Examen de « zététique & autodéfense intellectuelle », mai 2015. Essayez !

Voici l’examen de l’unité d’enseignement Zététique & Autodéfense intellectuelle, ouverte aux licences 1 et 2 toutes disciplines à l’Université Grenoble Alpes. Auriez-vous eu une bonne note ? Vous avez deux heures, tous documents papier autorisés.

Documents autorisés / Ordinateurs, tablettes, smartphones non autorisées (car tout le monde n’est pas équipé de la même façon). Le corrigé est ici

Cours (5 points)

Question 1 (3 points)

Igor et Grishka Bogdanoff affirment que les lois de notre univers sont trop précises pour être apparues par hasard ou par accident. Par conséquent, l’univers doit avoir été créé par un être intelligent, pourquoi pas Dieu. Avons-nous affaire à une théorie scientifique ? Justifiez votre réponse.

Question 2 (2 points)

2) Quel est l’intérêt pédagogique et intellectuel du Monstre en spaghetti volant (Flying spaghetti Monster) ?

Thérapie (6 points)

Question 1 (3 points)

Le naturopathe autrichien Rudolf Breuss a développé dans les années 80 une cure contre le cancer appelée cure Breuss. Son principe est le suivant : faire « mourir le cancer de faim », en de donnant au malade que des jus de légumes (et un peu de tisane) pendant 42 jours. Dans son livre Krebs. Leukämie und andere scheinbar unheilbare Krankheiten, il affirme

  • qu’il s’agit d’une guérison naturelle,

  • que 100 % des gens qui l’utilisent sont satisfaits.

Quelles critiques pouvez-vous faire de ces deux affirmations ?

Question 2 (3 points)

Un de vos amis vous dit ceci :

« C’est fou, je me suis brûlé la main avec une casserole d’eau bouillante, j’ai téléphoné à un barreur de feu et hop ! Non seulement la douleur est partie rapidement, mais en outre je n’ai pas eu de cicatrice. C’est incroyable, mais les barreurs de feu, ça marche ».

Votre ami a-t-il raison ? Justifiez votre réponse.

Protocoles expérimentaux (5 points)

Question (1,5 points)

Un monsieur vous dit que chaque fois qu’il est seul, des esprits de défunts lui parlent dans sa tête. Quel type de protocole expérimental zététique mettriez-vous en place pour vérifier l’affirmation de ce monsieur ?

Question 2 (3,5 points)

Une dame vous dit être capable, avec sa baguette de sourcier, de deviner où il y a de l’eau sur n’importe quel terrain. Il lui suffit de se promener, et la baguette lui indique l’endroit. « Selon les mouvements de la baguette, je peux même donner la profondeur ». Quel type de protocole expérimental zététique mettriez-vous en place pour vérifier la capacité de la dame ?

Analyse de titres de presse (5 points)

Quelles critiques peut-on faire aux titres de presse suivants ?

  • Le sort s’acharne-t-il encore sur le Népal ?, Ismaël Karakawiwo’ole, Rainbow Press, 1er mai 2015

  • Hypnose : science ou arnaque ?, Alain Guillebot, Sciences & Avenir, mars 2015

  • Les grévistes de la RATP prennent encore en otage les parisiens, Mrkev Denisova, DNES, 14 février 2015

  • On pense avoir trouvé le gène de la violence, Lucas Bécou, Périgord sciences, décembre 2014

  • Les femmes sont sensibles, c’est leur nature, Virgolette Virrone, Freudismeonline.com, mars 2015

Bon courage ! Que l’esprit critique vous accompagne.

Le corrigé est ici.

Richard Monvoisin

Échantillonnage, loi binomiale et zététique, par Louis Paternault

Il n’est pas toujours évident, pour un enseignant du secondaire, de glisser des séances d’esprit critique dans des cours disciplinaires au programme toujours très dense. Louis Paternault, professeur de mathématiques en lycée, a relevé le défi en s’inspirant d’un passage de l’ouvrage d’Henri Broch et Georges Charpak, Devenez sorciers, devenez savants, et en s’appuyant sur les notions d’échantillonnage et de loi binomiale au programme de première S pour développer une activité pédagogique riche sur l’analyse d’une prétention d’un don de voyance : une personne qui aurait prévu 33 séismes sur 196 pourrait-elle prétendre à une capacité particulière ?
Nous reproduisons ici l’article publié sur son blog.
Si vous vous inspirez de ce travail, n’oubliez pas de nous faire part de vos retours !

Ce document s’adresse à des professeurs de mathématiques de lycée, afin d’être enrichi et réutilisé dans les classes de ces derniers. Il décrit une séance faite avec une première S, utilisant la zététique comme support pour aborder la notion d’échantillonnage avec la loi binomiale. Les mêmes notions étant également au programme de première ES et L, il doit être possible d’adapter le document pour ces niveaux.

Objectifs

Mathématiques

Cette séance introduit la partie du programme concernant l’échantillonnage : la capacité attendue du programme est « exploiter l’intervalle de fluctuation à un seuil donné, déterminé à l’aide de la loi binomiale, pour rejeter ou non une hypothèse sur une proportion. »

Elle permet du travail en salle informatique, exploitant le tableur au service de la recherche mathématique.

Zététique

Cette séance vise à montrer comment les outils mathématiques vus en classe de première (en particulier l’échantillonnage) permettent de porter un regard critique sur la société qui nous entoure, et en particulier sur les pseudo-sciences.

  • Cet objectif s’inscrit également dans le cadre du programme officiel, en participant à « donner à chaque élève la culture mathématique indispensable pour sa vie de citoyen ».
  • Cette activité permet également de poursuivre le développement de la compétence du socle commun : « L’appréhension rationnelle des choses développe les attitudes suivantes : […] l’esprit critique : distinction entre le prouvé, le probable ou l’incertain, la prédiction et la prévision, situation d’un résultat ou d’une information dans son contexte […]. »

 

Énoncé et corrigé de l’activité

Voici les fichiers utilisés pour cette séance. Pour les fichiers en pdf, la source en LaTeX est également disponible sur demande ou sur le blog de Louis Paternault.

Contexte

Professionnel

Je n’ai fait cette activité qu’une seule fois ; je la referai si mon affectation le permet. Je n’ai donc pas encore pu améliorer cette activité en prenant en compte l’évaluation de ces deux séances.

Ce travail a eu lieu pendant mon année de stage où ma gestion de classe était en cours d’acquisition. Ceci, ajouté à la période de l’année où a eu lieu ce travail (avant-dernière et dernière séances), fait que l’attention de mes élèves était loin d’être maximale.

Mathématiques

Cette séance a eu lieu en toute fin d’année (avant-dernière séance, et une tentative de bilan en dernière séance). Elle a pris place en dernière partie du dernier chapitre de la progression (loi binomiale). Les élèves connaissaient donc la loi binomiale, même si ce savoir était tout récent.

Ils avaient déjà manipulé le tableur, avec moi, ainsi que les années précédentes.

Zététique

Je n’avais jamais abordé ce type de sujet, et ils n’avaient (à ma connaissance) jamais fait ou entendu parler de zététique.

Séances

Cette activité s’est déroulée en deux temps.

Une première séance a eu lieu en demi-groupes, en salle informatique. Les élèves travaillaient à deux sur un poste, et ont suivi l’énoncé, en prenant des notes dans leur cahier d’exercices. Je leur ai laissé peu de temps de réflexion pour la première partie, que nous avons vite corrigée ensemble, le but étant de leur laisser davantage de temps sur les parties suivantes. Nous sommes arrivés au bout de la troisième partie, et je leur ai distribué un support de cours pour institutionnaliser les savoirs vus dans la séance. Malheureusement, par manque de temps, la troisième partie a été trop vite faite : la question 1 a été survolée, et nous n’avons pas pris le temps de réfléchir à la troisième question.

Un bilan de cette séance a été fait au début de la séance suivante. J’ai présenté à nouveau la démarche, ajoutant la courbe de Gauß pour visualiser de manière différente les résultats, et ré-expliquer les conclusions.

Évaluation

Cette activité est très adaptée aux deux objectifs (mathématiques et zététique). Malheureusement, il est souvent difficile de proposer du contenu non strictement mathématique par manque de temps. Ces séances, en revanche, utilisent la zététique au service des notions mathématiques du programme, et l’aspect esprit critique ne constitue pas une « perte de temps » par rapport au reste du programme.

Les élèves ont assez peu réagi au travail effectué, et je ne suis pas sûr que les notions de zététique aient été acquises, pour deux raisons. D’une part, comme dit plus haut, l’attention n’était pas très bonne. D’autre part, le contenu mathématique abordé était assez dense pour une seule séance, donc il devait rester assez peu de disponibilité d’esprit pour des éléments qui peuvent paraître secondaires aux yeux des élèves.

L’aspect zététique de ce travail aurait pu donner lieu à des discussions. Le cadre du bilan, qui a eu lieu pendant la dernière séance de l’année, aurait pu être l’occasion de discuter davantage. J’ai vu que la conclusion en double négation (« Ce travail ne permet pas de conclure que les prédictions ne sont pas dues au hasard ») a posé problème, sans pouvoir y répondre. Cela aurait pourtant été l’occasion d’introduire la règle disant que « la charge de la preuve incombe à celui ou celle qui prétend ».

Améliorations envisagées

Voici ce que je modifierai lorsque je referai cette activité.

Le travail doit être étalé sur plus de séances, pour être moins dense et pour que l’aspect zététique soit davantage acquis. La première partie de l’activité peut être faite plus en autonomie, puisqu’elle ne met en jeu que des savoirs qui n’ont rien de nouveau par rapport au reste du chapitre. Pour alléger la séance informatique, il pourra être utile de leur faire faire ce travail en devoir à la maison (évalué si c’est une motivation nécessaire), ou lors d’une séance précédente, en classe. Le bilan peut être l’occasion de discussions ou de travaux supplémentaires sur la zététique. La forme et le contenu sont laissés au lecteur patient.

Dans la seconde question de la troisième partie, on passe des effectifs aux fréquences pour manipuler les données. Bien que cela corresponde au programme, il pourra être utile de ne pas manipuler des fréquences, puisque leur utilisation introduit un calcul supplémentaire qui ajoute encore un peu de complexité.

Pour travailler la notion de preuve, il pourra être utile de demander aux élèves, en amont ou en aval de ce travail, de prouver la non-existence du Père-Noël, pour leur montrer que tous leurs arguments peuvent être réfutés, qu’il n’est pas possible de prouver la non-existence de quelque chose, et donc que la charge de la preuve incombe à celui ou celle qui affirme.

Licence

Ce document, ainsi que les documents joints, sont publiés sous licence Creative Commons Attribution-ShareAlike 4.0 International (CC BY-SA 4.0).

Louis Paternault, professeur de mathématiques

Examen sur table de zététique : vous voulez essayer ?

CorteX_Monvoisin_petit_cerveauMardi 16 décembre 2014, 278 étudiant-es de l’Université de Grenoble ont eu deux heures pour en découdre avec l’examen qui suit. Vous voulez essayer ?
Tout document était autorisé. Seules les tablettes, téléphones et autres connectiques étaient refusées, dans la mesure où tout le monde n’est pas équipé de la même manière. Il y avait deux heures pour en découdre. Voici l’énoncé complet et son barème. Top chrono.

UET Zététique & Autodéfense intellectuelle
Richard Monvoisin

Table des matières

  • Cours (5 points)
  • Protocoles expérimentaux (5 points)
  • Thérapie (6 points)
  • Analyse de titres de presse (3 points)
  • Énigme zoologique (2 points)
    (Barème sur 21 points)

Cours

Quelles sont les différences fondamentales entre croire (en la gravitation, en l’évolution, en la tectonique des plaques…) et croire (en Dieu, en une volonté cosmique) et quels sont les risques à mélanger ces deux formes de croyance ?

Certains penseurs font l’hypothèse d’une volonté cosmique guidant l’évolution de tout l’univers depuis le début. En quoi le rasoir de Guillaume d’Occam nous est-il utile sur ce point ?

En quoi les deux affirmations suivantes posent-t-elles problème ?

« Comme tout dépend des yeux de l’expérimentateur, aucun énoncé n’est objectif. Donc les discours scientifiques ne sont pas différents des discours culturels : le Big Bang n’a pas plus de réalité que Atlas portant le monde sur ses épaules, ou le disque-monde porté par quatre éléphants, eux-mêmes portés par une tortue gigantesque navigant lentement dans le cosmos. La science n’est qu’une question de point de vue. Au fond, elle est une religion comme une autre, avec son propre clergé : les scientifiques. » Julian Peneck, You couldn’t die from tuberculosis before 1882, Oxvard, 2004.

« Franchement, Assassin’s creed Unit, le Métronome de Lórant Deutsch, Tintin au Congo, etc. ce ne sont que des œuvres d’art. Donc ce n’est pas bien grave si leurs auteurs déforment ou ont déformé la réalité historique. De toute façon, l’histoire est subjective en soi, et il y aura autant d’histoires différentes que de gens pour les raconter ». Guillermó Manillar, Epistemológicamente sin límites, Ed. el viejo topo, 3.12.2014.

 

Protocoles expérimentaux 

Un ami vous dit être capable de savoir à coup sûr si une femme enceinte attend une fille ou un garçon au moyen d’un pendule, qu’il fait tourner sur le ventre de la future maman. Lorsque son pendule tourne dans le sens des aiguilles d’une montre, c’est qu’il s’agira d’une fille, sinon, d’un garçon. Quel type de protocole expérimental zététique mettriez-vous en place pour tester la capacité de votre ami ?

Un (autre) ami vous dit être capable de savoir à coup sûr si une maison est habitée par un revenant (esprit d’un défunt mort dans cette maison) ou non, au moyen d’un pendule qu’il fait tourner sur la photographie de la maison. Lorsque son pendule tourne dans le sens des aiguilles d’une montre, c’est qu’il y a un revenant. Quel type de protocole expérimental zététique mettriez-vous en place pour tester la capacité de votre ami ?

Thérapie

Lors d’un repas, un proche de la famille vous raconte l’affaire suivante : « alors que chaque hiver, je suis sujet à des grippes, cette année j’ai suivi les conseils de mon pharmacien, et j’ai pris de l’homéopathie, en l’occurrence Oscillococcinum®. Et figure-toi que je n’ai pas été malade ! C’est fou, non ? Ma cousine, pareil. Pas un rhume, rien ! Alors on peut dire ce qu’on veut, ça marche. Et pour ceux pour qui ça ne marche pas, au moins ça ne leur fait pas de mal. De toute façon, c’est toujours mieux que de prendre des antibiotiques. »

Quelle analyse zététique faites-vous de ses propos ?

Analyse de titres de presse

Quelles critiques peut-on faire aux titres de presse suivants ?

  • Y a-t-il une malédiction africaine ? par Dov Zerah, Financial Afrik, 29 septembre 2014
  • L’Occident ne tiendra-t-il donc pas le choc des civilisations ?, par Franz-Olivier Biesgert, Le Point, 29 novembre 2014
  • Jeunes partant faire terroristes en Syrie : faut-il les punir ou les enfermer ?, par Garla Gregger, Das ArX-Lor, 2 décembre 2014

Énigme zoologique

À l’état sauvage, certains éléphanteaux sont porteurs de l’allèle d’un gène qui prévient la formation des défenses. Les scientifiques ont constaté récemment que de plus en plus d’éléphanteaux naissaient porteurs de cet allèle de gène (ils n’auront donc pas de défenses devenus adultes). Quelle explication donnez-vous à cette situation ?

Bon courage !
Richard Monvoisin

 

Le corrigé est ici.

Ateliers Zététique et esprit critique au collège

Cette année, nous avons eu l’occasion de travailler avec plusieurs enseignant·e·s souhaitant intégrer des séquences de zététique dans leurs cours. Voici le descriptif de ces ateliers effectués au collège Marie Laurencin, à Marseille, dans les cours de Nathalie Crouzet (physique-chimie) et chapeautés par Denis Caroti.

