systèmes végétatifs fonctionnent tous seuls. Mais ici, où l’on parle d’une prise «symbolique» de médicament, le présenter de la sorte dissipe le caractère psychoactif du processus.
On notera aussi que la notion de noblesse en médecine est pour le moins discutable : y a-t-il des thérapies moins nobles (plus…. viles ?) que d’autres ?

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Extrait 6

L’effet paillasson consiste à désigner une chose ou un objet par un mot qui se rapporte à autre chose.

« On fait tous 8, 10 cancers tous les jours… »

De la même façon le terme cancers est tendancieux. Le cancer est un ensemble de maladies, qui se traduit par une altération de cellules, engendrant le développement d’amas de cellules cancéreuses (formant des tumeurs) qui échappent aux processus ordinaire de destruction par l’organisme. C’est uniquement si les cellules altérées ne sont pas détruites qu’on commence à parler de cancer. On ne peut pas alors raisonnablement utiliser ce terme pour évoquer des cellules altérées qui vont être supprimées par les lymphocytes.

En jouant sur l’ambiguïté des mots utilisés, on peut connoter des choses radicalement différentes. On utilise ici la charge symbolique des termes, pour vraisemblablement, entretenir une sorte de mystère, de magie autour de l’homéopathie, de l’effet placebo, de la médecine…

Il y a très certainement d’autres choses à extraire de ces courts passages. Toute suggestion est la bienvenue !

N.G.

 

Gap, 4 mars 2011 – la zététique… ou comment faire preuve d’esprit critique face à l’étrange

Faire preuve d’esprit critique, faire la différence entre croyance et connaissance est un processus assez naturel… que nous ne savons pas toujours « activer » lorsqu’une affirmation « paranormale » nous prend au dépourvu. La zététique propose quelques outils pour faire face à ce genre de situations.

18h, rue Pasteur, à Gap. Entrée libre.
Affiche à télécharger ici.
Pour tout contact :
contact@zetetique.fr et equipe@gsa05.com

RM

CorteX Monde Libertaire

Février 2011 Le CorteX dans le Monde Libertaire – Esprit critique en acier pour gens en taule (Guillemette Reviron, Richard Monvoisin)

Esprit critique en acier pour gens en taule ? Tentatives d’ateliers critiques en prison

Devise commune : l’esprit critique est une arme sociale qui ne s’use que si l’on ne s’en sert pas.

Constat commun : cette arme sociale n’est pas équitablement distribuée

Solution parmi d’autres : outiller ceux qu’on n’outille pas.

 

L’histoire se passe dans le Sud-Est pour l’un-e, ailleurs pour l’autre, dans une de ces villes où il ne fait pas (encore) bon dire qu’on y développe la lecture critique des détenus

À l’origine, un dilemme d’enseignants : faut-il accepter d’entrer dans une institution comme la prison et de la légitimer en y prenant un rôle, même pédagogique ? Faut-il au contraire refuser de contribuer de quelque manière que ce soit à cette mécanique qui brise les os des condamnés ? La question est permanente, vicelarde, et aussi tenace qu’un scrupule, aussi fallut-il, pour la trancher, admettre ceci : quand bien même attaquer les prisons à coup de burin serait la posture la plus défendable, elle est de toutes façons hors de notre portée, par manque de contexte, de forces vives, d’organisation, ou simplement de courage physique.

Alors autant ne pas rester les bras ballants. L’historien Howard Zinn disait qu’il est impossible de se permettre d’être neutre dans un train en marche. Si le dilemme est vraiment épais, et qu’entre faire et non-faire, notre cœur balance, alors il nous semble plus moral de faire. Mais faire quoi ? Si on ne se sent pas prêts à dynamiter les cachots, que peuvent faire des enseignants pour les vider ? À part un plan des égouts ou une lime cachée dans un pain d’épices, que peut offrir un intellectuel à un détenu qui permettrait à ce dernier sinon de sortir plus vite, du moins de ne plus se faire incarcérer ? Nous avions deux types de réponse possibles : enseigner le droit – mais nous sommes incompétents – et enseigner l’analyse critique.

