Le rapport douteux 2026 (compte-rendu de l’École Douteuse du CORTECS)

Cet été 2026 a eu lieu la deuxième édition de l’École Douteuse, l’école d’été du CORTECS. La première ayant été un franc succès (voyez plutôt le compte-rendu de l’édition 2025), nous avons décidé de remettre ça !

Tout comme l’an dernier, c’est un gîte alpin qui nous a accueilli·es. Nous étions une vingtaine, entre les membres du CORTECS, les profs et les participant·es, à partager de passionnantes discussions sur l’esprit critique et des moments de vie pendant 5 jours. Voilà quelques bribes de cette aventure intellectuelle et humaine.

Nos profs

Chaque matin, au son approximatif du jingle de la panthère rose, nous nous réunissions dans une salle de cours improvisée pour nous enrichir des savoirs de nos profs invité·es : Denis Caroti, Gaëlle Marinthe, Clara Egger et Raul Magni-Berton. Et comme il restait de la place dans les créneaux de cours, nous avons demandé à Richard Monvoisin de nous dire quelques mots, ainsi qu’à deux membres du Cortecs, Delphine Toquet et Jérémy Attard.

Les cours ont été enregistrés (tant bien que mal, on s’excuse pour ça!) pour en faire profiter toute personne curieuse :

Les participations au bouillon de savoir

Participer à l’École Douteuse, c’est un engagement à douter ensemble ! Nous avions demandé aux participant·es de nous préparer une présentation suivie d’un échange, en lien avec l’esprit critique. En voilà un aperçu :

  • Le langage comme véhicule de nos représentations spécistes (Chloé Routa)
  • Témoignage d’un vécu dans l’univers des soins ésotériques, et propositions d’un « bien-être rationnel » (Isabelle Fernandez-Martinez, alias Cercle du bien-être rationnel)
  • Expérience de micro-politique : comment décide-t-on ? (Sylvain Peterlongo)
  • Retours sur les enseignements de pensée critique en école de kiné (Régis Combes)
  • Réduction des risques liés aux consommations de drogues (Damien Betti)
  • Pourquoi arrêter d’utiliser le terme « esprit critique » (Hugo Lagouge, alias Tranxen)
  • Quel avenir pour les animaux, entre écologisme et technologie (Raimon Sabater)
  • Contre-critique de la distinction nature/culture, et réhabilitation (Marion Gary)
  • Retournement de l’esthétique de l’ingénieur comme outil critique et politique (Malo Le Tallec)
  • L’esprit critique mène-t-il nécessairement à rejeter l’essentialisme et les rapports sociaux de domination ? (Timothée Guilhermet)

L’auto-gestion, ça s’organise

L’École Douteuse, c’est beaucoup de cours et de présentations, mais aussi beaucoup de temps non planifiés, où l’on laisse chacun·e faire sa vie. Naturellement, nous avons frôlé l’indigestion de discussions philosophique, scientifique, politique, etc. Mais nous avons aussi fait la sieste, joué au ping-pong, marché dans la montagne (en philosophant), lu à l’ombre des arbres, joué de la musique, ou encore mangé du chocolat.

Vivien Soldé, membre du Cortecs et de Cinétique, nous a proposé une soirée ciné-critique dont il a le secret, avec du pop-corn et en plein air s’il vous plaît ! Au menu : les court-métrages d’animation Blind eye et Déjeuner sur l’herbe, puis le film Agora (Alejandro Amenàbar), et enfin le cinéma de minuit pour les invincibles cinéphiles !

Le chef Jérémy Attard nous a régalé avec ses pizzas, pour lesquelles tout le monde a littéralement mis la main à la pâte. Profitons-en pour dire que presque toute la nourriture du séjour était végétale (sans aucun produit animal) par défaut, avec quelques petites exceptions végétariennes (œufs, lait, beurre… mais pas de chair). Loin d’être anodin, ou une simple adaptation à des régimes alimentaires, ce choix est politique, c’est une mise en pratique des idées antispécistes (et on vous garanti qu’on s’est régalé·es).

Enfin, il faut dire qu’il n’y a rien d’évident à vivre à 20 personnes, que ce soit avec un programme ou avec du temps libre, pendant une semaine. Les personnalités de chacun·e, les besoins spécifiques, les tâches nécessaires au bon fonctionnement du groupe et des activités, tout ça peut causer bien des tensions. Et à moins que nous ayons raté quelque chose, nous pouvons féliciter tout le monde pour ce séjour qui fut très agréable, enrichissant, chaleureux. Le Cortecs a organisé beaucoup de choses en amont certes, et nos profs et participant·es ont mis une formidable énergie et une sincérité à faire que tout roule pour le mieux. Merci !

Au Cortecs, nous sommes convaincu·es de ce format. Il semble que nous ayons trouvé les conditions pour s’enrichir intellectuellement dans une ambiance de vacances, en donnant une place à chacun·e.
Soyez aux aguets de la prochaine édition si ça pique votre intérêt…