Le contexte

Depuis la rentrée 2013, un dispositif expérimental a été mis en place au collège Marie Laurencin (établissement ZEP) et permettant de former des groupes de travail allégés, tous les après-midi de la semaine. Ce cadre favorable a donné l’idée à Nathalie de monter des séquences de zététique avec ses élèves de 5ème et 3ème. Après quelques rencontres de préparations pour cerner ses objectifs et les sujets à traiter, nous avons décidé de consacrer 4 ateliers pour les groupes de 5ème et 3 ateliers pour le 3ème. Chaque atelier avait une durée de 45 minutes, voici le détail de chacun.

Premier atelier en 5ème : nos sens nous trompent !

Contexte : pour les besoins de la séquence, toute la classe était présente, soit 23 élèves environ.

Durée : 1h30

Objectif : présenter la facette zététique et introduire la facette Nos sens nous trompent afin de relativiser la valeur d’un témoignage dans le cadre d’une recherche sur la réalité d’un phénomène.

Préparation : c’était ma première intervention, j’ai donc profité de celle-ci pour effectuer l’expérience de Bertram Forer pour tester la pertinence d’une description personnalisée (mais en réalité identique) pour chaque élève. Il a donc fallu leur demander quelques renseignements personnels lors d’un cours précédent (date et lieu de naissance, écrire à la main) pour préparer les enveloppes contenant la description.

Outils présentés : effet Barnum, illusions d’optique

Diaporama : à télécharger ici

Résumé distribué aux élèves : à télécharger ici

Déroulement

En arrivant, les élèves savaient simplement qu’ils allaient assister à un cours de zététique. Après une présentation rapide et assez vague, j’ai annoncé qu’ils allaient participer à une expérience très importante, consistant à étudier et noter la qualité d’une description de leur personnalité, grâce aux informations fournies la semaine précédente.

Remarque : l’ambiance doit être bien maîtrisée pendant la lecture de la description et il est fondamental d’insister sur le caractère formel de l’expérience : pas de triche, aucune parole, respect des consignes.

Au signal, chaque élève a ouvert son enveloppe et a lu le texte, puis a entouré la note (de 0 à 5) et l’appréciation qu’il souhaitait lui attribuer.

La moyenne de la classe a été de 4,1/5 et le dénouement spectaculaire (lecture à haute voix de la description par un·e élève ayant attribué la note maximale à la description) a permis de lancer la séquence dans les meilleures conditions.

Après explications sur l’expérience, j’ai ensuite présenté la thématique générale et nous avons enchaîné avec la première facette « un témoignage n’est pas une preuve. Mille non plus » (voir diaporama).

J’ai également diffusé un extrait du film réalisé par Patrick Jean Mirages, les pouvoirs de l’esprit (voir les autres vidéos de Lazarus) où l’on voit notre collègue et ami Stéphane Bollati faire une séance de cold reading (lecture à froid).

J’ai également diffusé le canular de J.Y. Lafesse :

A la fin de l’atelier, j’ai distribué un résumé de la séquence ainsi que la photocopie de l’illusion d’Adelson :

CorteX_illusion_Adelson

Illusion que l’on peut retrouver « en vrai » dans cette vidéo :

A télécharger ici : CorteX_Illusion_Adelson_video

Premier atelier en 3ème : un témoignage n’est pas une preuve

Contexte : une moitié de classe de 3ème (préalablement séparée en deux groupes de 12, Nathalie faisant les mêmes séquences avec l’autre moité)

Durée : 45 min

Préparation : aucune

Objectifs : sensibiliser les élèves à l’attitude de doute à avoir face à nos perceptions et aux témoignages dans le cadre d’une recherche sur les faits.

Outils : illusions d’optique, cécité au changement, charge de la preuve

Diaporama : à télécharger ici

Résumé distribué aux élèves : à télécharger ici

Déroulement

Après avoir présenté la zététique et ses objectifs, j’ai démarré avec les illusions d’optique. J’ai distribué l’illusion d’Adelson (voir-ci-dessus) pour découpage des cases A et B afin de vérifier l’affirmation qu’elles étaient de même couleur.

L’illusion du lac (ci-dessous) est un excellent moyen pour faire toucher du doigt l’idée que l’on peut être également trompé dans un contexte familier et réel.

CorteX_illusion_lac_montagne

J’ai terminé avec l’expérience du décompte des passes. Voici une manière de procéder :

1/ On présente la vidéo « The original selective attention task » en indiquant que deux équipes (habillées en blanc et en noir) vont se faire des passes avec deux ballons de basketball : l’objectif est de compter le nombre de passes qu’effectuent les blancs : « Qui trouvera le score exact ? ».
Il faut insister : « c’est une tâche complexe, le silence est donc requis ».

2/ La vidéo est diffusée. On demande ensuite, sans laisser le temps aux commentaires, qui a vu : moins de 12 passes, 12, 13, 14, 15, 16, 17, plus de 17 – ce qui permet de montrer qu’il y a déjà une discordance dans les réponses. La bonne réponse est alors donnée (15) puis on ajoute « avez-vous vu quelque-chose d’étrange ? » puis « avez-vous vu un gorille passer au milieu de la scène ? ».

3/ On repasse la vidéo pour prouver la présence du gorille.

4/ Si en préambule on s’aperçoit que les élèves connaissent cette vidéo, qui date de 1999, on présente une deuxième vidéo datée de 2010 : « The Monkey Business Illusion » est basée sur le même principe. Personne ne devrait rater le gorille mais cette fois plusieurs changements dans la scène (sortie d’un personnage, couleur des rideaux) auront échappé à une majorité de personnes.

6/ Faisant croire que l’on change de sujet, on diffuse la vidéo « Color changing card trick » de Richard Wiseman. Effet garanti.

1ère partie :

2ème partie

7/ On pourra, avec un groupe motivé, reproduire les deux expériences de cécité au changement suivantes :

– l’expérience de la bibliothèque,

– l’expérience de la porte, ou «door study».

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=FWSxSQsspiQ]

Pour aller plus loin : les travaux de DJ Simons : Simons, D.J. et Levin, D.T. (1997) Change blindnessTrends in Cognitive Sciences, 1(7), 261-267.

Deuxième atelier en 5ème et 3ème : l’alternative est féconde

Contexte : une moitié de la classe de 5ème (préalablement séparée en deux groupes de 12, Nathalie faisant les mêmes séquences avec l’autre moité). J’ai refait la même séquence avec le groupe de 3ème.

Durée : 45 min

Préparation : aucune

Objectifs : sensibiliser les élèves à la nécessité d’aller chercher des explications alternatives pour analyser un phénomène. Introduction du rasoir d’Occam.

Outils : l’alternative est féconde, rasoir d’Occam.

Diaporama : aucun

Résumé distribué aux élèves : à télécharger ici

Déroulement

J’ai tout d’abord commencé par rappeler que, si nos sens nous trompent, il ne faut pas pour autant jeter tous les témoignages à la poubelle. Mais pour savoir si un phénomène est réel ou pas, ces témoignages ne peuvent constituer une preuve solide. Pour aller plus loin, j’ai évoqué rapidement la question du niveau de preuve requis selon l’affirmation qui était avancée : affirmer que l’on a aperçu un kangourou voler dans le ciel de Martigues demande une preuve bien plus solide que l’affirmation « j’ai vu une voiture orange sur l’autoroute ».

J’ai ensuite démarré la séance avec la vidéo du célèbre hypnotiseur Franck Syx :

Télécharger ici

On peut également montrer celle-ci, dans laquelle l’hypnotiseur donne plus de détails :

[dailymotion id=xvkjbf]

J’ai ensuite demandé leurs avis aux élèves. On obtient plusieurs réactions, dont « c’est incroyable ! » ou « c’est bidon », ou encore « y a un truc ».

Face à un phénomène qui sort de l’ordinaire, une attitude rationnelle pour en connaître la cause consiste à rechercher d’autres alternatives et formuler des hypothèses explicatives. Ainsi, j’ai proposé aux élèves d’en formuler une chacun leur tour ce qui a donné : « l’animatrice est complice ; il y a un trucage vidéo ; il y a un trucage avec les tréteaux ; il ne monte pas vraiment dessus ; il y a un fil qui la maintient en l’air. »

Cette phase a nécessité au moins 5 minutes et, comme à chaque fois, un élève a pris la parole pour dire que, tout simplement, on pouvait y arriver sans être hypnotisé (souvent formulé autrement, par exemple « tout le monde peut le faire ! »

« Très bonne idée ! Prouve-le ! » ai-je rétorqué, ce qui a permis de passer à la phase de vérification : l’élève en question a été placé entre deux tréteaux, sans être hypnotisé évidemment, et on a fait monter un de ses camarades, debout, pieds posés sur son thorax et ses tibias. Les précautions d’usage étaient scrupuleusement respectées (élève sans problème au dos, épaules et bas des mollets posés sur les tréteaux maintenus par d’autres élèves pour éviter tout problème) et tout s’est passé sans souci, d’autres élèves souhaitant passer sur les tréteaux !

La conclusion est très importante à ce stade : nous ne venons pas de démontrer que l’hypnose n’existait pas, ou que Franck Syx n’avait pas la capacité de mettre un sujet en catalepsie, ou bien encore que tout ceci est un énorme canular organisé par M6. Non, nous avons seulement montré – ce qui est déjà énorme – que toutes ces hypothèses étaient inutiles pour expliquer le phénomène auquel nous avons assisté.

Un élève a alors fait remarquer que nous avions choisi une explication parmi d’autres, et qu’il ne comprenait pas pourquoi. Ce fut l’occasion d’évoquer le principe parcimonie (également nommé rasoir d’Occam), en utilisant la vidéo d’une publicité pour Canal+ :

« Quelle hypothèse vous semble la plus « simple », la moins coûteuse ? » ai-je demandé. Il semblait évident que, avant d’accepter une explication aussi extraordinaire et coûteuse que celle donnée par le jeune homme surpris dans l’armoire, l’hypothèse de l’adultère devait être privilégiée.

J’ai tenté d’insister sur la notion d’explication coûteuse versus parcimonieuse en évitant de recourir à l’adjectif « simple » (voir ici sur le rasoir d’Occam), mais il est toujours difficile de faire sentir les nuances entre des termes peu utilisés par les élèves. J’ai ainsi pu répondre à la question sur la catalepsie : nous pouvons nous tromper, mais en l’absence d’autres informations et en l’état actuel de ce qui est affirmé par l’hypnotiseur, nous devons choisir l’hypothèse d’une capacité ordinaire – mais surprenante – de tenir allongé entre deux tréteaux.

Troisième atelier en 3ème : le bizarre est possible

Contexte : une moitié de la classe de 3ème (même groupe qu’auparavant).

Durée : 45 min

Préparation : aucune

Objectifs : permettre aux élèves de toucher du doigt la notion de taille d’échantillon et de tri des données, interpréter les coïncidences sous un angle probabiliste.

Outils : le bizarre est possible, tri des données, taille d’échantillon

Diaporama : à télécharger ici

Résumé distribué aux élèves : à télécharger ici

Déroulement

J’ai démarré cette séance avec la vidéo ci-dessous (lancers de canettes) pour faire réagir les élèves, mais il est tout à fait possible d’en prendre une autre, comme la seconde par exemple (paniers de basket) :

Paniers de basket incroyables :

[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=3arMOg_W_lM]

A la vue de cette vidéo (lancers de canettes), les élèves ont eu deux réactions typiques : « les personnes filmées sont extrêmement douées » et « il y a un trucage vidéo ».

J’ai alors demandé de se remémorer la séance précédente, amenant les élèves à chercher d’autres alternatives. Une hypothèse a alors été formulée : « ils sont peut-être malins et ils se sont filmés plein de fois ! Puis ils ont gardé les vidéos qui marchaient…« .

J’ai alors évoqué la notion de taille de l’échantillon grâce à la vidéo suivante où l’on voit un lanceur de baseball frapper un oiseau en plein vol avec sa balle :

Lorsque l’on veut savoir si un événement est extraordinaire il faut comparer deux choses : la probabilité qu’il a de se produire avec le nombre de fois où ce phénomène s’est produit. Avec la vidéo sur l’oiseau on amène les élèves à exprimer clairement le fait qu’un nombre énorme de balles ont été lancées et filmées dans le monde entier ce qui, comparé à la probabilité estimée très faible que la balle arrive au même endroit et au même moment que l’oiseau, nuance grandement « l’extraordinarité » de l’événement.

On parle alors de tri des données puisque, parmi tous les événements (lancers de balle, lancers de canettes), on n’a retenu que celui ou ceux qui sortaient de l’ordinaire. J’ai pris deux exemples rapides : le loto et l’histoire de Paul le poulpe (voir diaporama)

En revenant sur les lancers de canettes, les élèves étaient d’accord pour dire que cette explication était moins coûteuse que les autres, ce qui m’a permis de proposer l’expérience suivante : quelle est la probabilité d’obtenir 7 fois « pile » consécutivement en lançant une pièce ? Le calcul est assez vite compris par les élèves : 1 chance sur 2 à chaque lancer, ce qui donne une probabilité de 1/128 = 0,0078, soit environ 0,78%. Moins d’une chance sur cent, c’est assez faible, et pour le faire vraiment sentir aux élèves je pose la question suivante : « si je vous demandais de penser à un nombre entre 1 et 128 et que je le découvrais, penseriez-vous que ce soit par hasard ? Il semble que non car il y a 128 possibilités ! » Les élèves saisissent ainsi les très faibles chances de réussir l’expérience.

Après quelques minutes de discussions, les élèves ont proposé de reproduire l’expérience plusieurs fois : en multipliant les tentatives, on aura d’autant plus de chance d’obtenir 7 fois « pile » de suite, ce que nous avons fait. En quelques minutes au moins un élève y est parvenu. J’avais également proposé de former des binômes, l’un étant chargé de filmer avec son téléphone les lancers de son camarade. Mais la fin de la séance était proche et nous avons simplement conclu : le bizarre est possible, attention au tri des données et pensons toujours à la taille d’échantillon.

Troisième atelier en 5ème : coïncidences extraordinaires ?

Contexte : une moitié de la classe de 5ème

Durée : 45 min

Préparation : aucune

Objectifs : permettre aux élèves de toucher du doigt la notion de taille d’échantillon et de tri des données, interpréter les coïncidences sous un angle probabiliste.

Outils : le bizarre est possible, tri des données, taille d’échantillon

Diaporama : à télécharger ici

Résumé distribué aux élèves : à télécharger ici

Déroulement

Cette séance a débuté comme celle réalisée avec les 3ème ce qui m’a permis d’introduire la notion de tri de données et taille d’échantillon (voir ci-dessus). Puis, au lieu de partir sur l’expérience des lancers de pièce, j’ai proposé aux élèves de revenir sur ce que l’on appelle habituellement les « coïncidences extraordinaires ». J’ai choisi celle des nombres récurrents 9 et 11 lors des attentats du World Trade Center. À titre d’exemples :

– La tragédie a eu lieu le 11 de Septembre, soit le 11/9 (1+1+9=11).

– La date coïncide avec le numéro des urgences 911 or 911= 9+1+1=11.

– Le 11 Septembre, est le 254ème jour de l’année soit : 2+5+4=11.

– À partir du 11 septembre il reste 111 jours jusqu’à la fin de l’année.

– « New York City » comporte 11 lettres.

– New York est l’état n°11 des USA.

– Afghanistan comporte 11 lettres.

– « The Pentagon » comporte 11 lettres.

– George W. Bush comporte 11 lettres.

– Les Twin Towers de part leur forme nous rappelle le 11.

J’ai alors fait remarquer que ces coïncidences semblaient trop surprenantes pour être dues au hasard (après vérification, il se peut d’ailleurs que certaines soient tout simplement fausses ou inventées). Puis j’ai demandé : « un peu comme la balle de baseball qui percute l’oiseau ? Comme les lancers de canettes ? Qu’oublie-t-on de regarder dans ces coïncidences avec les nombres 9 et 11 ? » Les élèves comprennent assez vite que nous n’avons pas cherché les non-coïncidences : tout ce qui ne colle pas avec ce nombre, comme par exemple la ville de New York, qui ne comporte pas 11 lettres.