Or ça, c’était dans nos cordes, car c’est justement l’objet de notre collectif de recherche, le C.O.R.T.E.C.S. : transmettre de l’esprit critique en donnant des outils d’analyse de type scientifique, tirés de la mathématique, de la psychologie, de la sociologie, de l’Histoire, etc.

Précisons bien : nous utilisons la science. Non point le groupe social des experts en blouse blanche, ni la technopolitique qui va décider à notre place sur quels programmes de recherches et quels modèles de société sera investi notre argent. Non, il s’agit bien de la science comme démarche visant à dire des choses plus vraies que fausses sur le monde. Tout simplement parce que si on souhaite le changer, encore faut-il le connaître. Et en ce sens, et en ce sens seulement, la science est éminemment subversive. C’est cette démarche qui démontre que le racisme n’a pas de fondement, que le sexisme repose sur un ramassis de sornettes, que certaines lois économiques ne sont que billevesées, que l’amiante était démontrée toxique depuis 80 ans, que les contenus d’enseignement de l’histoire gomment la plupart des mouvements sociaux et des horreurs perpétrées par les gouvernements, que le créationnisme est un scénario idéologique sans preuve et que Déluge, saignées, humeurs, phlogistique, théorie sexuelle freudienne des névroses, infériorité intellectuelle de la femme et influence de la musique sur les plantes sont à ranger dans les rayonnages empoussiérés de la cave des connaissances fausses.

C’est la science également qui fait la preuve que la pensée de Ségolène Royal relève de la droite chrétienne, que Dominique Strauss-Kahn colle à un modèle économique ultra-libéral et que Nicolas Sarkozy est le « président des riches »1. C’est la science comme démarche qui montre que les populations carcérales sont issues des couches sociales pauvres et que ce n’est pas le paramètre « arabe » ou « noir » qui est pertinent, mais bien celui de capital, qu’il soit financier ou symbolique.

C’est la démarche scientifique qui permet de démontrer que créer des conditions carcérales n’a jamais freiné les actes criminels, réduit la récidive, ou aidé quelque personne que ce soit, victime ou fautif à se reconstruire, ni même à réparer quoi que ce soit.

Et si un jour la science démontrait quelque chose qui nous heurte ? Tout l’art de l’éthique humaine résidera dans la manière d’appréhender cette réalité, même déplaisante. Oui, il semble qu’il n’y ait pas de lien causal entre les pesticides et la « disparition » des abeilles : nous aurions préféré qu’il y en ait un ! pour mieux dénoncer l’emploi de ces produits, mais dans l’état des connaissances actuelles, c’est ainsi. Alors cela n’empêchera pas de dénoncer cette industrie, mais sur des faits solides – et il y en a assez – et non des fantasmes. En attendant, l’objectif est de trouver ce qui arrive aux abeilles, et se contenter d’une fausse explication ne les aidera pas.

Oui, il y a des gens qui par exemple aiment tuer, violer, commander, torturer. Reste à savoir quoi élaborer politiquement pour ces gens, et c’est compliqué. Mais pour le faire, encore faut-il connaître scientifiquement les mécanismes qui les amènent à ça. Possible que ce que l’on découvre ne nous plaise guère, mais… le monde n’est pas « fait » pour nous plaire.

Pour plagier Confucius et son poisson : quand un individu est en prison, mieux vaut lui donner les outils intellectuels et juridiques pour s’en tirer le plus vite possible et faire en sorte de ne pas y retourner que de lui donner une pelle ou une échelle.

Nous savions transmettre des éléments d’esprit critique aux étudiants ; analyse des faits, lecture critique des médias, étude scientifique des pseudosciences, zététique, psychologie de la manipulation, mensonges politiques, etc. Mais les étudiants sont pour majorité des filles et fils d’étudiants, des enfants de bac plus quelque chose. Et s’il est un endroit où on est quasi-certain de trouver une frange de population qui n’usera jamais son froc sur les bancs des amphithéâtres, c’est bien dans les geôles.

Il fallait une manière d’entrer dans les murs. Pour l’une, la solution indirecte fut le soutien scolaire. Faire beaucoup de maths, puis laisser se décaler les discussions, un peu moins de maths, un peu plus d’analyse critique, de discussions sur les médias, d’analyses de livres.