Pour permettre de mieux comprendre ce tri des données, j’ai ensuite proposé l’expérience suivante aux élèves : « par binôme, vous devez trouver un maximum de coïncidences avec votre camarade. Jour, lieu, date de naissance, prénoms des parents, des frères et soeurs, adresse, couleur préférée, dernier film vu, date de naissance des membres de la famille, etc. » Pour pimenter un peu la recherche, j’ai indiqué que l’équipe qui trouverait le plus de coïncidences serait déclarée « l’équipe la plus extraordinaire de la classe ! ».

En quinze minutes, tous les binômes avaient trouvé au moins une dizaine de coïncidences…

Remarques complémentaires

Tout d’abord, on pourra trouver un grand nombre de ressources supplémentaires (vidéos et images) sur la page dédiée au livret Esprit critique es-tu là ? 30 activités zététique pour aiguiser son esprit critique.

Vous êtes enseignant·e et vous souhaitez faire la même chose ? N’hésitez pas à nous contacter. Vous avez déjà fait ce type d’ateliers ? Partagez-les en nous les signalant.

Contacts :

Le collectif CorteX : contact@cortecs.org

Denis Caroti : caroti@cortecs.org

Denis Caroti

Examen de zététique 2014

SisypheRemis le 22 avril 2014 aux étudiants de l’UET Zététique & Autodéfense intellectuelle (Grenoble), ce devoir à rendre le 6 mai 2014 réinvestit les connaissances acquises en cours. Vous voulez essayer ? Un corrigé sera disponible fin mai. 

Les consignes reçues par les étudiant-tes sont données à la fin.

I. Enquête

La colothérapie, la nouvelle thérapie qui STOPPE plus de 114 maladies en détoxifiant votre COLON (publicité réelle, composée de 10 pages scannées – Disponibles ici)

En vous appuyant sur votre outillage zététique, il vous est demandé de :

  • faire l’analyse des concepts centraux de la thérapie

  • évaluer la pertinence ou non de cette thérapie

  • rechercher s’il existe de vraies études scientifiques publiées dans des revues à referees

  • (la médecine n’étant pas votre spécialité) demander à un spécialiste de votre choix son avis.

  • pointer tous les biais argumentatifs, sophismes et effets possibles dans la plaquette ci-jointe

La démarche scientifique impose que vous donniez des références précises quand vous vous appuyez sur d’autres travaux.

 (5 points)

II. Décorticage d’un extrait du journal télévisé

Igor et Grishka Bogdanov au CERN, 11 juin 2010, France 2

(vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=A-w-Z_PR33o)

Faites l’analyse la plus approfondie possible SVP :

  • de la mise en scène

  • de la rhétorique

  • des biais de raisonnement.

(3 points)

III. Montage d’un protocole expérimental

Élaborez et réalisez une expérience rigoureuse sur le plan scientifique qui permet de comparer la sensibilité de l’un-e ou de plusieurs de vos amis à la différence entre deux produits – en précisant la puissance statistique de vos résultats.

Exemples de produits : Coca et Pepsi / Vache qui rit et Kiri / Deux vins de différente couleur / Bière blonde et bière brune / etc.

 (4 points)

IV. Recoupement de presse

Choisissez un sujet relevant des sciences politiques (conflit, affaire, géopolitique, discrimination…) dans un quotidien*, et comparez les variations de traitement dans au moins cinq autres journaux du même type (Ex : Libération, Le Monde, le Figaro, Herald Tribune, New York Times, Washington Post, El Pais, Frankfurter Zeitung, Corriere della Sera, Al Sahafa الصحافة, Komsomolskaïa Pravda Комсомо́льская пра́вда, dans la limite des langues que vous maîtrisez.

Il vous sera nécessaire de reproduire les articles, en les photocopiant / capturant et en les scannant, dans votre dossier final)

 * Version papier ou version numérique mais tous les journaux doivent tous relever du même support.

** à la même date, bien entendu.

(3 points)

V. Exposition sélective

Masaru Emoto est un japonais qui affirme que l’eau stocke les pensées positives ou négatives, par des processus quantiques. Ses affirmations font l’objet d’une grande promotion, bien que jamais n’ait été montré le début d’une preuve.

Dans le moteur de recherche Google, tapez Masaru Emoto et analysez les 8 premières pages, en classant ces pages selon la teneur : partisan de la « théorie » d’Emoto / critique de la « théorie » d’Emoto.

À quelle page parvient-on aux premières critiques en français ? Dans une autre langue ?

Obtient-on les mêmes résultats sur des ordinateurs différents ?

Choisissez un autre sujet pseudo-scientifique de votre choix (astrologie, crop circles, homéopathie…) et faites SVP le même travail.

(2 points)

VI. Analyse de texte

Faites une analyse zététique du texte suivant :

 « Le panda est une création tout à fait étrange, et inadaptée à son milieu : il ne sait manger que des feuilles de bambou, alors que son estomac est fait pour manger de la viande ; cela ne lui donne que très peu d’énergie pour se déplacer ou même copuler. Certains disent que ce fossile vivant est le chaînon manquant des ours, mais aucun fossile n’a jamais été découvert. Les évolutionnistes disent que sa seule stratégie fut de développer sa couleur pour mieux plaire à son partenaire sexuel, mais cette lecture est glaciale, comme l’est l’évolutionnisme qui est une sorte de religion ayant pour prophète Charles Darwin. En regardant les caractéristiques du panda, il est impossible que cette créature soit le fruit du hasard, car s’il avait fallu évaluer la probabilité de son apparition par hasard, celle-ci aurait été immensément faible. De même qu’une montre trouvée dans le désert ne s’explique pas par hasard et implique un horloger qui l’a fabriquée, de même il est certain que, Dieu ou pas, une volonté immanente a crée cet être improbable. Cela démontre qu’il y a une essence, une nature de chaque espèce, de même qu’il y a des natures délinquantes et d’autres non chez les Humains, ainsi qu’une nature féminine et une nature masculine, comme le montre l’instinct guerrier chez les Hommes et l’instinct maternel chez les Femmes ». .R Meinnachbach, Für eine erfolgreiche intellektuellen Betrug in der Frage der panda, Oxbridge Ed. 1974, pp. 274-275

(3 points)

Consignes

Ce travail peut être réalisé seul-e, à deux, trois ou quatre, moyennant que les noms (+ cursus + université) soient indiqués sur la copie.

Les critères d’évaluation sont les mêmes que vous soyez 1 ou 4, ceci afin de vous encourager à collaborer.

Il est attendu de vous :

– que vous soyez précis et rigoureux dans vos références, dans vos arguments, dans vos sources

– que vous réinvestissiez les outils méthodologiques du cours

– que vous justifiiez chacun des arguments que vous employez

– que vous fassiez appel à des spécialistes si vos compétences sont dépassées

– que vous rendiez le 6 mai une version papier reliée ou agrafée + une version informatique par mail.

Normalement, la copie type pour avoir tous les points fait environ 10 pages police Times New Roman 12.

Bon courage.

Richard Monvoisin

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2005 – 2015 Enseignement Zététique & Autodéfense intellectuelle – Licences Sciences

Créé en 2005 par Richard Monvoisin, sous l’impulsion de la chimiste Christel Routaboul et de l’astrophycienne Claudine Kahane, cet enseignement de 12 fois 2 heures inséré dans l’offre des unités d’enseignement d’ouverture (UEO), puis transversal (UET) s’adresse aux licences 1ère et 2ème année de sciences toutes disciplines, et les amène à élaborer un dossier d’investigation rigoureuse d’une affirmation scientifique controversé.

 

Un peu d’histoire

Jusqu’en 2009, l’enseignement s’appelait Zététique & approche scientifique du «paranormal». À l’instar des enseignements du professeur Henri Broch à l’Université de Nice – Sophia Antipolis, le cours était fortement axé sur l’analyse scientifique des prétentions « para normales » et des pseudosciences. À partir de la rentrée universitaire 2009-2010, pour sortir du  cadre paranormaliste, émarger sur des pseudo-sciences plus diverses (créationnismes, complotismes, usages frauduleux de l’histoire, etc.), et aborder la manufacture de l’opinion et la propagande, ce cours fut renommé Zététique & autodéfense intellectuelle.
En janvier 2013, à notre grande joie, cet enseignement est devenu accessible également à l’Université Pierre Mendès-France (Grenoble 2), réunissant donc des étudiants de sciences et de sciences sociales cassant un clivage disciplinaire injustifié. Depuis janvier 2014, les étudiants de Sciences po Grenoble peuvent également venir. Enfin, depuis septembre 2014, ce cours est ouvert également à l’Université Stendhal (Grenoble 3). Tous les étudiants de L1 et L2 peuvent donc le suivre, sans limite de place.

Quelques détails

amphi WeilCe cours a lieu le mardi après-midi, de 17h à 19h.

Auparavant au DLST (Département des Licences Sciences & Techniques, 480 avenue centrale, campus de Grenoble St Martin-d’Hères), il se déroule depuis septembre 2014 dans l’amphithéâtre Weil. Des intervenants extérieurs y sont parfois invités.

Dernière particularité : ce cours est volontairement ouvert à tout le monde, promeneurs et curieux compris (ce qui ne devrait pas être une particularité, l’université devant dans l’absolu être ouverte à tout le monde).

Thèmes des dossiers traités

Voici la liste complète des 269 dossiers étudiants rendus et soutenus dans le cadre de ce cours (jusqu’en 2012 – la suite est à venir=. Les dossiers, de qualité très variables (certains remarquables, d’autres franchement inutilisables) sont accessibles au Bureau CorteX, Bibliothèque Universitaire des Sciences, 1er étage, 40 avenue des mathématiques, à Saint-Martin d’Hères. Sur Rendez-Vous – contact @ cortecs.org

Saison 1 : décembre 2005 

CorteX_Grimoire
1.01 – La médecine nouvelle du docteur Hamer – Charlotte A., Laurence Cerantola, Aurélie Perchet
1.02 – Les larmes de sang – Roxane Duces, Ludovic Deroche, Astrid Tempestini
1.03 – Les dames blanches – Chrystelle Gelas, Morgan Rey
1.04 – L’hypnose : une fin thérapeutique…ou une escroquerie ? – Islem Ghazi, Lorène Billon, Iris Neyron
1.05 – Entretien avec une voyante – Thibauld Duhem, Jonathan Perrin, Pascal Buis
1.06 – Les feux de Saint Elme – Un phénomène de foudre en boule – Caroline Hantz, Benoit Bonnevie
1.07 – Les mécanismes du Vaudou – Damien Aubert, Christopher Dor, Gaël Fatou
1.08 – Jésus, les textes et l’Histoire – Alicia Rillh Giovanetti, Fabien Anthonioz
1.09 – Le Mothman – Florence Bertrand, Morgane Billaud – 1.10 – Les géoglyphes de Nazca – Kevin Effantin, Rachel Amous
1.11 – Sourcellerie – Nicolas Touzard, Rémy Lopez, Mathieu Rochette
1.12 – L’Atlantide – Yvan Bossavit, Vivien Mazet
1.13 – Anne D’Ambricourt Malassé : petit traité d’imposture scientifique – Étienne Delay, Adrien Devos
1.14 – Les coupeurs de feu – Adeline Rossillon, Virginie Thiebault
1.15 – La magie noire – Aïcha Raffadi, Marie-Céline Touzet
1.16 – Les Rois Maudits – Magali Marchetto, Guillaume Le Van Suu
1.17 – Les géoglyphes de Nazca – Morgane Flaux, Fabien Pradon, Romain Wambeke
1.18 – Les sorcières de Salem – Mélanie Osternaud, Gaëlle Pommier, Norbert Rostaing
1.19 – Les mystères de la zombification – Mohammed Dhifi, Johanne Pentier
1.20 – La marche sur le feu – Orval Touitou, Jimmy Mergy
1.21 – La manipulation liée au spiritisme – Yannick Loriot, Nicolas Baudel
1.22 – Le fakirisme – Johan Xavier, Boris Le Ninivin
1.23 – Le triangle des Bermudes – Guillaume Gey, Benjamin Lombard
1.24 – Les illusions d’optique et leurs mécanismes – Adrien Rochaix
 

Saison 2 : mai 2006

2.01 – La vie de Padre Pio selon l’émission Mystères – Ivan Dinh, Guillaume Thouroude, Djamal Touitou
2.02 – Les mystérieuses influences de la lune – Sabrina Montet, Magali Blanchard, Céline Gaspar, Elodie Dutkowski
2.03 – Le monde des Ummites – Sylvia Carvalho, Marianne Duret, Jennifer Maherou
2.04 – Papier d’Arménie : assainit, purifie, asphyxie ? – Guillaume Le Van Suu, Charlène Delétrée, Robin Faure, Mathieu Sousbie
2.05 – Atlantide, le monde perdu – Julien Trincaz, Hatice Karakaya
2.06 – Le triangle des Bermudes, mythe ou réalité ? – Zohra Betraoui, Marion Danger
2.07 – Les mystères de la grande pyramide d’Égypte – Adeline Audouin, Anne Boudillon, Marie Chapuis
2.08 – La communication avec les esprits – Séverine Maunoir, Mélanie Brun, Colombe Bonnet
2.09 – Les Dragons – Morgane Buisson, Arnaud Gavard, Christine Pignarre
2.10 – La science dans la scientologie – Axel Hars, Benjamin Guillard, Simon Piquenot, Farid Chelli
2.11 – L’ayahuasca utilisée par les chamans – Thomas Délémontex, Florent & Fabien Chardonnet, Manuel Adelh
2.12 – Les légendes urbaines – Marie Jouanneau, Kévin Mogeny, Mélanie Emptoz
2.13 – Un regard zététique dans la publicité – Élodie Clavel, Alexis Michalet, Nelly Nambot, Yann Seguin
2.14 – Les guérisseurs – Audrey Guillotin, Alex Abadie
2.15 – La mystérieuse carte de Piri Reis – Lucien Lardet, Malik Cilakkal, Murat Cirakli
2.16 – Les vampires – Ezequiel Pardo, Charlotte Boissard, Camille Allamand
2.17 – La mémoire de l’eau – Véronique Lallée, Romain Girard, Hugo Wuyam
2.18 – La polémique de l’acupuncture – Carole Guilloux
2.19 – Grenouilles et paranormal – Simon Bruno, Kristina D’Agostin, Cyril Florentin, Loïc Vignoli
2.20 – La bête du Gévaudan – Clément Buffaz, Florian Gohet
2.21 – Les hallucinations causées par les paralysies du sommeil – Denis Brouillet
2.22 – Les « larmes miraculeuses », le phénomène dit de lacrymation – Caroline Armand, Grâce Jouravel, Jean Aubert-Moulin, Blaise Robin
2.23 – le triangle des Bermudes, entre mythe et réalité – Anne-Line Pignoly, Sophie Gimenez

Saison 3 : décembre 2006

3.01 – Les cosmétiques de jouvence – Arnaud Carcenac, David Hamelin, François-Karim Laben
3.02 – Étude de l’émission Planète Choc, partie 1 – fantômes – Antoine Lejeune, Pierre Perdigon, Tom Perdreau, Manu Torres
3.03 – Critique de l’émission « L’Arène de France : faut-il croire aux phénomènes inexpliqués ? » – Adeline Bellet, Leslie Joannin, Mathilde Senergues
3.04 – Lait et idées reçues Élie El Hachem, Sébastien Girard, Laëtitia Picque
3.05 – L’orgonite – Anthony Chenevier, Denis Dechaux-Blanc, Anthony Ramalho
3.06 – Le créationnisme – Camille Allamand, Ezequiel Pardo, Yohann Thirapathi
3.07 – Le sarcophage d’Arles-sur-Tech – David Bouchex, Lucie Morel, Johanne Terpend Ordassière
3.08 – L’impression de déjà-vu – Audrey Adamidi, Gaetan Boismal, Audrey Duc
3.09 – L’hypnosédation – Yann Diorcet, Ruslan Kalitvianski, Mickaël Perrier
3.10 – Les pharmaciens et les Fleurs de Bach – Pierre-Louis Aublin, Geoffroy Carrier, David Cattaneo
3.11 – La lithothérapie ou thérapie par les pierres – Arnaud Bonnemayre, Damien Meot, Clément Signoret-Molliere
3.12 – Gary Kurtz – Frédéric Da Silva, Adrien Marchetto
3.13 – Vendredi 13 & paraskevidekatriaphobia – Fanny Juret
3.14 – La voyance en ligne – Lisa Bron, Yohan Geffroy
3.14bis – La voyance en ligne – Sakina Bouroumana