Pour l’autre, ce fut un atelier Médias & esprit critique, avec l’ambition de venir projeter des extraits de journaux télévisés, des analyses de désentubages cathodiques2, des bouts d’émission, et de décortiquer la fabrication de l’opinion, le choix des mots, des scénarisations, la manipulation des chiffres et des statistiques. Il faut néanmoins savoir que cet atelier a mis pratiquement deux ans à être accepté par l’administration pénitentiaire : enquête de la DCRI, difficultés concernant le matériel informatique pour projeter les documents, il fallut toute l’opiniâtreté de certains responsables du Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation pour parvenir à démarrer l’atelier en septembre 2010, sous forme de « cycle de 10 interventions hebdomadaires sous forme d’ateliers-débats, à partir de documents vidéo ou papier tirés essentiellement des médias télévisés ou des journaux afin d’élaborer avec le public présent des outils d’analyse critique de l’information ».

Chomsky a écrit que si nous avions un vrai système d’éducation, on y donnerait des cours d’autodéfense intellectuelle. L’accès à une éducation n’étant obligatoire que jusqu’à seize ans, rendons l’éducation critique optionnelle, omniprésente et séduisante, à partir de 16 ans et demi. Certains sont moins outillés que d’autres et se font broyer par le système ? Alors dénonçons ce qui ressemble à de l’abus de faiblesse. Et puisqu’on trouve dans le code de la consommation, livre 1 titre 2, chapitre 2 section 4 l’article L122-8 dénonçant l’abus de faiblesse dans les démarchages commerciaux, il suffirait de créer un article de plus, le 122-16, qui n’existe pas, et qui serait l’abus de faiblesse critique. Ne manquerait alors que la partie en italique :

Art. L.122-16 – Quiconque aura abusé de la faiblesse ou de l’ignorance d’une personne, ou n’aura pas mis tout en œuvre pour lui fournir une autodéfense intellectuelle suffisante pour lui laisser faire ses choix en pleine connaissance de cause, sera puni par un cours privé d’esprit critique d’un nombre d’heures à définir, ainsi que par lecture de la bibliographie complète du Cortecs, lorsque les circonstances montrent que cette personne n’était pas en mesure d’apprécier la portée des engagements qu’elle prenait ou de déceler les ruses ou artifices déployés pour la convaincre à y souscrire, ou font apparaître qu’elle a été soumise à une contrainte.

Luttons pour faire naître de l’autodéfense intellectuelle partout où elle pourra germer.

Même à l’ombre.

Guillemette Reviron, mathématicienne. Richard Monvoisin, didacticien des sciences. Enseignent tous les deux l’esprit critique et l’autodéfense intellectuelle au sein du CORTECS (Collectif de Recherche Transdisciplinaire Esprit Critique & Sciences, www.cortecs.org).

Tous deux défendent une lecture rationnelle et libertaire du monde.

 

1 Titre du dernier ouvrage des sociologues M. Pinçon & M. Pinçon-Charlot, Le président des riches, Zones, 2010

2 Le désentubage cathodique est un art critique poussé au summum sur Zalea TV et par les Mutins de Pangée.

Si vous n’avez pas de sous, vous pouvez feuilleter le Monde Libertaire ici.

Richard Monvoisin

Conférence / Atelier débat – médecines "douces", "alternatives" : s'y retrouver

Le sujet des médecines « alternatives », « douces » ou « complémentaires » est immense, et sujet à de nombreuses controverses. Les positions sont caricaturales (pour ou contre) et le ton s’envenime vite.
Nous proposons des interventions
  • sous une forme classique de conférence + discussion
  • sous une  forme d’atelier / débat très souple, sous forme de très courtes projections suivies de débat avec le public (à l’instar des Midis Critiques)

 
Les thèmes que nous pouvons aborder sont :
– Médecines « alternatives », Bien-être, développement personnel, soin, comment s’y retrouver ?
– Thérapies non conventionnelles, quelles joies, quels dangers ?
– Pourquoi a-t-on tellement envie de se tourner vers les médecines « douces » ?
– Thérapies et dérives sectaires : quels risques ?
– Entre médecines « douces » et industries pharmaceutiques, quelles solutions ?
– L’homéopathie : quels enjeux ?
– Les élixirs floraux de Bach
– Les dérives de la médecine quantique
 
 

corteX acupuncture

Faire un atelier-débat – médecines « douces », « alternatives »…

J’ai en face de moi une quarantaine d’étudiants, quelques doctorants et quelques chercheurs, donc d’un niveau relativement élevé, ce qui facilite un peu la tâche : je n’aurai pas à déconstruire l’idée que notre propre témoignage lors d’une guérison ne fait pas office de preuve, ce qui est déjà un saut de franchi.

 Je mise sur deux idées-force :

  • Amener le groupe à se poser la question suivante : qu’est-ce qui amène les patients vers des pratiques « alternatives », « alternatives » à quoi ? Bribes de réponses : les alternatives recherchées ont de fortes chances d’être des alternatives à

– la prise en charge froide et mécanique du médecin

– le manque de considération de la personne et à l’arrogance médicale

– la mainmise des industries pharmaceutiques sur les formations médicales

– le manque de « sens » à donner à la maladie (1).

  • Amener la réflexion sur ce qui est acceptable de ce qui ne l’est pas, et quel curseur prend-on ? Est-ce le fait d’être payé pour une thérapie fantaisiste qui est choquant ? La gratuité l’est-elle moins ? Est-il utile de parler de bonne foi / mauvaise foi ? En sous-jacence, je souhaite amener le groupe à appréhender que sans la notion d’efficacité de la technique proposée, il ne peut y avoir de choix éclairé.

Pour lancer le sujet, j’ai comme de coutume préparé deux fois trop de documents, et n’en ai passé que 4, bien répartis.

1) J’ai d’abord passé un extrait d’Envoyé Spécial consacré à des techniques telles que massage par les couleurs, hydrothérapie du colon et sauna à l’infra-rouge, assez facilement critiquables,car je voulais un spectre assez large pour démarrer la discussion (2).

Télécharger ici

2) Un extrait du Droit de savoir consacré à la kinésiologie et à l’emploi du fameux TM, ou Test Musculaire, que l’on retrouve également dans les variantes d’arts martiaux ou dans le fameux bracelet d’équilibre tel PowerBalance.

Télécharger ici.

3) Puis j’ai passé les deux documents suivants d’affilée, en demandant quels sont les points communs entre les deux « prétentions scientifiques » assénées.  Le premier est un témoignage de Jean Roulet, bouilleur de cru savoyard, vantant les mérites de la gnôle.

Télécharger ici.

Le second est un incident advenu pendant les Victoires de la musique 2007 : un homme vient perturber une chanson pour délivrer un message sur le fait que la cure Breuss guérit tous les cancers, ainsi que la vitamine C à fortes doses (3)  Télécharger ici.

Les discussions allant bon train, je n’ai pas eu le temps de placer d’autres films- et c’est plutôt bon signe, ces vidéos ne venant qu’amorcer les débats.

Savoir si j’ai rempli mon objectif ce jour-là (ou lors d’un midi critique très voisin, en novembre 2009, qui s’intitulait « Les médecines douces sont-elles des « alternatives » ?« , il faut le demander au public. Bien sûr, je me méfie du fait que toutes celles et ceux qui viennent me voir sont contents (biais de validation subjectif + tri des données du fait que les mécontents ne viendront pas me voir).

Richard Monvoisin

(1) Sachant que hélas, la maladie n’a pas de sens en soi. La science peut dire « comment », mais ne peut pas dire « pourquoi » quelque chose arrive. C’est assez insatisfaisant quand la maladie nous tombe dessus, d’où cette soif de « réponse » du type : « qu’ai-je fait au bon dieu pour avoir ça ? »

(2) Je dois ce document à Franck Villard, de Chambéry, trésorier de l’Observatoire zététique. Mille mercis à lui.