Saison 4 : mai 2007

4.01 – Les Feux follets dans la culture populaire – Alexandre Perruchon, Audrey Raibon, Marie Terrier, Alban Vorano
4.02 – Les enfants Indigo I – Mathilde Daumas, Cécile Pinsart, Cédric Rios
4.03 – Les enfants Indigo II – Mélanie Corcombet, Fabrice Denoyer, Grégory Laurent, Mounir Mansour
4.04 – La cure Breuss – Thifaine Abraham, Vanessa Lejeune, Marina Ozil, Coline Raillon
4.05 – Les miracles, le cas de Marie-Pierre Simon – Romain Chevallier, Coralie Claudel, Brice Ponson, Mickaël Sollaris
4.06 – La Manipulation mentale à l’appui d’expérience sur la tarologie – Chloé Chabert, Margaux Mazille, Quentin Moenne-Loccoz, Florie Philippe
4.07 – La Programmation Neuro-Linguistique (PNL) – Claire Mollaret, Alisée Taluis, François Vibert, Cyrielle Vidale
4.08 – Loup-garou : du mythe à la réalité – Laurence Boudière, Fanélie Coynel, Delphine Dayde, Vincent Goellner, Sylvain Palmeira
4.09 – Le fantôme du château de Veauce – Ornella Dante, Laurence Jeymond, Jennifer Martin, Nassima Ould Kaci
4.10 – La lycanthropie – Marc Leconte, Jean-Baptiste Philibert, Julie Richard, Benjamin Rigotti
4.11 – Le fantôme de Lucie – Simon Brenet, Aurélie Ghionda
4.12 – Les vertus curatives de la forêt de Vallin – Florence Ardiaca, Elodie Aumaitre, Aurore Bernard, Maïlys Faraut
4.13 – Quand la science dompte les flammes… approche de la marche sur le feu – Bryce Bouvard, Juliette Carruel, Elsa Cerboni, Anouk de Lavaissière de Verduzan
4.14 – L’autocombustion humaine – Marie Abbes, Gaëlle Pesce, Rachel Quesada, Filiz Taskin
4.15 – Da Vinci Code, le film – Virgine Faure, Lorick Huang Slug, Amandine Lastella, Jessica Vayr
4.16 – L’expérience Philadelphie – Marc Falconet, Teddy Fernandez, Julien M’pota, Thomas Pavy
4.17 – Les coupeurs de feu, faiseurs de secrets – Elisa Bousquet, Antoine Charaix
4.18 – La psychogénéalogie – Alexandra Carre, Marie Dehut, Aurore Provent, Aurélien Thevenet
4.19 – NDE – Expériences de Mort Imminente – Loïc Dubot, Simon Galles, Clément Levin
4.20 – L’effet placebo : méthode d’observation et discussion sur son évaluation – Damien Bentivoglio, Alexis Descroix, Nicolas Hans, Nicolas Bourget
4.21 – Les impressions de déjà-vu – William Levet, Loïc Poix, Etienne Reynaud
4.22 – Little Buddha, la réincarnation de Bouddha – Florine Arduin, Didier Jacquin, Lauréline Lecarme, Melissa Leconte
4.23 – L’incorruptibilité physique – Jean Bollard, Rémi Donnier-Valentin, Julien Keutchayan, Michaël Rabibisoa

Saison 5 : décembre 2007

 

5.01 – L’importance et l’influence du QI – Elise Forge, Orlane Raffin, Jessica Penin, Emily Tubbs
5.02 – Les crânes de cristal – Lauranne Berger, Florian Masson, Benoit Philibert, Loïc Puissant
5.03 – L’hypnose – Stanley Mayette, David Mourier
5.04 – Les Poltergeist – Laura Genevet, Maxime Buisson, Amira Essid, Emmanuelle Lefevre, Théophile Porte
5.05 – La possession, l’exorcisme – Claire Laperrouse, Jessica Posypanko, Adrien Valtat, Arnaud Grimaud
5.06 – Effets et vertus des plantes et potions aphrodisiaques – Adelaide Sibeaux, Nicolas Gamba, Louis Chapu, Eva Lartigau
5.07 – La fin du monde – Pierre Brestaz, Eric Pillaud Tirard, Vincent Reymond

Saison 6 : mai 2008

6.01 – Allergies : quand l’Energie s’en mêle – Ludovic Chataing, Mathilde Garnier-Moiroux, Antonin Leclercq, Florent Lahmeri
6.02 – L’homéopathie – Amélie Viallet, Fanny Martinez
6.03 – Les expériences de sortie de corps – Alicia Contet, Kévin Bremond, Emmanuel Sortais
6.04 – L’église du dernier Testament – Sandrine Duclos, Vanessa Rouag, Alexandre Lugiez, Matthieu Lesgoirres
6.05 – La sourcellerie et la démarche zététique – Louis Voegele, Yann Beilliard, Jean-Baptiste Deleage, Nicolas Tropini
6.06 – Les mystérieux pouvoirs des moines Shaolin – Gérald Tasterou, Amélie Tessieux, Virginie Gilibert
6.07 – Le 6ème sens des animaux – Lydia André, Elise Rivollet, Audrey Pichet, Elodie Ayaou
6.08 – Les vrais jumeaux et la télépathie – Caroline Brunel, Noémie Lecomte
6.09 – L’homéopathie en pharmacie, enquête et réflexion – Marine Louis, Sylvie Manuse, Julie Messina, Delphine Rieutort
6.10 – Mirin Dajo ou l’homme-brochette – Julien Le Roy, Guillaume Conzatti, Jérémy Rouvière, Julien Allègre

Saison 7 : décembre 2008

7.01 – La graphologie de nos jours, validité scientifique et persistance – Benjamin Bund, Nina Lendrin
7.01bis – La graphologie, Nils Lanctot, Pablo Schweizer
7.02 — Pellegrino Ernetti ou les voix du passé, Valentin Baumont, Haroun Mekhancha, Clément Huez, Sylvain Blanchon
7.03 – L’effet placebo et les animaux, Aurélie Flavien, Jonathan Lesur, Loïc Le Bihan, Mélanie Vandermarcq
7.04 – Le réseau Hartmann et la géobiologie – Quentin Bérard, Nathan Blanckaert, Romain Luque, Julien Mocellin
7.05 – Les semelles Nikken – Rita Affa, Meryll Allié, Maïlys Barbagallo, Adrien Juhem,
7.06 – Transcommunication instrumentale audio – Marjorie Bérard, Gaëlle Chmargounof, Laury Dumas, Camille Laporte
7.07 – Les éléphants peuvent-ils pressentir les tsunami ? Kévin Herbeaux, Azdine Chloud, Sophie PENOT, Ruigrok Hermanus
7.08 – La chance, entre concept scientifique et vue de l’esprit – Léa Ivanoff, Alicia Mermillod-Blondin, Thomas Martin, Anne-Laure Decaen
7.09 – Le LHC du Cern, un danger ? – Loahn Baldy, Sofia Louro De Oliveira, Rémi Ribeiro, Anthony Carlone
7.10 – Preuves du Déluge ? – Erwan Agaesse, Anthony Calabro, Thibault Debruyne
7.11 – Le chupacabra : mythe ou réalité ? – Stéphanie Cottaz, David Cumin, Benjamin Dénommé, Quentin Fesselet
7.12 – L’unité Bovis – Benjamin Bouniol, Florent Dartora, Rafaël Milla, Pierre Antoine
7.13 – Eleonora Zugun – Cécile Chaillout, Manon Chaine, Laurine Bidard, Aurélie Thiollier
7.14 – vendredi 13 : porte bonheur ou porte malheur ? – Margaux bouchand, Johane Pelissier, Chloé Goussot, Florida Comuce
7.15 – Enquête sur les « Marabouts de papier » – Bastien Artero, Huong Huynh, Julien Ortega, Jonathan Vivien

Saison 8 : mai 2009

8.01 – Les fantômes du château de Combourg – Ludovic Bertagnolo, Aline Mongellaz
8.02 – Le triangle de la Burle – Mélanie Alberto, Frédéric Boulant, Charlène Bouvarel
8.03 – La malédiction d’Ötzi la momie – Maël Guégan, Mathias Masson-Fauchier, Julie Nguyen Van Long
8.04 – Le facteur psychologique a-t-il une influence sur le cancer ? – Morgane Dupin-Jourd’hui, Céline Plaussu
8.05 – Les horoscopes ou l’impact du ciel sur l’esprit humain ? – Alexandre Ballaydier
8.06 – La fontaine de Saint Theudère – Christophe Goethals, Beaura Ngo
8.07 – Les réponses aux 7 questions créationnistes posées aux professeurs de biologie – Julien Keutchayan, Carl Naylor, Clément Neyret
8.08 – L’eau magnétisée – Delphine Aymoz
8.09 – Le mystère des crânes de cristal – Nabil Amri, Kévin Dedieu, Alexia Dos Reis, Renaud Motte
8.10 – La communication facilitée ou psychophanie – Cécilia Baudina, Lise Tisseyre
8.11 – Les auras – Marius Rosier
8.12 – Les EMI (expériences de mort imminente) – Quentin Riffard
8.13 – Que penser des EMI (expériences de mort imminente) ? – Laurianne Crotet, Aline Depriester, Alexis Lavoipierre
8.14 – Erzébeth Bathory : l’évolution de son histoire jusqu’à aujourd’hui – Clément Masson
8.15 – Utilité scientifique et thérapeutique des outils Plosher – Christophe Bacconnier, Adrien Beolet
8.16 – Actimel – Fabien Buisson, Morgane De Gasperi
8.17 – L’Atlantide – Emeric Amaniera
8.18 – Les propriétés des roches, cristaux et minéraux dans nos croyances – Danielle Santis
8.19 – Comment peut-on distinguer un bon d’un mauvais médium ? – Grégory Moille
8.20 – Les ondes électromagnétiques des téléphones mobiles sont-elles un danger pour notre santé ? – Sonia Dupin, Amira Essid
8.21 – Les messages subliminaux – Chrystelle Aillaud, Eddy Louseghenian
8.22 – L’utilisation du pendule pour retrouver un objet perdu – Yoann Lingée
8.23 – Peut-on comparer les prédictions runiques à des manipulations mentalistes classiques ? – Damien Clavier
8.24 – The overtoun bridge ou le pont des chiens suicidaires – Audrey Boulemnakher, Marianne Coulon
8.25 – La voyance – Kévin Bérenger, Alexandre Borrel
8.26 – Les coupeurs de feu – Thibaud Cuvillier
8.27 – le suaire de Turin : une véritable preuve de l’existence de Jésus Christ ? – Armando Amaya
8.28 – Mise en concurrence des différentes théories tentant d’expliquer les OBE – Aurélien Priou, Mélanie Vailles
8.29 – L’urinothérapie – Clémentine Chambon, Claudie Montagnat
8.30 – Les rêves prémonitoires – Alexandre Gauthier-Foichat
8.31 – les mécanismes d’endoctrinements et la manipulation mentale – Hugo Cheyron, Romain Dufour
8.32 – Protocole expérimental : l’intuition – Marc Liberatore
8.33 – Traitement de l’information par les médias lors de l’évenement du 8 juillet 2008 sur le site du Tricastin – Coralie Valentin
8.34 – Est-ce que l’hypnose rejoint la science ? – Yannick Pillot, Freddy Runget

Saison 9 : décembre 2009

9.01 – Les rêves prémonitoires – Valentin De Nattes, Antoine Berta
9.02 – Manipulation et effets pervers des médias – Étienne Compère, Eloi Denis
9.03 – Sommes-nous maîtres de nos décisions ? Illusion du choix – Léo Colmet-Daage, Naïma Ziane-Cherif
9.04 – Grippe A : l’importance du traitement médiatique est-il corrélé à la virulence de la maladie ? – Astrid Abel, Hugo Poupeau, Coline Villecourt
9.05 – Les magnétiseurs – Nicolas Afonso, Diego Diviero
9.06 – Roswell – Pascal Paoli
9.07 – Y a-t-il des extraterrestres dans le Nevada ? – Benjamin Combe, Matthieu Caneill
9.08 – Critique du traitement médiatique de la découverte de Lucy ? – Nicolas Belnand, Johan Girod
9.09 – La parapsychologie – Charlotte Guyot, Adrien Cailleaud
9.10 – L’ostéopathie – Julia Locatelli, Mathilde Besse
9.11 – Pluie de sang – Jordane Montant, Céline Jolivet
9.12 – Les trous terrestres – Mathieu Charras, Sébastien Plotard, Romain Desgrouas
9.13 – Qu’en est-il du facteur chance ? – Simon Jeanne, Marine Schott
9.14 – 2012, fin du monde ? – Meriem Aloui, Hugo Chamond

Saison 10 : mai 2010

10.1 – La lecture dentaire, ou quelle dent avez-vous contre vous-même ? – Fanny Berchtold, Bruno Naylor
10.2 – « La Vague » a-t-elle réellement existé ? Enquête – Catharina Ruigrok, Joëlle Suchon, Olivier Troppé
10.3 – Étude sur l’effet impact – Clément Bastie, Benjamin Bras, Romain Lenoir
10.4 – L’utilisation de la graphologie dans la justice – Bastien Clarens, Charles Roseres
10.5 – Les journalistes TV cherchent-ils à entretenir le mystère des faits paranormaux récurrents ? – Yoann Kermaïdic
10.6 – Fructis, quels arguments pour vendre – Ludivine Caron, Fanny Metifiot, Anaïs Myly
10.7 – Test de l’affirmation PNL : quelqu’un qui ment regarde vers la gauche, quelqu’un qui dit vrai vers la droite ? – Julie Bonnet / Cyrielle Arnaud, Maxime Balducci
10.8 – Effet bi-standart dans le traitement de l’affaire de l’Arche de Zoé – Miléna Brunet
10.9 – « G » du plaisir – le point G existe-il ? – Benjamin Gonon, Miguel Rizzo
10.10 – Débat «démocratique» sur les nanotechnologies : mésusages ? – Clément Mallarte, Johan Missilier
10.11 – Protocole expérimental de l’affirmation PNL : le regard et le mensonge sont-ils liés ? – Karen Chevron, Elsa Jay, Clémence Rogalle
10.12 – Les baguettes de sourciers – Damien Abecassis, Quentin Aubourg, Gabriel Mars, Hadrien Martin
10.13 – Figure de Napoléon Bonaparte dans la vie politique et scolaire française : quel usage et à quelles fins ? – Caroline Desmurget, Trécy Roso
10.14 – Chamanisme & guérison – Clément Brousse, Thomas Goeury, Katialine Groff
10.15 – L’affaire Solomidès – Marine Di Maria, Julie Duris, Pauline Granet
10.16 – Existe-t-il un instinct maternel ? – Alexandra Bert, Rym Bouchair
10.17 – Rom Houben, Prodige ou parodie de Communication Facilitée ? – Anthony Mialon, Antoine Pingault
10.18 – Polémiques autour du SIDA – Adeline Poitou, Élodie Rey
10.19 – L’acupuncture – Kévin Anater, Lucas Boissy, Pierre Doyeux, Rémi Locatelli
10.20 – La Trans-Comunication Instrumentale (TCI) : technologie au service de l’au-delà ? – Benoît France, Clémence Miard, Lydie Tosal
10.21 – Idoser, la drogue par le son – Damien Bouvet, Robin Camatta, Kévin Romeyer
10.22 – Existe-t-il un protocole scientifique pour le Reiki ? – Bastien Clément, Flavien Grégoire
10.23 – Y a-t-il des preuves que le sida soit une création pour éradiquer les populations noires ? – Marie Barillier, Yvan Gallay, N.J. & Charline Reymond