(3) Pour en savoir un peu plus sur cette Cure Breuss, cliquez ici. Sur vitamine C et cancer, on ira voir notre excellent partenaire Hoaxbuster et cet article Médecine, santé – La Vitamine C stimule… les idées reçues

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Philosophie critique – Jacques Bouveresse et son dernier ouvrage

Il est rare que des scientifiques parlent bien de philosophie, mais encore plus que des philosophes parlent bien de science. Jacques Bouveresse est de ceux-là. J’avais croisé le chemin de ses écrits étant tout jeune étudiant, juste après l’affaire Sokal et l’ouvrage majeur de J. Bricmont & A. Sokal, « Impostures intellectuelles« , (cf. Bibliotex). Il tranchait dans le décor : il fut un des rares philosophes à se positionner du côté des deux auteurs. J’avais alors fouillé un peu ses bouquins, et avait lu avec déléctation un ouvrage intitulé « Prodiges et vertiges de l’analogie« , certes un peu technique mais terriblement abrasif pour tous les faux penseurs qui font semblant de réfléchir en incrustant des équations saugrenues dans leurs théories sociales ou politiques, et qu’on ne saurait trop recommander aux mathématiciens, mais aussi à tous ceux qui voient passer des arguments basés sur le théorème de Gödel.
De la pure auto-défense intellectuelle en boîte, jusque dans ses prises de positions publiques. A titre d’anecdote, le 14 juillet 2010, la ministre Valérie Pécresse a tenté de lui épingler une légion d’honneur à son insu.
Voici la teneur de sa réponse, publiée par l’éditeur Agone*.

 

Lettre de Jacques Bouveresse à Mme Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur En réaction à l’attribution d’une Légion d’honneur qu’il n’a jamais demandée, Jacques Bouveresse nous [Agone] a transmis la lettre (en date du 17 juillet 2010) par laquelle il a refusé cet « honneur ».

Madame la ministre,

Je viens d’apprendre avec étonnement par la rumeur publique et par la presse une nouvelle que m’a confirmée la lecture du Journal officiel du 14 juillet, à savoir que je figurais dans la liste des promus de la Légion d’honneur, sous la rubrique de votre ministère, avec le grade de chevalier.

Or non seulement je n’ai jamais sollicité de quelque façon que ce soit une distinction de cette sorte, mais j’ai au contraire fait savoir clairement, la première fois que la question s’est posée, il y a bien des années [Il s’agissait alors d’une proposition émanant du ministre socialiste Jack Lang. [ndlr], et à nouveau peu de temps après avoir été élu au Collège de France, en 1995, que je ne souhaitais en aucun cas recevoir de distinctions de ce genre. Si j’avais été informé de vos intentions, j’aurais pu aisément vous préciser que je n’ai pas changé d’attitude sur ce point et que je souhaite plus que jamais que ma volonté soit respectée.

Il ne peut, dans ces conditions, être question en aucun cas pour moi d’accepter la distinction qui m’est proposée et – vous me pardonnerez, je l’espère, de vous le dire avec franchise – certainement encore moins d’un gouvernement comme celui auquel vous appartenez, dont tout me sépare radicalement et dont la politique adoptée à l’égard de l’Éducation nationale et de la question des services publics en général me semble particulièrement inacceptable.

J’ose espérer, par conséquent, que vous voudrez bien considérer cette lettre comme l’expression de mon refus ferme et définitif d’accepter l’honneur supposé qui m’est fait en l’occurrence et prendre les mesures nécessaires pour qu’il en soit tenu compte.

En vous remerciant d’avance, je vous prie, Madame la ministre, d’agréer l’expression de mes sentiments les plus respectueux. Jacques Bouveresse

Le 17 février 2011 est sorti son dernier livre, « Que peut-on faire de la religion ?« , suivi de deux fragments inedits de Ludwig Wittgenstein presentés par Ilse Somavilla.

Jacques Bouveresse poursuit la réflexion sur les relations entre raison et croyance religieuse qu’il a engagée dans « Peut-on ne pas croire ? Sur la verite, la croyance et la foi » (Agone, 2007). Il se confronte ici aux idees de deux penseurs majeurs du XXe siecle, Bertrand Russell et Ludwig Wittgenstein, pour qui le rejet de toute religion instituée et des diverses formes d’irrationalisme n’est pas incompatible avec une comprehension de l’experience religieuse. « Dans le domaine des emotions, declarait Bertrand Russell, je ne nie pas la valeur des experiences qui ont donné naissance à la religion. Mais pour parvenir à la verité je ne peux admettre aucune autre methode que celle de la science. » Aux yeux de Wittgenstein, au contraire, l’ideal religieux etait la lumiere la plus pure par laquelle nous puissions aspirer à etre eclairés, et les Hommes qui vivent dans la culture de la rationalité conquerante et du progrès indéfini ont besoin d’apprendre que ceux-ci colorent les objets de leur monde d’une couleur déterminée, qui ne constitue qu’un assombrissement.