Saison 11 : décembre 2010

11.01 – Y a t-il un lien scientifique entre graphologie et caractère ? – MAVEYRAUD Léa, MOUQUAND Damien
11.02 – Peut-on affirmer que parfois, comme le suggère John Gray, les hommes et les femmes ne se comprennent pas en utilisant pourtant les mêmes mots ? – ACQUISTO Anne-Claire, BUYUKILMAZ Bergen, LABOURDETTE Romain, MAURIN Jean-Guillaume
11.03 ? – La soumission à l’autorité – BARTH Simon, BAUDET Amélie, CHARLIQUART Célia
11.04 – McMoneagle et la vision à distance – PETROWICHE Nicolas, RATEAU Audran, RIZZO Sébastien
11.05 – Le traitement de contestation des retraites par les médias français – DOUILLET Clément, RISTORD Jérémy
11.06 – Les arguments défendant l’efficacité des bracelets énergétiques sont-ils recevables scientifiquement ? – BEHETY Timothée, PANICO Pierre, RADISSON Basile, VERNAY François
11.07 – Les laboratoires Weleda, ce qu’ils disent, ce qu’ils font… – DIDIER-VIAL Thomas, PANTEL Lucie, PERROY Anaïs
11.08 – Le corps humain contient-il des cristaux de magnétite ? – CHAPPUIS Anne, JACQUIAU Eugénie
11.09 – Les bracelets dits d’équilibre peuvent-ils améliorer nos capacités physiques ? – DEMERCHEZ Jérémie, MINOT Rémy
11.10 – Les informations données par les médias : le plus intéressant est-il ce qui n’est pas dit ? – LECOLLIER Louis
11.11 – Quels éléments faut-il pour créer un canular médiatique ? – COSSON Isabelle, FAVILLIER Adrien, RAKOTONARIVO Cilla
11.12 – La sensation de déjà-vu – BURIA Aurélien, FERREIRA Matthieu, LE NAOUR Audrey, LEMAULT Perrine
11.13 – Peut-on tester l’impact de la musique sur la pousse des plantes ? – AMORE Yohann, CURCIO Cyril
11.14 – Le bracelet Power Balance a-t-il de réels fondements scientifiques ? – AYMOZ Alexia, BONNET Remy, DAVAZE Lucas
11.15 – Qui utilise les images subliminales ou est susceptible, et sont-elles efficaces ? – MUCCI Lucas, MULLIE Paul
11.16 – L’idée reçue que les femmes ont un moins bon sens de l’orientation que les hommes est-elle fondée ? – CHAUMET Julie, DURAND Anaïs, GANTAR Ombeline, HORMIERE Céline
11.17 – La crème amincissante Somatoline Cosmétique Intensif Nuit a-t-elle vraiment le pouvoir que ce laboratoire lui confère ? – BASTIEN Sarah, COUCHET Morgane, IORDACHE Anca Gabriela
11.18 – Quels phénomènes paranormaux peut-on expliquer par la paralysie du sommeil ? – BOITET Claire, CRETTENAND Benjamin, GUIGOZ Vincent, PERSONNAZ Romain
11.19 – L’efficacité de la colorothérapie peut-elle être prouvée ? – BOINA Houzaira, DUBAND Samuel, DURET Lucie, PICART Colin

Saison 12 : mai 2011

 
12.1 – La kinésiologie : protocole expérimental  – Madelon Alexia, Mourier Amélie, Pelloux Alizée & Tournier Julien Notice du juryCe dossier a fait l’objet d’un article ici.
12.2 – L’agriculture biodynamique, des légumes sains dans un champ sain ? Barrand Chloé, Dalban-Pilon Coralie & Decker Manon Notice du jury
Cambon Delavalette Victor, Gilardy Hugo, Martineau Killian, Poulin Vivian & Wünsche Anaël Notice du jury
12.4 – Influence d’un terme scientifique sur notre jugement – le MDHO – Carel Thibault, Cattel Dorian, Coste Emilie, Herment Laura & Pardo Julie Notice du jury
12.5 – Influence de la pleine lune : y a-t-il des pics de crimes les nuits de pleine lune ? – Barrau Clara, Gentil Solène, Tudo Charles, Vallet Emmanuelle & Victorion Thomas Notice du jury
12.6 – Le triangle de la Burle  – Charlon Laura, Fortecoef Elena, Garrione Mathilde, Gueret Robin, Koyoudjan Amélie & Lacroix Juliette Notice du jury
12.7 – La combustion humaine spontanée, ou auto-combustion humaineAnnexe  – Belin Mégane, Crottet Cécile & De Witt Clément Notice du jury
12.8 – Médias : vecteur ou sculpteur de l’information… exemple de Fukushima – Delubac Dorian, Felix-Faure Jim & Perrigault Brian + Morisseau Nicolas
12.9 – Impact du détournement d’attention : êtes-vous si observateur que vous le prétendiez ? Prototype Vidéo  – Builly Anaïs, Gozel Bülent, Royer Emilie, Tressol Florian & Veyret Thibault Notice du jury
12.11 – Les préjugés sur les Noirs et Arabes relèvent-ils de la science ? – Baffou Thibault, Billat Anne, Chaudier Ludivine, Naanani Soumaya & Rey Candice Notice du jury
12.12 – Analyse d’une information télévisée sur TF1, France 3 et M6Les JTMontage JT – Brachet Lucie, Boucher Simon, Caputo Martin, Leiser Ingrid & Richard Julien Notice du Jury
12.13 – Les professionnels de santé confrontés à la réalité scientifique de l’homéopathie – Bellot Jimmy, Bocquet Alexandre, Gachet Alexiles, Rhone Simon & Schulz Alexis. Notice du jury

Saison 13 : décembre 2011

13.01 – La ronronthérapie a-t-elle une réelle efficacité ? Bellon-Champel Rebecca, Giry Thomas, Giza Chistopher, Marcassus Caroline & Trombert Raphaël
13.02La biomusicothérapie est-elle scientifiquement fondée ? Bianchi Tristan, Di Franco Charlène & Quesnot Léa
13.03La télékinésie est-elle possible ? Expérience de la pyramide Desbordes Damien, Morand Alexandra, Niogret Edwin & Seguin Jérémy
13.04Existe-il un type de message subliminal qui ait une réelle efficacité ? Caireau Islam, Lemort Maxime, Marir Rafika & Meyzenc Juliette
13.05Existe-t-il un état de conscience modifié propre à l’hypnose ? Doussot Mélanie, Gauthier Barbara, Morel Miriam & Ramu Blaise
13.06Le rire a-t-il des effets thérapeutiques réels ? Gaillard Anthony, Lebreton Jérémy, Merono Clémence & Ruga Romaric
13.07L’île de LOST peut-elle physiquement exister ? Chiaverini Maël, Djomo Yamdjeu Jimmy & Fontaine Thibault
13.08Les phéromones humaines existent-elles ? Golliet Romain & Rony Midahuen
13.09Protocole visant à mettre en évidence l’existence de l’énergie interne (le Qi) Banwarth Pierre, Elkatrani Ismaïl, Sejjil Olfa & Treille Léonard
13.10État actuel des recheches sur les effets thérapeutiques à distance de la prière ?Antoina Sarah, Boitet Claire, Michaudel Thibaud & Mondet Boris
13.11Existe-t-il des traces factuelles de l’Arche de Noé ? Arnaud Rémi-Quentin, Berrouane Khadidia & Laudet Céline
13.12Les pyramides ont-elles des effets particuliers sur la matière ? Begon Hadrien, Gerbaux Robin & Gibert David

Saison 14 : septembre 2012

(sont mis en ligne quelques dossiers ainsi que les remarques sommaires du jury)
14.1 – Les champs magnétiques ont-ils un impact sur l’orientation des vaches ? – Laëtitia CHOMETTE, Madjid HADJAL, Gaël LOZINGUEZ, Jean-François TROCHET
14.2 – Avons-nous besoin d’un don pour devenir « voyant »? Test de Cold reading – Mélisse BONFAND, Alban CEAU, Varérian DUCROT, Martin HRADIL
14.3 – Quel est l’impact des barreurs de feux sur les individus qu’ils manipulent ? – Jérémy BLANCHARD, Lucas LABAR, Maxime LEGUES, Nina LEWIN, Isahak SAIDI
14.4 – Peut-on mesurer l’effet des messages d’amour sur la cristallisation de l’eau de Masaru Emoto ? Protocole – Emmanuelle BAFFERT, Samantha EL HAMAOUI, Manon FRANCES, Coline VERLUISE
14.5 – Aromathérapie : des huiles essentielles peuvent-elles avoir un impact réel sur la concentration ? – Vanille-Charlotte ACHAINTRE, Sophie BRENET, Laëtitia FABRE
14.6 – Phéromones humaines : les expériences de Wedekind et Cutler sur les phéromones sont-elles reproduites ? Tentative de protocole expérimental – Natacha AYME, Théo BEAUMANN, Keltoum BENZAOUI, Marylise BOURGUIGNON, Julie FRANCA
14.7 – La planche oui-jà est-elle un vrai moyen de com14_07_Verilhac_Vitorio_Ouijamunication avec les esprits ? Nos croyances en l’au-delà influencent-elles cette communication ? – Cindy VERILHAC, Alison VITORIO
14.8 – Quelles sont les prétentions des colliers d’ambre sur les enfants ? – Valentin AMATI, Mahmoud BEN FRAG, Nicolas SERBOURCE
14.9 – Les lampes de sel délivrent-elles des ions négatifs bénéfiques pour la santé ? Origines de cette allégation, arguments des vendeurs et validité scientifique de ces arguments – Magali TEYSSOT, Anaïs VIEIRA DA CRUZ
14.10 – Impact de la lune sur la pousse des plantes – Test germination – Mathieu RAMON, Baptiste SONNERAT
14.12 – Cryptozoologie : les bêtes des Alpes ont-elles une existence avérée ? Film – Compléments  – Antoine BENEFICE, Lilas RAGUIN, Pierre-Henri THIOLLIER
14.13 – Réalité scientifique du complexe d’Oedipe ? – Ismaël BENSLIMANE, Roumaïssa HASSAINI, Jenifer KARAM, Charline MAZOYER
14.15 – Les méridiens d’acupuncture exisentent-ils ? – Maximin DETRAIT, Geoffrey JAOUEN, Elie PONCET
14.16 – Quelle est la validité de la graphologie ? Son usage dans les tribunaux, les entreprises… – Thibault BOISEDU, Nafissatou DIOP, Anna FALL, Lucie GARCIA, Maëliss INGRASSIA, Charlotte RAVANELLO, Camille STEFANUTO, Tariq ZAKARIA, Andréa ZANON
14.17 – Reproduire des feux follets en laboratoire (non soutenu)
14.18 – La vision commune de la vie des hommes préhistoriques présentée au grand public est elle erronée ? Étude du Pléistocène supérieur entre 130 000 et 11 000 ans avant EC – Yaël GRANDCOLLOT, Sabrina LEMAIRE, Maxime MARTIN , Meryem OUTALBALI
14.19 – Auto-combustion humaine – Lucie GENTHIAL, Brian RECHARD, Houda TOLIMAT

Saison 15 : décembre 2012 

 
15.1 – La science présentée dans Fringe est-elle rigoureuse ? Benjamin Curot, Eloïse Gronlier, Jean Gautronneau et Quentin Vuillemard
15.2  L’effet des protéodies de Sternheimer est-il démontré ? Thomas Loïodice, Tonny Scheuring, Thomas Retailleau, Eva Horgues-Debat
15.3 les paralysies du sommeil expliquent-elles les cas type Carla Moran ? Elody Sermay, Lucile Neyton, Pierre Pradourat, Carole Froment, David Mallet
15.4 Analyse critique du Packing, méthode thérapeutique controversée auprès des autistes Marilou Barbiern, Sophie Koemmerer, Mathilde Proponnet et Estelle Raffin
15.5 – Source et théorie de l’affirmation de Todd Akin sur l’infertilité en cas de viol Julien Annoni, Léna Da Ros et Marine Haurillon
15.6 – La controverse sur l’introduction de la théorie du genre dans les contenus d’enseignement Sylvia Roe, Floriane Micoud, Justine Louis
15.7 – Expérimentation du conformisme au groupe Josselin Bombardier, Robin Pichon, Léo Senique, Yann Sousseau
15.8 – Y a -t-il des hypothèses non-psychanalytiques à la pédophilie ?Laura Ferraris-Bouchez, Virgile Genin, Lucas Centa, Jules Lefrère
15.9 – Etude comparative du prix d’une vie Nicolas Fournier, Daniel Roubiol, Henri Dupouy
15.10 – L’archéologie au service du nazisme ? Valentin Lemarchand, Alexandre Bardin, Fabien Allard, Pablo Pelorson
15.11 –  Distinction Homme – Femme Estelle Kohler, Marina Dor, Axel Venturini
15.12 – La détection des mensonges dans « Lie To Me  » est t-elle valide ?Alain Berod, Nicolas Vittoz, Romain Chambard
15.13 Vibration des pierres dans la litothérapie Emmanuelle Resse, Hippolyte Girard, Maxime Malossane, Benoit Lenoir
15.14 – Forçage -l’illusion du choix Agathe Fontenay, Léo Rougier, Bérangère Deforche, Eymeric Berthier, Gwenaël Girod
15.15  L’ejaculation feminine est-elle un mythe ? Hugo Gamore, O. C-L., Ronan Poncet, Maxime Guérard
 

Remerciements

  • Aux gens de l’ombre

Colette Fortanski, Régine Perigli, Béatrice Turc, Souad Amraoui (UJF) Victor Formuso, Toufik Lachkar, Daniel Meimoune (DLST), David Clamadieu (Weil)

  • Aux chercheurs ayant osé endosser la responsabilité de l’aventure

Claudine Kahane (Laboratoire d’Astrophysique de l’Observatoire de Grenoble, ex-directrice du DLST), Patrick Lévy (Hypoxie, physiopathologies respiratoires et cardiovasculaires – HP2, Institut du Sommeil et de la Vigilance, Grenoble), Jean-Pierre Henry (UFRSTAPS)

  • Aux individus ayant prêté un peu d’eux-mêmes et de leur connaissance dans ces cours

Sans parler des membres du CORTECS, envers qui la dette est grande : Jacques Van Rillaer (psychiatre), Jean-Jacques Aulas (psychiatre), Cyrille Barrette (biologiste), Jean-Léon Beauvois (psychologue social), Pierre Carles (documentariste), Pierre Deleporte (éthologue), Henri Broch (physicien) Fabrice Neyret (synthèse d’image), Marion Lamort-Bouché (médecin), Jessica Guibert (médecin), Mathieu Ruiz (neurosciences) Yves Bonnardel, Géraldine Fabre (Grenoble Universités), François B, Sandra Giupponi. Nicolas Vivant, Florent Martin, Franck Villard, Eric Bevillard, Jean-Louis Racca (Observatoire Zététique)…

 

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Effet Pangloss, ou les dangers des raisonnements à rebours

Dans la Traverse N°2, revue des Renseignements Généreux parue en mars 2011, a été publié un article de Richard Monvoisin initulé L’effet Pangloss, ou les dangers des raisonnements à rebours..En voici le pdf ! Merci aux Renseignements Généreux et à la graphiste Clara Chambon.
Et pour s’entraîner, on pourra aller vite fait ici.
Note : en 2010, des doctorants-moniteurs ont réalisé un excellent Zétéclip sur le raisonnement panglossien. Voir ici.

Effet Pangloss : les dangers des raisonnements à rebours

Aujourd’hui je vous propose de regarder de près un raisonnement qui a l’air tout à fait anodin mais qui peut se révéler terrifiant. Ce raisonnement consiste à penser à rebours. À la manière de ces poils qui poussent à l’envers et s’enkystent dans la peau, il est agaçant et difficile à éliminer, quelle que soit la dose de crème dont on l’enduit. Il est bien plus répandu qu’on ne le pense, et nous allons essayer de le débusquer au travers de quelques exemples.

Le Loto

Je vais partir de la loterie nationale française, ledit Loto. Ayant pour objectif de nous soutirer jusqu’à nos derniers sous en nous faisant miroiter une lointaine et peu probable carotte, ce jeu, nous allons le voir, ressemble à une forme élaborée de soumission librement consentie. Si nous avons un élève de terminale scientifique à portée de main, demandons-lui d’évaluer nos chances de nous faire détrousser, c’est à son programme de maths. Sinon, nous allons le faire ensemble, ce n’est pas très compliqué.

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« Le loto, c’est facile, c’est pas cher, et ça peut rapporter gros ». Slogan de 1984.

Depuis 2008, le nouveau Loto (qui est plus difficile à remporter que l’ancien si l’on compare) demande d’obtenir 5 numéros parmi 49, ainsi que le numéro « chance » tiré parmi 10. Le nombre de tirages possibles se calcule ainsi : frac{ 49 times 48 times 47 times 46 times 45 }{ 1 times 2 times 3 times 4 times 5} times frac{10}{1}= 19068840

 

Sachant qu’il y a trois tirages par semaine (le lundi, le mercredi et le samedi), une personne dotée d’une espérance de vie à la naissance de 2010 en France (moyenne Femmes-Hommes : environ 82 ans) et qui, chose invraisemblable, jouerait dès le berceau à tous les tirages aura rempli le jour de sa mort 82 (ans) x 52 (semaines) x 3 (tirages) soit quelque chose comme 13000 grilles, en voyant large. Ça lui donne un peu moins d’une chance sur mille de gagner une fois la cagnotte. C’est peu.

Pour avoir un autre ordre d’idée, nous pouvons prendre le taux annuel moyen de mortalité d’un individu garçon de 33 ans vivant en France comme moi, qui est de 119 sur 100 000 (soit 1 sur 840) – qui signifie qu’un type en France a une chance sur 840 de mourir dans l’année de ses 34 ans. Partons du principe que la probabilité de mourir est uniforme tout le long de l’année. Lorsque j’achète un billet de loto j’ai autant de « chances » de mourir dans les 24 minutes qui suivent que de gagner le gros lot. Si j’avais 90 ans, j’aurais autant de chance de gagner le gros lot que de ne pas survivre 9 secondes à l’achat du billet1.

En clair, un individu guidé par sa seule raison refuserait de claquer ses étrennes comme ça. Mais l’humain n’est pas toujours rationnel, loin de là. Et à l’orée du bois, les tire-laine guettent.

altMonique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, deux sociologues ont décrypté le comportement des vainqueurs du Loto dans Les millionnaires de la chance (Payot, Paris, 2010). Ils expliquent que certains individus jouent au Loto en sachant bien que les chances de gagner sont minces, mais… moins minces que celles de changer de classe sociale. En d’autre terme, il serait plus probable pour les classes pauvres de devenir riche en cochant les cases qu’en travaillant d’arrache-pied – ce qui fait réflechir sur le  « mérite » et les encouragements à travailler plus.

Où est le raisonnement à rebours ? Il arrive.

 

Et les 100% de perdants ?

L’argument massue qui a été employé pour nous faire jouer pendant des années était, rappelons-nous : « 100% des gagnants auront tenté leur chance ».

Ce slogan, à bien y regarder, ne veut pas dire autre chose que ceci : « tous ceux qui ont gagné ont joué », ce qui ne nous apprend rien : on ne gagne pas au loto, au football ou au poker à l’insu de son plein gré – quoi que, lors des matchs nationaux de football, on en voie certains hurler en ville « on a ga-gné » alors qu’ils n’ont pas joué, que voulez-vous, c’est le charme chauvin du sport.

Le séduisant de l’affaire est qu’on nous édicte une règle sur les gagnants. Et comme vous et moi voudrions tous gagner, on se dit tiens, comment ont-ils fait ? Ont-il trituré un trèfle, un fer à cheval ? Eh bien non, ils se sont contenté de jouer. Ils ont tenté leur chance. Voilà. Mais si on y pense, la même chose est valable pour les perdants. Car, c’est ce que la Française des jeux ne nous dit pas : « 100% des perdants ont eu aussi tenté leur chance ! ». Et comble des choses, le 100% des perdants est vachement plus nombreux que le 100% des gagnants. Il n’y a pas beaucoup de gagnants, alors qu’il y a plein de perdants. Mathématiquement, ça se calcule, on a une chance de gagner le gros lot sur 19 millions et quelques (voir le tout premier calcul).

Chercher des raisons

Examinons maintenant ce qui se passe dans la tête d’un joueur lambda.

Quand il perd, il a une forte tendance à se dire quelque chose comme « la chance n’était pas là », puis à shooter dans une boîte de conserve qui traîne. C’était la normalité, qu’il ne gagne pas, il n’était pas dupe, il conclut parfois d’un l’air las « je ne gagne jamais, de toute façon » ou « de toutes les manières je n’ai jamais eu de chance au jeu ». Mais là où le perdant a somme toute un côté assez pragmatique, le gagnant lui, pas du tout ! Il en est même agaçant : il commence déjà par être content de lui, ce qui est une réelle faute de goût. Puis il se trouve plein de bonnes « raisons », comme « je le méritais », ou alors « j’ai joué les bons numéros », « je le sentais », etc.

C’est là que commence le raisonnement à rebours.

Les psychologues sociaux mettent des mots à cela, et c’est bien pratique : le perdant aura un « locus de contrôle » externe (la cause de son échec est le manque de chance, extérieur à lui), tandis que le gagnant aura un « locus de contrôle » interne (il attribue sa réussite à ses qualités propres, ce qui est horripilant). Depuis les travaux de Miller & Ross en 1975, on parle de biais d’autocomplaisance.

Rebours, rebours et ratatam

À chercher une raison pour avoir gagné, la tendance est forte à aller la trouver dans son mérite personnel, comme si le Hasard personnalisé se souciait d’évaluer nos mérites respectifs. Ou dans un coup du sort, comme une espèce d’ange gardien qui veille sur nous. Cela rejoint, vous vous rappelez peut être, le biais du monde juste (cf. Traverse N°1).

C’est effectivement le hasard (sans H majuscule) qui fait la différence entre le gagnant et le perdant. Si les 19 millions et quelques combinaisons possibles sont jouées, la probabilité que quelqu’un gagne est de 1 (on dit 1, mais ça veut dire 100%, tout comme une proba de 0,5 veut dire 50%).

Qu’il y ait un gagnant dans ces cas-là n’est pas une surprise. C’était même quasi-certain. L’incertain, c’est sur qui ça va tomber. Que ça tombe sur moi ou un inconnu, au fond, ce n’est qu’un aléa : il n’y a logiquement aucune conclusion à tirer, ni sur la beauté du monde, ni sur les numéros joués. Pourtant, c’est trop dur : devant la rareté statistique, on cherche une raison à rebours. Alors on se dit au choix

  • qu’on a de la veine,
  • qu’on s’est levé du pied droit,
  • qu’on avait touché sa patte de lapin,
  • que Dieu est bon,
  • que malheureux en amour, heureux au jeu,
  • que le hasard est gentil,

On se dit que quelque part (où ?) quelque chose (immatériel ?) comme la Chance lui a souri (avec quelles dents ?).

Mais le hasard n’est pas gentil. Ni méchant. En tant que volonté, il n’ « est » pas. Il n’obéit à rien, il se contrefout royalement de vous et de moi. Il ne se « contrefout » même pas.

Le sentiment d’avoir déjoué la volonté du Destin est d’ailleurs telle que bien peu veulent rejouer la semaine suivante la combinaison qui a déjà gagné, comme si elle était usée – ce qui n’a pas de sens, les tirages étant indépendants les uns des autres (on appelle ça le sophisme du joueur, je le dis pour l’anecdote).

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Raisonnement à rebours sur la bière, selon frère Joseph (extrait de Jean Van Hamme, Francis Vallès, Les maîtres de l’orge, vol. 1 1854, Charles).

Un balcon sur la tête de Tante Olga

Ce raisonnement à rebours nous arrive aussi en cas de coup dur. On a tous une histoire tragique en stock, comme un balcon qui se décroche juste au dessus de la tête d’une Tante Olga. Alors que la « normalité » est de ne pas se prendre le balcon sur la face (tout comme perdre au Loto), là, on se dit qu’il a « manqué » quelque chose à Tante Olga, du pot, de la veine, de la baraka, du cul bordé de nouilles. On se hasarde même à penser que les desseins du Seigneur sont impénétrables, ou que rien n’arrive par hasard, ou que c’était son karma, et qu’elle paye des vies antérieures plutôt fautives. Il se trouvera bien un vieux voisin un peu aigri, une vieille voisine grincheuse pour dire qu’au fond, entre nous, elle ne l’a pas volé2. Mais l’erreur est toujours la même : on se retrouve à raisonner à rebours sur ce cas seulement, et on oublie de replacer le cas dans la statistique de toutes les tantes (ou oncles) du monde qui se sont promenées un jour en passant sous un balcon et à qui il n’est rien arrivé, surtout pas un balcon.

Le TSD (tri sélectif des données)

Allons plus loin. Imaginons qu’à la terrasse d’une taverne, seul-e comme un menhir, vous jouez à pile ou face. Quelle est la probabilité d’obtenir cinq fois pile d’affilée ? Facile. 1 chance sur 2 au premier lancer (soit 0,5), pareil pour le deuxième, etc. Ça donne : 0,5×0,5×0,5×0,5×0,5 = 0,0312 environ, ça veut dire environ 3 chances sur 100.

Imaginons maintenant que dans 64 autres tavernes, 64 autres comme vous s’emmerdent à mourir et fassent la même chose. Là, la probabilité que vous fassiez 5 fois pile est toujours la même, mais la probabilité que l’un d’entre vous fasse 5 fois pile est, quant à elle, immense : il est quasiment certain que l’un des joueurs fera ce résultat. Et s’il est tout seul et ne regarde que sa lorgnette, il va conclure qu’il est quand même sacrément doué.

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On a envie de sourire, tellement c’est simple, et pourtant, cette erreur qui consiste à extraire le résultat extraordinaire de sa souche statistique et de le brandir comme un étendard est à la base de tout un tas de « miracles ». En voici quelques-uns.

Ötzi la momie

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Prenons la malédiction de la momie Ötzi : ce chasseur vieux de cinq milles ans retrouvé congelé en 1991 dans les alpes italo-autrichiennes aurait causé la mort de six personnages l’ayant approché de près, trois scientifiques, un journaliste, un guide de haute montagne, etc. Sachant le nombre conséquent de gens qui ont gravité autour du corps, depuis les expertises lors de sa découverte jusqu’aux visiteurs du musée italien de Bozen-Bolzano où il réside désormais, est-il si extraordinaire que six d’entre elles meurent, surtout lorsqu’elles sont soit pas spécialement jeunes (cinq sur six avaient plus de 50 ans) soit une profession à risque (guide de haute montagne, tué par une avalanche) ? Si l’on compare le nombre de morts rapporté au nombre de personnes qui ont approché Ötzi et sont restées vivantes, l’hypothèse de la malédiction, tout comme les dents de la momie, se déchausse.

Paul le poulpe

Il était une fois une pieuvre qui, durant la coupe d’Europe 2008 et la coupe du Monde 2010 de football masculin, a su déterminer douze des quatorze résultats d’épreuve qui lui ont été demandés. Certaines mauvaises langues disent que la pieuvre aurait actuellement moins d’un an (fin 2010), ce qui implique soit que le poulpe remonte le temps, soit qu’il y a eu deux poulpes, mais enfin peu importe.

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Ce poulpe mâle, appelé Paul a mérité son surnom d’oracle d’Oberhausen en choisissant, soit disant avec une chance sur deux l’une des deux boîtes affublées des couleurs de chaque équipe (voir l’illustration) En évaluant ce que représentent 12 bonnes réponses sur 14, et en partant du principe qu’il ne pronostique pas les matchs nuls, la probabilité de réussite du poulpe par hasard était de 0,56 %, en gros une chance sur 200. A priori balèze, donc, l’octopode ! Mais bien peu ont enquêté sur le nombre de céphalopodes, de poissons, oiseaux ou autres bestioles de part le monde à qui on s’amuse à poser la question. Si un allemand sur 400 000 fait le coup avec un animal quelconque, on est assuré d’avoir au moins un labrador, un iguane ou un canard cendré qui aura un tel résultat par pur hasard. Suffit de placer ensuite le projecteur des médias sur l’œil humide du vainqueur, en évinçant tous ceux qui ont échoué, et le scénario de l’animal extraordinaire au tentacule malicieux peut se dérouler dans notre vitreux petit écran.

Est-ce risqué d’aller à Lourdes ?

C’est sensiblement le même processus pour les miracles de guérison de Lourdes. On ne peut que s’extasier des 67 miracles revendiqués par l’Église catholique sur le lieu saint depuis les visions de Bernadette Soubirous en 1858, mais posons-nous la question : y-a-t-il réellement plus de guérisons extraordinaires là-bas qu’ailleurs ?

Comme les chiffres sont assez imprécis, nous allons faire une simple estimation.

La principale étude de guérisons considérées comme miraculeuses en milieu hospitalier, là où on trouve un grand nombre de malades, a été réalisée dans le titanesque travail d’archives de O’Regan et Hirshberg3. Leurs résultats sur 128 ans indiquent que, le « taux de miracle » en hôpital est d’environ un cas sur 100 000. Comme la Commission médicale internationale de Lourdes ne prend pas en compte les 70 % de rémissions liées au cancer (car elles sont généralement précédées d’une thérapie, ce qui dilue la part du miracle), il nous reste quelque chose comme un cas de rémission pour 333 000 personnes dans les hôpitaux. Autrement dit, il y a dans les hôpitaux un cas « comme à Lourdes » sur 333 000.

Puisqu’une bonne partie des miracles eut lieu avant de véritables expertises scientifiques, et sont peu fiables même de l’avis de médecins de la Commission d’expertise, nous allons raisonner sur les cinquante dernières années, lors desquelles 5 miracles eurent lieu. Pour se donner une idée, pensons que le dernier en date, reconnu en 2005, porte sur une dame appelée Anna Santaniello, miraculeusement guérie en … 1952. Gardons tout de même ces 5 derniers cas.

Le secrétariat général des sanctuaires estime à plus de 6 millions le nombre de visiteurs de Lourdes par an – dont 1% sont malades. Sur les 50 dernières années, cela donne 300 000 000 visiteurs. Parmi eux, 1%, donc 3 millions de malades plein d’espoir. Retirons comme le fait la Commission de Lourdes les non-atteints de cancer, cela fait 30% des 3 millions, soit environ un million de personnes malades sans cancer, donc susceptibles de vivre un miracle pouvant être homologué.

Cinq miracles sur un million, c’est à peine supérieur à la moyenne des miracles en hôpitaux. La moyenne des hôpitaux étant une moyenne, on comprend bien qu’il y en a affichant des scores meilleurs, d’autres des scores moins bons, et que cela forme une sorte de résultat en cloche autour de la moyenne. Le résultat de Lourdes tombe dans les résultats de cette cloche, et les matheux avec leur langage diraient que son résultat n’est pas significatif. Il semble donc que Lourdes ne soit pas un endroit plus propice aux miracles que l’hôpital près de chez nous, et que si nous en avons l’impression, c’est parce que chaque cas Lourdais est fortement médiatisé.

Certaines mauvaises langues ajoutent que si l’on compte le nombre de gens qui se sont tués sur la route pour aller à Lourdes, alors il semble en fin de compte plutôt risqué d’y faire pèlerinage.