Collection Banc d’essais, 192 pages, 19 euros
http://atheles.org/agone/bancdessais/quepeutonfairedelareligion/

Jacques Bouveresse aux editions Agone:
http://atheles.org/trouver?main=recherche&ref_editeur=1&cherche=bouveresse&go=Chercher

On pourra également lire

et voir l’excellent DVD contenant deux documentaires : Le besoin de croyance et le besoin de vérité et Les intellectuels et les médias avec en supplément Pierre Bourdieu et le regard méchant de la science.

Février 2011 Le CorteX dans les Actualités de l'Université de Grenoble

L’Université Joseph Fourier de Grenoble annonce la naissance du CorteX dans ses actualités.

http://www.ujf-grenoble.fr


Naissance du collectif CorteX

10 février 2011
Le Collectif de recherche transdisciplinaire esprit critique & sciences (CorteX) vous invite à le rejoindre sur son nouveau site internet.

Collectif d’enseignement et de recherche sur la transmission de l’esprit critique dans les domaines scientifiques, le CorteX est né en 2010 à l’Université de Grenoble à l’initiative de cinq formateurs professionnels. Il a pour objectif de mettre à disposition les travaux de tous les acteurs (enseignants, chercheurs, étudiants) travaillant sur la pensée critique et ses multiples facettes, quelle que soit leur origine disciplinaire ou leur université. Depuis le mois de décembre dernier, le collectif vous propose de le retrouver sur son site Internet (lire la suite)

 

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23 février 2011 – cours démarche critique pour Master 1 kiné, Grenoble

CorteX_logochuLors de ce deuxième séminaire de recherche, Richard Monvoisin a été chargé de donner aux professionnels kinésithérapeutes venus de France et de Navare une méthodologie critique et zététique sur les pseudomédecines. Nous aborderons ici la question des protocoles expérimentaux, avec des exemples tirés du « magnétisme », de la kinésiologie, des techniques manuelles étranges et du fameux bracelet Powerbalance.
Pour les interactions CorteX – Ecole de kinésithérapie  du CHU de Grenoble, voir ici.
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23 février 2011 – cours N°2 démarche critique pour Master 1 kiné, Grenoble

Lors de ce second séminaire, Richard Monvoisin est chargé de donner aux professionnels kinésithérapeutes venus de France et de Navarre des éléments de méthodologie critique et zététique sur les pseudomédecines.

Après avoir abordé lors du premier cours les médecines « douces », et illustré les problèmes posés avec la théorie de l »homéopathie, sont abordés dans ce deuxième cours les techniques manuelles et certaines dérives qui ne manquent pas d’apparaître. Nous examinons quelques protocoles expérimentaux avec des exemples simples (magnétiseur, kinésiologie, PowerBalance).

Le troisième cours a été mené par Nicolas Gaillard, et plonge dans la réflexion sur les soins dits « psychologiques » ou « psychiques » liés aux techniques manuelles.

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Pour les interactions CorteX – Ecole de kinésithérapie  du CHU de Grenoble, voir ici.

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16 février 2011 Univ. Grenoble – Midi critique N°1 – Pourquoi choisir les médecines "douces" ?

La saison 4 de midis critiques démarre avec un sujet somme toute assez classique : pourquoi choisir les médecines « douces » ?

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Le principe : venir avec un paquet de documents vidéos ou sonores sous le bras, durant le temps de midi, à l’Espace Vie Etudiants (EVE), sur le campus de Grenoble, et stimuler le débat. Un cadre informel, donc, pour pousser la réflexion rationnelle tous ensemble sur des sujets de société. Richard Monvoisin animera le sujet avec force gesticulations.
Merci à EVE pour l’accueil !
Je mettrai en ligne ici la liste des documents que j’aurai utilisés. Ainsi, quiconque le souhaite pourra improviser son propre Midi (ou soir) critique chez lui, au travail, à la fac, dans les bois.
N’oublions pas : l’esprit critique ne s’use que si l’on ne s’en sert pas !
 

RM