Une pente panglossienne

Quel est le lien entre le « chanceux » au Loto et les frères Bogdanoff ?

Quel est le trait commun entre Paul le poulpe et les créationnistes « scientifiques » ?

Quel est le fil conducteur entre le « miraculé » de Lourdes et la fameuse main invisible du marché ?

Il s’appelle Pangloss. C’est, peut être vous rappelez-vous, le precepteur de Candide, dans le conte de Voltaire. Il enseigne la métaphysico-théologo-cosmolonigologie, et répète à qui mieux-mieux qu’ admirablement qu’il n’y a point d’effet sans cause, et que, dans ce monde qui est le meilleur des mondes possibles, le château de monseigneur le baron était le plus beau des châteaux et madame la meilleure des baronnes possibles.

Pangloss dit surtout :

« Il est démontré (…) que les choses ne peuvent être autrement : car, tout étant fait pour une fin, tout est nécessairement pour la meilleure fin. Remarquez bien que les nez ont été faits pour porter des lunettes, aussi avons-nous des lunettes. Les jambes sont visiblement instituées pour être chaussées, et nous avons des chausses. Les pierres ont été formées pour être taillées, et pour en faire des châteaux, aussi monseigneur a un très beau château ; le plus grand baron de la province doit être le mieux logé ; et, les cochons étant faits pour être mangés, nous mangeons du porc toute l’année : par conséquent, ceux qui ont avancé que tout est bien ont dit une sottise ; il fallait dire que tout est au mieux. »….4.

Il s’agit d’une resucée de ce que le XIXe siècle a appelé la métaphore de l’horloger, que l’on doit au philosophe William Paley, et qui dit ceci

  1. Si l’on regarde une montre, on comprend très vite que la finesse de cette fabrication a nécessité quelqu’un pour la penser, — en l’occurrence un horloger.
  2. Si l’on regarde un phénomène naturel incroyablement fin / complexe / beau / rare / étrange / miraculeux on est contraint (au nom de l’horloger) de penser que la finesse / complexité / beauté / rareté / étrangeté de ce phénomène a nécessité quelque-chose pour la penser, pour la vouloir, c’est-à-dire un créateur intelligent ou un dessein cosmique.
  3. Donc un créateur ou un dessein existe.

Le melon, le schtroumpf, les Bogdanoff

Les exemples de cette dérive panglossienne se comptent par centaines. Cela démarre par des trucs rigolos, comme le melon, qui, selon Jacques-Henri Bernardin de Saint Pierre « a été divisé en tranches par la nature afin d’être mangé en famille. La citrouille étant plus grosse peut-être mangée avec les voisins.» 5

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Cela fait tout de suite moins rire quand des créationnistes chrétiens, juifs, ou plus récemment musulmans comme Harun Yayah viennent expliquer dans certaines écoles que l’œil humain, la synthèse des protéines, ou l’apparition de la conscience ne sont pas le produit d’une évolution mais d’un créateur et que l’Humanité a été créée par la volonté de Dieu. Cela fait vite frémir quand, de la même manière que le gagnant du Loto croit qu’il est élu par la Chance, Igor et Grishka Bogdanoff, ou Trinh Xuan Thuan le physicien bouddhiste croient l’univers trop finement réglé pour être le fruit du hasard physique (ce qu’ils appellent le fine-tuning, ce que d’autres appellent l’irréductible complexité).

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On vient par cette occasion implanter une lecture finaliste des choses, l’idée qu’avant que toute chose démarre il y a comme un plan, une idée préconçue, une main invisible qui guide le processus et qui, implacablement, place chaque élément à sa juste place. C’est beau, c’est frais, c’est rassurant… mais c’est la fin de la connaissance, et c’est l’entrée des explications simples. Car finalement, dans quelque univers que l’on vive, même différent, on pourrait conclure la même chose : que tout est bien dans le meilleur des mondes, et que madame la baronne est la meilleure des baronnes possibles. Tout être vivant, qu’il soit Paul le poulpe, une bactérie ou un martien, pourrait conclure lui-aussi qu’il est le but ultime du Dessein Intelligent, d’une volonté cosmique. C’est irréfutable.

Dans un épisode des Schtroumpfs, on voit un des personnages décocher une flèche avec son arc les yeux fermés, puis chercher sa flèche. Une fois trouvée, il s’applique à peindre une cible autour du lieu de l’impact et… repart tout fier.

Pangloss et la fin des « possibles »

On trouve également Pangloss caché derrière l’idée que si le capitalisme s’est imposé, c’est qu’il le fallait, inexorablement, et que la main invisible du marché veille au grain. Pangloss passe par la porte quand les anciens rapports coloniaux affirmaient que puisque les Noirs étaient corvéables un peu partout, c’est qu’il devait y avoir un ordre naturel des choses. Pangloss se glisse dans la cuisine en instillant que si les femmes s’occupent des enfants et font le ménage, c’est qu’elles sont « faites » pour ça. Pangloss revient par la fenêtre quand il nous murmure à l’oreille que c’est dans l’ordre des choses que nous torturions d’autres animaux. Pangloss se tortille dans nos postes de télévision quand, on conclue parmi tous les possibles que tout est de la faute de la CIA, de la maffia russe, du lobby gay et lesbien, de la Mondialisation, des Francs-Maçons, des Sages de Sion… Éloge du scénario simple pré-écrit par des groupes supérieurs inaccessibles.

Le raisonnement des Bogdanoff des défenseurs du fine-tuning, des créationnistes, d’une bonne part des scénarios capitalistes, des théories racistes, sexistes et spécistes6 est le même : il vient essentialiser l’état actuel du monde comme une nécessité, comme une sorte de destin. Pangloss, que ce soit en jouant sur un tri des données ou sur un tri des « possibles », vient troquer la connaissance contre une croyance. C’est en cela qu’il est trompeur et séduisant : en faisant miroiter un finalisme facile, il évince notre capacité à repenser notre vie, nos actes et nos préjugés. Il nous gèle intellectuellement et nous nourrit de scénarios implacables, de karma, de mektoub, autant de chapes de plomb contre lesquelles on nous fait croire qu’on ne peut pas se révolter.

Richard Monvoisin

1 Statistiques disponibles ici.

2 Eh oui, vous l’aviez reconnu, c’est encore le biais du monde juste ! (cf Traverse N°1).

3 Ils ont recensé 1574 cas dans le laps 1864 – 1992. O’Regan, Hirshberg, Spontaneous Remission: An Annotated Bibliography (1993).

4 Voltaire, Candide et autres contes V (1758).

5 J-H. Bernardin de Saint-Pierre, Etude de la nature XI (1784).

6 Spéciste : qui vise à poser que l’humain est fondamentalement différent de l’animal, avec un ordre moral.

 

CorteX - Broch

Enseigner la zététique – Conseils du professeur Broch aux enseignants

Le CorteX a débarqué en force à Nice le week-end du 21 et 22 janvier 2011, pour aller débusquer le maître ès zététique Henri Broch, et ses compères dont le légendaire archéomane Denis l’ancien Biette. Au coeur du laboratoire de zététique, unique dans le monde, et sous l’oeil torve de notre caméra, le professeur nous a livré quelques secrets pour enseigner les différentes facettes et effets de la démarche qui vise à « examiner la raison des choses ».

Vous trouverez ici la description de quelques facettes de la Zététique, c’est-à-dire les petites maximes d’autodéfense intellectuelle les plus compliquées à faire passer aux étudiants, ainsi que quelques conseils d’épistémologie et de statistique de base.

Est également accessible toute une série de conseils, ainsi que des outils comme le Curseur Vraisemblance.

On trouvera aussi quelques points de vue du professeur Broch sur Dieu, les inflexions politiques et les idéologies.

Sur cette page, Henri Broch aborde le support « paranormal », les mystères en suspend, quelques effets rhétoriques, le rationalisme et la « connaissance de cause ».

Ici, quelques conseils de lecture pour se former à la zététique.

Enfin, un appel vibrant à contribuer au CorteX : appel à rejoindre le réseau CorteX

 
 

 

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Culbuto, effet bof et autres ni-ni

Cet article a été publié en juin 2010 dans La Traverse N°1 (que l’on peut télécharger ici), revue du collectif Les Renseignements Généreux, dans la rubrique « Outils d’autodéfense intellectuelle – équipons-nous en rigolant« .

Aujourd’hui, nous allons nous méfier du culbuto, célébrissme et ancestral jouet au cul lesté et qui, quelle que soit la force qui lui est imprimée, bascule nonchalamment d’un côté puis de l’autre mais finit toujours par se remettre à la verticale.

Appelé aussi poussah, ou ramponneau du nom d’un cabaretier du même nom vers 1700, cet objet est attesté sous forme de petites poupées dans la Chine du quatrième siècle – ce qui a fait dire à des petits plaisantins que lorsque le culbuto oscille, la dynastie Tang. Personne ne sait si les chinois s’énervaient eux-aussi contre cet objet malfaisant, mais force est de constater qu’à toujours revenir à la même position, le culbuto attise une sévère envie d’y mettre des baffes.

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Toutefois, avant d’attiser notre envie de calotter le poussah, faisons quelques petits détours, tout d’abord par ce qu’on appelle l’effet bof.

Effet bof

Imaginons que j’aie deux amis – ce qui est je vous l’accorde très agréable. L’un d’eux me dit :

« moi je crois aux fantômes, je sais que c’est vrai, j’en suis certain » ; le second rétorque « bien sûr que non, les fantômes, ça n’existe pas, j’en suis persuadé ». Que puis-je déduire ? Vraisemblablement, je vais me dire dans mon for intérieur : « Lui, il y croit dur comme fer, l’autre, n’y croit pas, mais dur comme fer aussi… donc raisonnablement, je vais me positionner entre les deux. Fifty-fifty ! ».

Et pourtant, est-ce si raisonnable que cela ? Pensez à une échelle de vraisemblance, allant de 0% quand c’est invraisemblable, et 100% quand c’est archi-sûr. Soit j’ai déjà rencontré un fantôme, Casper, ou le Fantôme Noir l’ennemi de Mickey, et dans ce cas, sous réserve que j’eusse été à jeûn, je dois conclure que je me situe au 100%.

Soit je n’ai jamais vu de mon existence un fantôme, et je n’ai pas le moindre soupçon de preuve de leur réalité. Par conséquent, mon curseur redescendra dramatiquement vers zéro. Très proche de zéro… mais pas zéro ! en vertu de cette injustice flagrante des sciences qui dit qu’il est impossible de prouver l’inexistence de quelque chose, il me sera rationnellement impossible de conclure à l’inexistence des fantômes : il faudrait pour cela que j’eusse été partout, de tous temps, dans tous les vieux châteaux et les vieilles caves, sous tous les lits et dans tous les placards pour en être certain. Proche de zéro mon curseur, donc. Disons, 0,001.

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Mais alors, mon 50/50 n’est pas rationnel du tout ! D’une part je n’ai aucun élément de preuve me permettant de situer pile à 50% ma vraisemblance ; d’autre part, rien ne me permet de poser qu’il y a autant de vraisemblance qu’un fantôme existe qu’un fantôme n’existe pas. Je suis tombé dans l’effet bof, c’est-à-dire que j’ai donné la même probabilité à deux pôles, l’existence et l’inexistence de quelque-chose. Position confortable, donnant la fausse impression d’un juste milieu, d’une bienveillante neutralité, avec la satisfaction d’avoir fait la part des choses tel un Salomon moderne. Pourtant, la meilleure chose que j’aurais eue à faire eut été d’humblement suspendre mon jugement, et en l’absence de plus d’informations, de ne pas me situer sur l’échelle. En clair, fermer ma grande goule.

Chauve n’est pas une couleur de cheveux

Vous allez rétorquer que le fantôme n’est pas un gros enjeu politique au XXIᵉ siècle, ce qui est, il faut le dire, finement observé. Alors remplaçons le fantôme, tout d’abord par Dieu, Allah, Jah, Ganesh, le Flying Spaghetti Monster, bref, une entité sur-naturelle bien balèze.

Entre une personne qui croit dur comme fer en son existence, et une autre qui postule son inexistence, il est fréquent de retrouver une position intermédiaire posant que le sujet est bien trop élevé pour que l’esprit humain puisse trancher, et qu’au fond, chez le croyant comme chez l’athée, il y a peut être un peu de vrai chez tout le monde. On appelle cette position l’agnosticisme. Elle est en quelque sorte l’effet bof en matière de dieu. Elle est tranquille, aussi molletonnée qu’un centrisme politique, et permet de donner une illusion de saine mesure entre deux dangereux extrêmes.

Or, non seulement il ne s’agit pas de deux « extrêmes » ; mais en outre ils ne sont pas équivalents sur le plan de la probabilité.

Expliquons-nous.

Faux extrêmes

Dans les écrits de Nicolas Sarkozy (La république, les religions, l’espérance, 2006) ou du Pape Benoït XVI (Spes salvi, 2007), pour prendre des pensées conservatrices assez suivies en France, l’athéisme est présenté au mieux comme un fanatisme de type religieux, au pire comme un extrémisme idéologique. Et ô sainte horreur ! sans morale, l’athéisme mène forcément à toutes les désespérances et aux caves humides de vos immeubles pour y fumer des joints pendant de répugnantes tournantes.

Pour bien comprendre pourquoi l’idée de religion athée fond comme neige au soleil, empruntons sa théière au philosophe libertaire Bertrand Russell : soit une minuscule théière chinoise en porcelaine qui suit une orbite elliptique entre la Terre et Mars, et qui est tellement petite qu’elle ne peut être observée : même nos meilleurs télescopes n’y parviennent pas. En toute rigueur, il serait logique de douter de cette affirmation, — qui ne peut être réfutée — et de considérer que cette théière n’existe vraisemblablement pas. Pourtant, personne ne se dirait à ce propos « agnosticothéiériste », au risque de passer pour dingue, et l’« athéiérisme » est la position qui remportera certainement le suffrage commun.

Y a-t-il un agnosticothéièriste dans la salle ?

Comme dit le magicien militant James Randi, l’athéisme n’est une croyance que dans la mesure où la non-collection de timbres est un hobby. Et le rationaliste Mark Schnitzius de renchérir : dire que l’athéisme est une religion revient à dire que chauve est une couleur de cheveux.

Oui, on rigole bien chez les athées.

Coût des hypothèses

Venons-en au second point. Quand bien même les deux « extrêmes » existeraient, — par exemple deux hypothèses entre lesquelles notre coeur fait le culbuto — il faudrait les soupeser comme les deux plateaux d’une balance avant de savoir vers laquelle pencher. Si l’un des plateaux est rempli de faits réels, et l’autre d’entités nouvelles et sans masse précise, comme fantôme, esprit, âme ou Dieu, il va être difficile de soupeser1.

Or poser, et « peser » l’existence de quelque-chose de nouveau ne peut se faire comme on pose son cul sur une chaise : lorsqu’un biologiste systématicien recense les espèces, il ne va pas créer une nouvelle case à chaque oiseau rencontré. Il ne va en créer une qu’après avoir bien vérifié que le cui-cui en question ne s’incorpore dans aucune des catégories connues, merle, pinson, mésange, ou boeing 707. Autre exemple , que je dois à mon ami Stanislas Antczak : je mets un chat et une souris dans une boîte, je ferme, je secoue, et je rouvre, et il ne reste plus que le chat.

Hypothèse 1 : la souris s’est téléportée, le chat non, car un chat, ça ne peut pas.

Hypothèse 2 : des extraterrestres de la planète Mû ont voulu désintégrer la souris, mais elle s’est transformée en chat. Le chat, de frayeur, est passé dans une autre dimension par effet tunnel.

Hypothèse 3 : le chat a mangé la souris (sans dire bon appétit, ce qui est mal).

Vous serez d’accord pour dire que l’hypothèse 3 est beaucoup moins « coûteuse » (pardon pour la métaphore économique) pour le champ des connaissances que les deux autres : elle ne postule rien d’autre que la prédation de la souris par le chat, qui est au moins aussi connue que Johnny Halliday, tandis que la 2 par exemple postule une planète Mû, des extraterrestres qui viennent, qui savent désintégrer un chat ce qui n’est pas donné à tout le monde, une souris à superpouvoir qui se transforme en chat, une autre dimension, un chat qui sait y aller et un effet tunnel possible pour des objets macroscopiques et poilus. Ca fait beaucoup, et comme disait mon grand-père, il ne faudrait pas pousser Mémé dans les orties, sinon ça gâte la soupe.

Rasoir d’Ockham

Ainsi, Allah, ou Jéhovah comme entités supérieures ne s’imposeraient que si les effets qu’on leur prête ne pouvaient être expliqués autrement, par rien d’autre de connu. Certes, Dieu est une hypothèse simple, satisfaisante, qui explique tout, mais qui est très onéreuse intellectuellement. Chose amusante, ce principe d’économie des hypothèses est bien plus vieux que ça et date d’au moins Aristote, mais il est couramment attribué à un moine franciscain anglais du XIVᵉsiècle excommunié par le pape de l’époque. Ce prénommé William, que nous autres francophiles chauvins nous sommes empressés de renommer Guillaume parce que enfin voyons quand même, venait d’Ockham, dans le Surrey, en Angleterre, et aurait déclaré un lendemain de cuite entia non sunt multiplicanda praeter necessitatem, ce qui en moderne veut dire que Les entités (explications et causes) ne doivent pas être multipliées par delà ce qui est nécessaire. Comme ce principe, appelé aussi principe de parcimonie, taillait de près les entités comme autant de poils rétifs d’une barbe ou d’un mollet, on l’a appelé le Rasoir d’Ockham. Ce principe ne nous dit rien sur la validité des hypothèses : il dit qu’entre deux hypothèses aussi explicatives l’une que l’autre, on ne sait pas laquelle est juste, mais il vaut mieux choisir la moins coûteuse. Il est extrêmement utile en médecine : face à un patient se présentant fatigué, avec le cou rigide, un mal de tête et un peu de fièvre, il sera plus logique de miser sur une méningite que simultanément sur une mononucléose, des vertèbres endommagées, une tumeur au cerveau et une malaria.

Rasoir d’occase

Ce coupe-chou peut s’avérer aussi utile pour l’analyse des théories dites du complot. Il n’est pas impossible que le 11 septembre soit le fruit d’une orchestration planifiée par les services secrets, moyennant une grande discrétion des complices, tout un tas de précautions et l’effacement de toutes les preuves, ceci afin de déclarer le combat contre l’Axe du Mal et déclencher la deuxième guerre du golfe. C’est un scénario séduisant, surtout quand on est anti-Bush. Mais un peu de culture historique rend assez coûteuse cette hypothèse. Pour ne prendre qu’un exemple, il a suffi pour la première guerre du Golfe en 1990 de payer dix millions de dollars l’une des plus grosses firmes de relations publiques, Hill & Knowlton, pour qu’elle orchestre le changement d’opinion souhaité par G. Bush père, en inventant de toute pièces l’histoire des bébés koweitiens retirés des couveuses par les soldats irakiens et en mettant en scène la fausse infirmière Nayirah, quinze ans, en larmes devant une commission sénatoriale qui fut émue jusqu’à la fibre. La jeune femme, qui s’avéra ensuite être Nayirah Al-Saba, la fille de l’ambassadeur du Koweït, n’avait comble du cynisme jamais mis les pieds au Koweït2. Elle représenta pourtant le happening majeur qui fit basculer l’opinion. Dix millions de dollars d’un côté, quatre mille morts dix ans plus tard… Il est permis de penser que l’hypothèse d’un réel attentat est plus économique intellectuellement, et qu’une campagne de presse type Nayirah est plus économique en vies états-uniennes et en argent.

Faux dilemme

Il m’est déjà arrivé que, disant cela, on me catalogue comme pro-bush. C’est vexant. Ça marque ce qu’on appelle une « stratégie de faux dilemme », que George Bush fils, encore lui, a adoré pour l’occasion en déclarant : « soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous ». Si tu n’es pas ceci, alors tu es comme ça, si tu n’es pas contre, tu es pour, si tu n’es pas pour le complot du 11/9 tu es pro-Bush… nous avons là un mode de pensée assez primitif où il n’y a pas de troisième, de quatrième ou cinquième voie, non, c’est le yin yang, le noir et le blanc, le lumière-ténèbres du manichéisme perse du IIIᵉ… En fermant les yeux, on entendrait résonner la voix de Michel Fugain : Qui c’est qui est très gentil (les gentils) Qui c’est qui est très méchant (les méchants).

Remarque de Sophie de Foucault, lectrice : « Celui qui n’est pas avec moi est contre moi, et celui qui n’assemble pas avec moi disperse ». Evangile selon St Matthieu, 12:30.

Petit à petit, l’oiseau fait son ni-ni

Ceci dit, il devient très facile de repérer la fabrication de faux « pôles », de faux « extrêmes », et donc de faux dilemmes entre lesquels il vous faudrait absolument vous situer. Il y en a des super-fastoches : gauche et droite, par exemple, dont l’effet bof répond au doux nom de François Bayrou.

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Cet effet bof ne marche qu’à cause d’une représentation héritée d’août 1789, où à droite siégeaient les partisans du véto royal, clergé, noblesse et aristocrates, et à gauche ce qu’on a appelé le Tiers État, c’est-à-dire tous les autres, sauf les femmes et les immigrés, faudrait quand même pas exagérer.

Et si, plutôt que de prendre cette symbolique, le paramètre de classement était la lutte contre les privilèges, par exemple ? Dans ce cas, la droite serait en bas, la gauche, un poil plus haut, oh, à peine.

Autre exemple un peu plus dur, extrême-gauche et extrême-droite. La République Tchèque vient de dissoudre en février 2010 le parti nazi Dělnické strany de Tomáš Vandas, et ses membres rouspètent sur le fait que bon sang, on nous fait des misères à nous, mais on laisse tranquille les partis d’extrême-gauche. L’illusion vient du mot extrême qui donne l’impression d’une boucle politique aux deux purulentes extrémités, qui se rejoignent telles deux tentacules et s’amalgament autour du principe qu’être extrémiste est forcément affreux, avec de la crasse aux oreilles et un couteau entre les dents. Pourtant, à y bien réfléchir, quand je vois la misère du monde et deux milliards d’humains qui crèvent la gueule dans la poussière, je suis « radicalement » contre. Je ne suis pas modéré. Je suis extrémiste, je veux un changement extrême, et vite. Je suis extrémiste sur les violences sexistes, les discriminations racistes, sur l’injustice des centres de rétention, sur l’utilisation de nos impôts pour financer les roquettes de nos militaires en Afghanistan. Impossible d’être modéré (modéré sous-entend souvent non-violent) devant un viol dans une ruelle. Être extrémiste n’est pas mal en soi, tout dépend de quel extrême on parle. Et entre un extrémisme réclamant la fin de la Françafrique et un extrémisme demandant l’éviction des personnes ne cadrant pas avec les pseudo-critères de l’identité nationale, il n’y a en commun que cette construction médiatique qu’est le mot extrémisme.

Un faux ni-ni

Prenons un cas classique de débat chez les libertaires : le Ni Dieu, ni Darwin.

D’un côté Dieu, hypothèse surnaturelle simple, non-matérielle (on ne palpe pas Dieu), coûteuse, dispensant de toute recherche et qui ne prédit rien. De l’autre Darwin, sous-entendu le darwinisme, une théorie scientifique matérialiste – c’est-à-dire postulant que le monde est matière ou produit de la matière, et non peuplé d’âmes, de fluides cosmiques et de dieux grecs – qui se prête complaisamment à la réfutation. Sauf qu’une stratégie médiatique toute simple portée par la pensée de droite (d’en bas devrais-je dire) et surtout par le christianisme papal a consisté à faire de Darwin et de sa théorie de l’évolution la source du « darwinisme social » qui dit que seuls les plus forts survivent. Seulement Darwin ne dit pas cela : il avance que les espèces les moins adaptées à leur milieu survivent plus difficilement, ce qui n’est pas du tout la même chose et ne fait pas l’éloge de la survie en soi ; d’ailleurs, survivre et «gagner» dans un monde injuste et glauque comme le notre devrait en dire long sur les survivants. Quant au transfert dans le monde social, ce n’est pas Charles Darwin, c’est Herbert Spencer, effectivement fricotant avec l’eugénisme. Comme le dit le proverbe météorologique, qui veut tuer son chien l’accuse de l’orage. En faisant glisser Darwin = darwinisme social = eugénisme nazi, le conservatisme religieux, pape en tête, pouvait non seulement décrédibiliser l’évolutionnisme au profit du créationnisme, et surtout diaboliser la pensée matérialiste qui risquait de repousser Dieu hors de la sphère politique jusque dans ses appartements privés et défraîchis.

Compétitif, contradictoire ?

Le ni-ni nous ramène vite fait au faux dilemme. Et des ni-ni faux-dilemmiques il y en a plein. Ni pute ni soumise est assez connu, mais ce n’est pas un vrai ni-ni faux dilemmique ; non-ingérence, non-indifférence un peu moins : en usage depuis trente ans, c’est le principe du gouvernement français vis-à-vis de la politique du Québec. Il y a aussi ce que la presse espagnole appelle la « génération ni-ni » : « Ni ils travaillent, ni ils étudient. Ils ont moins de 30 ans, ils ont arrêté leurs études en cours de route, et ne cherchent pas activement du travail ».. Ah mon dieu quelle horreur ! C’est La désespérance de la « génération ni-ni », dont nous causait Jean-Jacques Bozonnet dans le journal Le Monde le 25 janvier dernier, merci à lui pour cette contribution majeure.

Mais le ni-ni sent parfois le brun. Il se cache par exemple dans le « La France, aimez-la ou quittez-la ! » du Front National, transformé en « La France, tu l’aimes ou tu la quittes » par De Villiers, tout en bas lui aussi sur une échelle de lutte contre privilèges et dominations.

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Ni-ni larvé chez De Villiers

Broch le zététicien rétorquerait bien ceci : compétitif ne veut pas forcément dire contradictoire. Je m’explique. Vous vous rappelez la théière de Russell ? Il prétend qu’elle tourne autour de Mars. Mais j’ai tendance à penser quant à moi qu’elle tourne autour de Neptune. Neptune et Mars sont deux hypothèses compétitives, qui s’excluent si j’en prouve une, car si je prouve qu’elle est près de Mars, elle n’est pas près de Neptune (sauf bien sûr s’il y a deux théières, ce qui serait bien fourbe). Elles ne sont par contre pas contradictoires, c’est-à-dire que ce n’est pas parce que j’aurais prouvé qu’il n’y a pas de théière autour de Mars que ça prouvera qu’elle est automatiquement sur Neptune. Dans Ni dieu ni Darwin, on nous crée une compétitivité qui n’est pas contradictoire. Vous suivez toujours ? Pareil pour « soit vous êtes avec nous, soit vous êtes contre nous ». D’ailleurs les deux hypothèses compétitives peuvent être toutes les deux fausses, voyez ?

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La théière de Russell

Et le Ni dieu, ni maître d’Auguste Blanqui ? Ouf, il n’est ni contradictoire, ni compétitif. Et pour être complet sur les oppressions courantes, j’y ajouterais en plus de la domination cléricale et de la domination de classe, la domination patriarcale, ainsi qu’une quatrième grande domination dont on parle peu, celle de ceux qui détournent la science, l’histoire, et toutes les connaissances à des fins d’écrasement. Cela donnerait « ni Dieu, ni maître, ni patriarcat ni pseudo-science », ce qui ferait… ? Oui oui, un ni-ni-ni-ni-non-faux-quadrilemmique-non-compétitif-non-contradictoire !

Ah on rigole bien chez les libertaires3.

 
Le biais du monde juste

Un dernier piège pour la route, avatar de l’effet bof : le biais du Monde Juste (just world bias). Je prends un exemple vécu. Un couple hétéro se sépare. Un ami dit « faut dire qu’il était chiant, qu’il était violent ». Automatiquement, quelqu’un dira « oui, mais tout n’est pas tout noir ou tout blanc, elle devait bien avoir ses torts elle aussi ». Quel est le principe ? On partage les torts, en un superbe effet bof de principe, alors que rien n’excluait qu’un maximum de torts ne vienne que de l’un des deux. Dans les cas de violences conjugales, puisqu’on en parle, les coups sont comme les tâches ménagères : ils sont rarement répartis équitablement.

C’est fréquent d’entendre des choses du genre « Tu sais, au fond on n’a que ce qu’on mérite », argument invoqué à chaque fois qu’on veut justifier, naturaliser en quelque sorte un état des choses : si elle s’est fait violer, c’est qu’elle a bien dû le chercher, avec ses froufrous ; si les Juifs ont été persécutés, c’est qu’ils ont bien dû le chercher ; s’il n’a pas de travail, c’est que là, en l’occurrence, il n’a pas bien dû le chercher ; s’il est pauvre, c’est que franchement, il aurait pu se fouler un peu plus, et si les Africains croupissent, c’est parce qu’ils sont de grands enfants pas encore sortis du rythme des saisons. Une sorte de justice céleste, un monde fait de karmas rieurs, où l’on n’a que ce qu’on mérite. Le plus distrayant est que ceux qui rationalisent les injustices de cette manière se posent rarement la question de savoir en quoi ils ont mérité eux, leurs papiers d’identité, l’héritage de leurs parents, la couverture sociale de leur pays ou l’éducation genrée qu’ils ont reçue. Le monde paraît toujours juste aux yeux du vainqueur.

Ainsi, dans un monde peuplé de ni-ni, de faux dilemmes, de faux extrêmes, de contradictions factices, d’effets bof, d’agnosticothéièrisme et de centrisme politique, on se croirait dans la Terre du Milieu de Tolkien. Ces pièges sont autant de formes bien cachées de culbutos mentaux. Ils sont les dandinements de notre cerveau. Débusquons-les, traquons-les, et réservons-leur sans hésitation notre meilleure machine à gifles.

 

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RM

Pour aller plus loin : un nouveau ni-ni dans le domaine des sciences politiques et sociales (voir Education-specialisée : un ni-ni sur la consommation de drogue)


1 Sauf pour l’âme qui, à cause du médecin MaocDougall, a longtemps pesé quelque chose comme 21 grammes. Mais c’est fini maintenant. Pour en savoir plus, on peut lire l’article de Géraldine Fabre, 21 grammes, le poids d’une âme, publié sur le site de l’Observatoire Zététique.

2 L’affaire fut dévoilée par le journaliste John R. MacArthur, dans l’article Remember Nayira, Witness for Kuwait?, du New York Times du 6 janvier 1992.

3 Un ni-ni justifié a été caché dans ce paragraphe. Sauras-tu le retrouver ?

Généralités critiques – pastilles sceptiques de Pierre Cloutier

Voici en guise d’outillage quelques pastilles sceptiques réalisées par Pierre Cloutier, porte-parole de l’association Sceptiques du Québec, pour la radio Passion FM.

Ces quelques documents, assez brefs, furent diffusées du 18 avril au 20 juin 2008. Ils sont largement exploitables pour un débat ou un enseignement, car ils sont rigoureux. Leur seul défaut : un ton légèrement ironique de Pierre, un peu « rude », de ce genre de ton qui rend plus difficile les discussions à teneur critique : un ton entraînant immanquablement une « résolution de dissonance cognitive » à l’encontre du sceptique.

1. Scepticisme – introduction
2. Les effets de la Lune
3. Le Secret (pensée magique)
4. Le complot du 11 septembre (conspiration)
5. Le calendrier Maya (2012) (fin du monde)
6. Les OVNIs (extraterrestres)
7. Le créationnisme
8. L’astrologie
9. La télépathie Attention : dans cette pastille, Pierre Cloutier balaye un peu trop rapidement toute la parapsychologie d’un revers de main.
10. Les médecines douces
Merci aux Sceptiques du Québec.

RM